BIÉTRY
cette institution, devenue florissante, sinon effective, avait le téléphone et tout ce qu'il faut pour écrire. Il ne lui manquait que des adhérents sérieux. Je proposai à Joseph Ménard et à Devos de nous habiller, respectivement, en charpentier, en électricien, en plombier, afin de remplacer des travailleurs tellement libres qu'ils en étaient absents. Cette innocente blague parut de mauvais goût.
Autre invention destinée à sauver la société; les syndicats jaunes de Biétry. C'est à propos de l'élection de Biétry à Brest qu'Arthur ÎVÎeyer inventa « la bonne blouse » et divisa la société française, d'après la coiffure, en trois zones : le haut de forme, le melon, et la casquette. Il donnait mandat aux jaunes de réconcilier ces trois zones. Cette distinction, absurde et maladroite, provoquait, chez Lemaître, des grincements de dents : « Quel animal, ce youpin mondain!... (s'adressant à Mme de Loynes). Il faudra planter un clou au plafond, madame, et l'y pendre par les pieds. » L'idée de Biétry était d'opposer les jaunes, c'est-à-dire les bons ouvriers, aux méchants, c'est-à-dire aux rouges. Maurras ayant déclaré qu'il ne consentirait jamais à installer la guerre civile entre ouvriers français de couleurs différentes, Biétry en conçut du mécontentement. Il avait fondé un journal, le Jaune, rédigé d'ailleurs de façon intéressante et où étaient hebdomadairement dénoncés les
méfaits des syndicats rouges. Mais cette entreprise n'eut pas beaucoup plus de succès que la Ligue antimaçonnique, ou que le Grand Occident de France, pour d'autres raisons. L'entrée à la Chambre de la « bonne blouse » ne produisit pas de résultat social appréciable.
Que le waldeckisme et le combisme — pères du cailîautisme — soient en grande partie responsables des malheurs de la France, voilà ce que personne ne conteste plus aujourd'hui.