‹ Au temps de Louis XIIIChapitre 17 sur 46 · LI-: MAGICIEN JEAN MICHEL 15UULE VIF. 1G · texte numérisé non relu

LI-: MAGICIEN JEAN MICHEL 15UULE VIF. 1G

Le juge se préoccuj»a eiisuile de savoir si la liole n'était point bouchée avec du parchemin sur lequel on eût écrit quelque mystérieuse invocation. Le détail était de valeur, les magiciens, expliquait-il confusément, donnant à chaque planète l'intelligence, et même « à toutes étoiles, caractères propres et naturels qu'ils impriment aux choses sublunaires ». Jean Michel avait remarqué quelques traits vagues sur la cire qui cachetait la fiole; il n'avait rien de plus à dire, sinon que les caractères étaient noirs.

De la petite bouteille on passa à l'esprit. Le lieutenant criminel voulut savoir comment se nommait cet esprit; si c'était un esprit aquatique ou non, puisfju'il gilait dans l'eau; ce qu'on lui donnait pour subsister, ce qu'on faisait pour l'honorer; s'il révélait l'avenir, cas improbable, car les démons ne savent pas la vérité future des choses nécessaires, et même des choses libres contingentes; de quelle manière on sollicitait ses révélations et on les recevait, de quel pays il était;

avec caractères et figures pour y onferiner Tesprit. A dit qu'il a tâché de le faire, mais qu'il n'a pu parce que la chose estoit très difficile et n'en pouvoit venir à bout. Enquis qui lui avoit enseigné que cela se pouvoit faire, a dit celui-là même qui lui vendit son esprit » {Procès, fr. 19754, fol. 32). Sur quoi M. Gaulmin fait à Michel une leçon pour lui expliquer que les métaux ne peuvent attirer les esprits.

et s'il faisait voir des choses vraiment neuves et piquantes.

Peu à peu, en se contredisant, en hésitant, Jean Michel donna des explications.

Celui qui lui avait vendu la fiole, il y avait hien onze ans, la lui avait vendue à l'épreuve, l'assurant de la présence, sans conteste, dudit esprit, mais avec charge de la transmettre à un autre dans les mêmes conditions. Cette dernière recommandation n'avait pas été observée. Il y avait eu samedi trois semaines, Michel avait jeté la fiole dans le feu, même qu'il s'éleva du foyer, à ce moment, un grand tourbillon accompagné de poussière, puis une fusée. Il l'avait prise pourtant pour au moins vingt-deux ans. Mais un croquant nommé Lorin l'ayant traité de sorcier, il avait été si affligé de cette injure qu'il avait rompu et détruit la bouteille. M. Gaulmin manifestant quelque suspicion, le menuisier insista, à telles enseignes, déclarait-il, qu'il avait tout de suite conté l'aflaire au frère portier des capucins, prêtre à poil châtain qu'il reconnaîtrait bien s'il le voyait. Il était fâché d'ailleurs d'avoir cédé à son humeur; il voudrait bien avoir la fiole pour la passer à un autre.

Quoi qu'il en fût, l'esprit qui l'habitait s'ap-

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