Spinola était tombé malade découragé, épuisé. Son armée
Dimanche 8 septemble, brusquement, grave nouvelle, qui se répand comme une traînée de poudre dans la ville, accueillie très diversement par les uns et par les autres. Une Irôve de deux jours est signée! Les habitants sont pleins de joie, les soldats français anxieux. Aussitôt les bourgeois courent aux portes pour sortir dans la plaine, afin de voir où en sont leurs champs, leurs vignes, leurs cassines. Les sentinelles les empêchent de passer. Seuls les soldats peuvent circuler. Ils vont jusqu'aux vivandiers du camp espagnol leur acheter des vivres et du vin, pendant que les ennemis leur apportent des raisins et des fruits. Le lendemain, un trompette français, expédié au quartier général espagnol, va demander une prolongation de trêve de deux jours. Le mardi 10, arrive un officier du quartier général, le marquis de Sainte-Croix, annonçant que la prolongation est accordée mais que M. de Spinola défend qu'on approche de son
fondait sous l'efTet de la peste et de la désertion. Empereur, roi d'Espagne, duc de Savoie, tout le monde l'abandonnait. Malgré ses récriminations on ne lui envoyait ni un homme de renfort ni un écu. Il ne lui restait plus que 4 000 ou 5 000 hommes. Le mauvais temps acheva. Dès qu'il fut alité, ses lieutenants, sans confiance, suspendirent les travaux d'attaque {Véritable relation de ce qui s'est passé à Cazal. Paris, J. de la Tourette, 1630, in-8°, pp. 4 et 11; de Guron, Relation des affaires de Mantoiie, p. 77, lequel trouve que la place « estoit très mal attaquée »; Brienne, Mémon-es, éd. de 1719, II, 3).
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camp eL de ses Iranchées. Que se passe-t-il? Où en est-on? Personne ne le sait. Cependant tont le monde est persuadé qu'il est question, entre gouvernements, de la paix, et qu'on la discute '.
Mardi 13 septembre, arrivent à la porte du château trois personnages à cheval : ce sont MM. le marquis de Brézé, Mazarin et le comte Jean Gerbellon, secrétaire du duc de Savoie, qui viennent conférer avec M. de ïoiras. L'entrevue a lieu sous la porte et elle dure jusqu'à cinq heures du soir. On y convoque l'évêque, quelques notables de la ville auxquels on demande s'ils veulent la paix ou la continuation de la guerre. Sur leur réponse, naturellement, que c'est la paix qu'ils désirent, on
1. En réalité les généraux commandant l'armée de secours, convaincus qu'ils n'arriveraient pas à temps, en présence des lettres alarmantes de Toiras, avaient signé, le 4 septembre, une trêve à Rivalta (Avenel, Lettres de Tiichelieu, III, 025), valable pour Casai jusqu'au 15 octobre (Clauses dans Baudier, p. 190; le Mercure françois, XVI, 1630, pp. 779-781). M. de Brézé, maréchal de camp, envoyé à Casai, eut beaucoup de peine à faire entendre raison aux Espagnols {Mém. de Richelieu, II, 266); puis il vint prévenir M. de Toiras le 7 septembre. Les Espagnols, hésitant, n'accordèrent d'abord qu'une trêve de deux jours, prolongée de deux autres. M. de la Serre n'a pas eu connaissance de la venue de M. de Brézé à Casai le 7 (De Guron, Relation des affaires de Mantoue, p. 79; Relation fidellc de ce qui s'est passé en Italie, p. 37; Marquis d'Eflîat, Les heureux progrès des armes du roi Louis XIII, dans Recueil de diverses relations des guerres d'Italie, p. 124; réimprimé dans le P. Griffet, llist. de Louis XIII, III, pp. 728-746; Fontenay-Mareuil, Mémoires^ p. 229).
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expédie un officier au quartier général pour faire connaître le résultat de la conférence et les trois personnages pénètrent le soir dans la Yille. Une convention, évidemment est conclue. Mais qu'at-on décidé? Chacun va aux nouvelles. On finit par savoir qu'une trêve est signée aux termes de laquelle les Français garderont la citadelle, abandonneront la ville elle château aux Espagnols jusqu'à une date déterminée, le 15 octobre; que si, à cette date, l'armée de secours n'est pas arrivée, ils céderont également la citadelle et s'en iront : ce sera la défaite. Sinon, les Espagnols devront rendre le château et la ville. En attendant, ceux-ci fourniront des vivres*. Cette trêve est très commentée. Beaucoup la I)lâment vivement comme absurde et disent que le roi, le cardinal, seront furieux. Les autres hasardent que M. de Toiras étant à bout, agit de la sorte pour éviter l'assaut et se réserver une chance".
1. Les maréchaux de l'armée de secours, très contrariés d'avoir été obligés de subir la trêve du 4 septembre (lettre de Schomberg à Richelieu du 11 septembre; Avenel, Lettres de Richelieu, III, 903), avaient prescrit à M. de Brézé de voir M. de Toiras avant de la proclamer, et de lui demander s'il l'acceptait, en lui conseillant même de la refuser; dans lequel cas, la trêve eût été annulée (Richelieu, Mém., II, 260; de Guron, op. et loc. cit.; Avenel, Lettres de Richelieu, III, p. 908, note). On voit ici qu'avant d'accepter la trêve, Toiras a voulu faire appuyer son avis de celui des notables de la ville.