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LE GÉNÉRAL DE GALLIFFET

entre les pires, où les destinées de la France furent jouées aux dés, sur le tapis vert, comme sur les champs de bataille, par une génération sans cervelle! Chaque fois que ce Galliffet ouvrait la bouche, où tremblotaient quelques chicots pourris, le pauvre Henry Houssaye s'esclaffait et se lissait la barbe à deux mains, avant d'engloutir un verre de Champagne, qui rendait effervescente son âme enfantine.

Il était écrit que Galliffet finirait entre les pieds de Reinach, numérotant et suçant ses oignons et œils de perdrix, sous le regard mort de Waldeck. De toutes les charges de cavalerie qu'il avait menées, la moins bonne, mais la plus fructueuse, fut celle de « l'innocence » de Dreyfus. On raconta à l'époque, admirativement, dans la presse vénale, que ces deux compères avaient lié connaissance aux bords de la Seine, vers Corbeil, où tous deux péchaient à la ligne. Quand je pense à quelques-uns de leurs auxiliaires, au Parlement, dans la magistrature et dans la presse, je me dis qu'ils ont en effet tiré de la nasse de fameux poissons; à commencer par Alfred Edwards, beau-frère de Waldeck (celui-là même qui jeta ou fit jeter dans le Rhin, au cours d'une saoulerie, la malheureuse petite actrice Lantelme), pour finir par Gérault Richard, directeur de la Petite République, cornac de Jaurès et qui mourut directeur du Mont-de- Piété de Monte-Carlo. Mais le roi des requins

dreyfusards fut assurément Albert de Monaco lui-même, seigneur de la Roulette, prince des suicidés, et qui, lors du retour de l'Ile~du-Diable, avait mis son château de Marchais à la disposition d'Alfred Dreyfus. Ce Monaco faisait la navette entre Guillaume ÎI et ce que nous appelions, à l'époque, le clan du Bordereau, ou, plus simplement, le Syndicat.

Le Syndicat..., c'est-à-dire la caisse allemande. Car ce que nous savons, aujourd'hui, des centaines de millions consacrés, avant et pendant la guerre, à la propagande par le Kaiser, nous laisse deviner ce qui fut dépensé pour l'anéantissement de notre service de Renseignements et de nos services d'Etat- Major!

Il est regrettable que les nationalistes n'aient pas eu, dès le début, une police bien faite, comme nous en avons eu une à 1 Action Française, de 1911 à 1919, une police capable de suivre les fonds boches, depuis leur source berlinoise, jusqu'à leur embouchure ou empochement à Paris. J'ai entendu maintes fois exprimer ce regret par Syveton, dont une telle organisation eût sans doute empêché la fin tragique.

Quelle que soit, dans les temps modernes, l'entreprise politique poursuivie, son principal levier est la presse, dont l'importance dépasse et prime tout. Cela est tellement vrai, que tout mouvement, bon ou mauvais, a à sa tête, et à son origine, un journaliste, un écrivain. L'anti-

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