‹ Au temps de JudasChapitre 8 sur 69 · WALDECK-ROUSSEAU · texte numérisé non relu

WALDECK-ROUSSEAU

bienfaisants religieux, qui étaient une de ses plus belles parures intellectuelles et morales, et contribuer ainsi à l'abaissement général; supprimer le Bureau des Renseignements, qui, dans la carence des institutions et des hommes, était le dernier obstacle à l'envahissement allemand, prélude de l'invasion allemande.

C'est beaucoup pour une seule mémoire. J'aimerais mieux, au point de vue du jugement dernier, ou même avant-dernier, qui est celui de l'histoire, être dans le cercueil d'un crocheteur ou d'un vagabond que dans celui de Waldeck- Rousseau.

Je ne puis pas ne pas écrire ceci, au risque de chagriner un vaillant et un savant ami, de l'entourage immédiat de feu Waldeck, dont il ne partageait d'ailleurs pas les idées politiques mais dont il a toujours généreusement défendu la personne et la mémoire. Waldeck- Rousseau est, à mes yeux, l'exemple de la corruption d'un esprit faible et borné par l'effroyable régime des partis. Il a dû croire que son titre de républicain l'obligeait, pour sauver la République (en risquant de perdre la France), à certaines infamies politiques.

Ce faisant, il a donné aux juifs, déjà trop disposés à se croire omnipotents, une audace sans frein. Il a contribué puissamment à créer ce parti de l'Antifrance, appuyé sur tous les ennemis du patriotisme, radicaux-socialistes, ou socialistes,

que nous voyons grandir et progresser, de la Chambre de 1902 à celle de 1906, de celle de 1906 à celle de 1910, de celle de 1910 à celle de 1914, où il atteint, avec Caillaux et Malvy, son apogée.

Autre individu funeste, du point de vue de l'armée et de la Défense Nationale : le général marquis de Gallifïet. J'ai dîné avec lui chez Mme Adam, en 1893. La grande Française réunissait autour de sa table, ce soir-là, le duc d'Aumale, Alphonse Daudet, Freycinet, Francis Magnard, Henry Houssaye, Gaston Calmette et quelques autres personnalités littéraires et politiques. Gallifïet par son inconsistant bavardage, sa vanité de paon, son obséquiosité sans bornes, le tout mêlé de plaisanteries de corps de garde, produisit une impression sinistre. « Quel mufle, quel cabot! » disait Magnard en sortant de table, C'était aussi l'avis de mon père et, je crois bien, de tous les convives. Je vois encore cette face creuse aux pommettes cirées, ce nez taillé à biseaux, ces regards à la fois violents et inexpressifs, tels que du lézard dit « furibundus », j'entends cette voix tranchante et brève, découpant à l'emporte-pièce les âneries et les flatteries. Le courtois et cordial duc d'Aumale en avait l'air tout gêné; mais l'autre ne s'en apercevait pas, et continuait à jouer les soudards sur talons rouges, comme au théâtre de la Porte Saint- Martin. O relief du second Empire, époque nulle

Page 1