Le médecin ne parait pas avoir abusé de ralTection fidèle
LOUIS XIII ENFANT. ]\l
Charmant, tendre. a(Teclueux, dévoué et attentionné, le petit daiipliin est donc une créature aimante et prime-sautière. Il est enfant très vivant. Il a les grâces délicieuses du premier âge. Mais en même temps il a le sentiment de ce qu'il est et de ce qu'il sera. Il sait qu'il est fils de roi, qu'il sera roi. Chez cet enfant de six ans l'instinct de volonté, d'autorité absolue, se révèle; il a le ton de commandement impérieux à souhait K
Il est assis à table, Madame, la petite sœur, lui dit:
« — Monsieur, ostés vos gants! »
Il se retourne :
a — Gomment? vous paie ainsi à moy? Oté vous de là, allé vou caché ! »
La fille de la nourrice, la petite Louise, le voyant éteindre une bougie tout contre la courtine du lit de sa mère hasarde :
« — Hé, monsieur, vous brulerés le lict de ma mère; ne le faictespas! »
Il la regarde de haut en bas et d'un grand air irrité :
dont il jouit jusqu'à sa mort. Tout au plus fit-il nommer son frère trésorier des finances (Pierre de L'Estoile. Join-nal, VIII, 80). 1. L'ambassadeur Foscarini relève [Relazioni, I, i, 339), que le dauphin ressemble à son père non seulement par la vivacité et la bonne grâce de son accueil, mais par le même sentiment de la hauteur de son rang.
« — Ho ho! E vous me commandé? G'é pa à vou à me commandé! »
On veut lui faire manger quelque chose qu'il refuse. On insiste. Il s'impatiente. On fait mine de le contraindre, il s'emporte et frappe.
» — Monsieur, pourquoi me frapés vous ?
» — Pour ce que j'en ai la puissance !
» — Monsieur, qui vous l'a donnée?
» — G'é papa^ »
Il a l'ordre autoritaire et sans réplique^.
Interpellant à la messe sa sœur, Madame, et son frère naturel, M. de VerneuiP, qui causent :
« — Taise vou, paie ba; il fau pié Dieu à la mèche ! »
« — Oté vou de là, oté vou de là, crie-t-il à
1. On se dispute sur la propriété d'un coussin ou « qoarreau ». Quelqu'un lui alfirme que ce coussin est à Madame. — <• Non, il n'é pas à Madame, répond-il sèchement, il est à papa é pui à moi; et ce qui est deçà et delà l'eau! »
2. Son précepteur Vauquelin des Yveteaux, qui quoique chassé de bonne heure l'a assez vu pour le connaître, écrit de lui : « Quant aux présages je crois que toutes ses actions tendront à la bonté et à la i;loire, mais ce sera peut-être par moyens mêlés d'une autorité fort absolue et de quelque promptitude violente » (G. de Contades, Trois lettres de N. Vauquelin des Yveteaux, dans Dullet. de la Soc. hist. etarchéol. de l'Orne, 1889, p. 478). — Jean Barclay a tracé dans son Argenis (Paris, Buon, in-S", p. 717) le portrait décidé d'un tils de roi qui pourrait bien être le futur Louis XIII.
3. « Féfé Verneuil », comme il l'appelle; Henri, chevalier de Verneuil, fils de la marquise de Verneuil, plus tard, évêque do Metz. Louis XIII aura beaucoup de sympathie pour lui.
son frère M. le chevalier^ qui s'est induement placé près de lui à la chapelle. Madame, vené ici, mêlé vou là. Ha! madame, si vou pleuré, vous au ré le fouet! »
Il ordonne à l'un à l'autre, de faire ceci ou cela : « Il est prompt, écrit Héroard, et veut estrepromptement obéi. » Si on ne se hâte pas il dit durement :
« — Ho ! il le vous fau dire quale foi ! »
Il a commandé à son page Bompard d'aller voir au château neuf si la reine, à ce moment à Saint- Germain, peut le recevoir. Bompard muse en route, reste longtemps, puis finalement revient n'y étant même pas allé et conte une histoire. Le dauphin éclate :
« — Vous ète un manteu; vou èle un sot; allé vous en; soté d'ici! »
L'aumônier veut intervenir.
« — Allé, vous êtes un conteu, vou! »
Il est jaloux de l'autorité dont il dispose, ou plutôt de celle dont il disposera et en maintient intégralement les droits.
On joue avec des soldats du corps de garde qui,
1. Alexandre, chevalier de Vciiclôiiie, fils de Gabrielled'Estrées; né en 1598, légitimé en lij99. L'enfant n'aime guère ses frères de Vendôme. (11 y a encore l'aîné, César, duc de Vendôme.)
à la fin de la scène, vont à M. le chevalier — le fils de Gabrielie — comme si celui-ci était le personnage le plus important. Le dauphin fronce le sourcil :
« — Non non! crie-t-il, il fau veni à moy. G'é moi qui sui le maite! »
Il a défendu à ce même frère de regarder dans un livre. Le chevalier ne tient pas compte de l'ordre et regarde. Hors de lui, le dauphin court au chevalier, le frappe :
« — Ha vou lise? je vou fairai tenché la tête ! »
Il va loin. C'est que tout manquement au respect qui lui est dû a le don de l'exaspérera
Le page Bompard marche sur le pied du prince. Simple inadvertance! Celui-ci ne se tient pas. Il fait appeler mademoiselle de Ventelet :
« — Foueté Bompard tout à l'heure! » fait-il.
» — Monsieur, voulés-vous que ce soit devant vous?
» — Oui, devant moi! »
1. Malherbe raconte à Peiresc dans une leUre (Œuvres, éd. Lalanne, III, 130-131), que le dauphin s'cssayant aux échecs avec M. de la Luzerne, perd, et de colère jette le jeu à la tête de son adversaire. La reine fait fouetter l'enfant « pour ce que ce prince ne veut rien soulTrir qui ne lui cède ». Et Malherbe conclut : « Ce prince est pour donner de la besogne à la jeunesse qui sera de son siècle. Il est d'un naturel extrêmement bon, mais il veut être respecté ».
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Et il s'assied sur sa petite cliaise, attendant. On intervient. On tâche de faire pardonner au malheureux page. Rien n'y fait. Le dauphin tient bon âprement. La petite sœur, efTrayée, pleure.
La remueuse dit :
« — Monsieur, voilà Madame qui pleure, pardonnés à Bompard,
» — Non ! »
Il n'y avait pas moyen de le fléchir.
» — Monsieur, donnés-le donc à Madame !
» — Oui, allé sévi Madame, je veu pu que vou me sévié.
» — Et bien. Monsieur, il sera maintenant à Madame; il ne portera plus vos couleurs, il portera celles de Madame ! »
Il se lève d'un bond et soufflette la remueuse*.
Yoilà des prédispositions singulièrement volontaires, personnelles et autoritaires.
Il a le verbe sec et impérieux. Héroard note « l'action de maistre » avec laquelle un jour que l'aumônier disait les grâces après un repas, d'une
1. On comprendra maintenant ce mot prêté par Riclielieu à Henri IV parlant à Marie de Médicis (Mémoires, I, il) : « D'nne chose puis-je vous assurer, qu'étant de l'humeur que je vous connais, et prévoyant celle dont il (le Dauphin) sera, vous entière, pour ne pas dire têtue, madame, et lui opiniâtre, vous aurez assurément maille à départir ensemble. »
voix trop basse pour être entendu, le dauphin lui fait.
« — Je ne scai ce que vous me dite, von paie ba ; vené icy aupè de moi ! »
Il ne faut pas discuter avec lui, il sait les nuances des choses. M. le chevalier appelant l'apothicaire simplement de son nom, « Guérin! »
« — Houai, interrompt le prince, pouquoi l'appelé vou Guérin? G'é moi qui l'appelle ainsi. Appelé le : moucheu Guérin. »
Madame de Monglat explique :
« — C'est qu'il est fils du roy. '
» — Et bien, mais il n'est pa fi de maman! » réplique l'enfant froidement et brusquement.
Et il faut obéir quand il commande, sinon ce sont des colères, et même dans le cas où il suppose qu'on méprise sa volonté et qu'on se moque de lui, des fureurs ^
Il a de telles colères, si surprenantes par leur durée, leur forme et leur caractère qu'on peut se demander si l'on n'est pas en présence d'un cas pathologique. Cet enfant que nous avons vu si
1. Malherbe le déclare <■ jaloux extrêmemenl de sa grandeur » (Lettre à Peiresc dans Œuvres, 111. l'j.J). .. Ce prince, écrit-il ailleurs {Ibid., 405), donne de très grands témoignages qu'un jour il se saura faire obéir. » La reine dit en 1614 au prince de Gondé en parlant de son fils : ■■ Encore qu'il fut petit, il portoit fort impatiemment ce qui choquoit son autorité » [li>id., 464)
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aimable et si bon, devieiil, bjrscjirLinc crise le prend, inlolémble.
Des médecins modernes ont crn [)ouvoir dire que Louis XIII était atteint d'une gastro-entérite chronique; que cette entérite donna naissance plus tard à une tuberculose générale laquelle attaqua les intestins puis les poumons; et que finalement il fut emporté en 1643 par une péritonite aiguë, suite d'une perforation, résultat elle-même des ulcérations tuberculeuses des intestins'.
Quoi qu'il en soit de ce diagnostic, voici, au
1. Paul Giiillon, La mort de Louis XIII, élude cP histoire médicale. Paris, A. Fonlemoing, 1897, in-S". M. Lacour-Gayet, citant un texte de Vauquelin des Yveteaux, pense que Louis Xlll avaitdes végétationsadénoïdes (Compte reududu livredeM.Guillon dans Revue critique, mars 1898, pp. 249 et suiv.). On pourrait ajouter à raflirmalion de Vauquelin un texte de Pontchartrain [Mémoires, éd. iNIichaud, p. 273) qui dit que le cerveau du prince « n'avoit aucune évacuation parce que de son naturel le prince se mouchoit fort rarement » ; et la remarque faite par l'ambassadeur anglais Herbert de Cherbury (Mémoires, trad. de Bâillon, 1863, p. 133) également que Louis XIII ne se mouchait pas. MaisHéroard ne dit rien de cette affection grave, et pour diverses autres raisons il ne parait pas possible de ranger Louis XIII parmi les adénoïdiens. La question de sa santé ne nous paraît pas tranchée, lléroard affirme que l'enfant était ■< fort sain et merveilleux par la bonté de sa nature et de la bonne nourriture » (Institulio/i du prince, p. li). Il confesse » n'avoir jamais vu un corps si accompli » [lliid., p. 3). Vauquelin des Yveteaux de son côté assure que le dauphin ■• a un corps parfaitement fort >> (G. de Contades, Trois lettres de N. Vauquelin, op. cit., p. 478). Un autre contemporain déclare qu'à le voir « il désignoit longueur de vie » (Bibl. nat., Ms. Dupuy, vol. 661, fol. 101). Les phénomènes que nous allons décrire pourraient bien n'être, nous dit-on, que de simples constipations.
moins, les phénomènes que nous constatons chez l'enfant d'après Jean Héroard : à un moment donné, l'humeur devient sombre, nerveuse, irritable. C'est le début de la crise. Le dauphin traîne plusieurs jours, sans entrain, le teint blême. Il souffre. Peu à peu des douleurs de ventre apparaissent, s'aggravent, deviennent aiguës et l'irritabilité du caractère s'accroît jusqu'à l'extrême. Après quoi, brusquement, un dégagement violent se produit et le malade est guéri. Héroard écrit à la date du 29 mai 1605 : « Son ventre se souloit lascher ainsi après quelques jours de fascheuses humeurs, de sorte qu'il sembloit que s'en fust la cause, car après il devenoit plus doux et traitable, se trouvant totalement changé ». Le dauphin dit, lorsque la crise le prend, qu'il a mal au cœur.
On ne comprend rien, autour du prince, à ces crises. On les attribue uniquement à son mauvais caractère. On dit qu'il est opiniâtre. Et pourtant lorsque les crises sont passées le pauvre enfant a conscience qu'il a été détestable. Il demande pardon.
K — Je ne serai point opiniate, mamanga, padoné moi, je serai pu opiniate! »
S'il ne veut pas boire du bouillon, on lui raconte que ce serait le moyen d'avaler sa colère et le malheureux garçon a tellement souci de se modi-
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fier que, malgré son scepticisme avisé, il boit. Après quelque scène, revenu à lui, il est tout penaud : « Il n'en veut point ouir parler et se prend à pleurer quand on lui en parle et baisse le chapeau sur l'aureille ». Quelquefois on lui conseille de dire son A B G D pour se calmer. Il le dit, le cas échéant, spontanément. Il fait réellement des efforts. Quelqu'un va-t-il à Paris, il recommande : « Vou direz à papa que je ne suis pas opiniate ».
Mais les humeurs reprennent, quelquefois par séries. De nouveau il se fâche pour des riens, malmenant tout le monde, entre autres sa petite sœur qu'il secoue à la terrifier. Il frappe et soufflette. Il dit des choses dures :
« — Fi la vilaine! Fi la laide! »
Il invective contre la femme de chambre :
« — Fi, la fille de village, fi, la fille de village! vilaine! Soté, soté d'icy, meté l'en pison; meté l'en pison! »
Il lui arrive de dire :
« — Je vous ferai trancher la tète!... Je vou ferai couper le cou ! » Il le dit souvent.
On lâche bien de lui résister un peu. Lorsqu'il giffle la nourrice, celle-ci le lui rend. On va chercher Bongars le maçon. On menace l'enfant du fouet. Un matin Henri IV furieux d'une de ses
colères le fessera lui-même de la main. Mais, par respect, on ne sait que dire devant le ton impérieux, despotique et cassant qu'il prend lorsqu'il est dans un de ces états '. Il aie verbe décidé.
Il dit à madame de Monglat :
« — Mamanga, envoie quéri ce petit trou-madame qui est à féfé chevalié, et je li donerai cet homme qui bat sa femme par la tète.
» — Monsieur, dites donc, s'il vous plaist!
» — Je veu pas dire si vou plai !
» — Vous ne l'aurés donc pas.
» — Envoie le quéri, autement je le diray pas.
» — Dictes le devant.
)! — Quand je l'aurai, je le diray.
]. Nous avons vu plus haut (p. 33, note 1) qu'Henri IV élail très « facile à la colère ». Marie de Médicis avait également des accès si violents qu'elle en était malade : ■< La reyne s'est trouvée fort mal, écrit Arnauld d'Andilly (Journal inédit, éd. A. Halphen, Paris, J. Techener, 1857, in-8", p. 92) d'un grand flux de ventre. On en attribue la cause à une colère qu'elle avoit eue le jour précédent. » Héroard a de bizarres explications du tempérament du dauphin. « Ayant jugé, dit-il (Instilulion du prince, p. 4.), Mgr le ilauphin estre sanguin, colère de sa température, j'ai voulu dire que le sang proprement dit surmonte en quantité les autres (particularités de sa nature) et la colère après; et entendre par la colère la partie de toutes la plus chaude, sèche et légère, laquelle donne la promptitude cl aiguise le sang tout ainsi que le sang sert de frein et de bride pour retenir, par une douce et modérée qualité, les bouillons effrénés de cesle brièveté et ardante furie ». Marie de Médicis recommandait de combattre l'irritabilité de son fils, « car cette (jualilé m'est déplaisante en lui » (Lettre à madame de Monglat, 1GÛ7. Bibl. nat., Cinq-Cents Colbert, 87, fol. 163 r»).
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» — Non, vous ne Taures pas que vous ne l'aies dict.
» — Je vous ballrai!
» — Et je vous foueloray!
» — Je vous tuerai!
» — Et je vous foueteray très bien !
» — Et je vous tuerai, moi! »
Le sentiment de sa puissance royale se manifeste en lui par l'imagination de supplices étranges qu'il croit rentrer dans le domaine de ce qui lui est possible et permis. En fureur contre madame de Monglat, il lui crie :
« — Je vous tuerai de mon couteau par la gorge, je vous pècerai la main !»
Il dit à quelqu'un :
« — Vola, si vous êtes opiniate, je vous mettrai de ce clou à la tète! »
« — Je vien de la guerre, déclare-t-il une autre fois, j'ai tué un espagnol et le compagnon sageant — (sergent, c'est M. le chevalier). — J'y a donné un gran cou d'épicu dans le vente! »
Au Borgne, un domestique, qui le menace de le prendre :
« — IIoo, Bogne, j'ai bandé tout à fait ma harquebuse, je vou tirerai dans l'œi! »
Le geste va même jusqu'à suivre le mot.
« Il se met en extrême colère contre Bompard (le page) ; va quérir sa pique et lui en jette un grand coup à la gorge. Il ne l'atteint point. Madame de Ventelet l'en veult reprendre. Il s'en prend à elle :
» — Je You batrai, je vous tuerai, vilaine!
» Et la veult f râper de sa pique. Elle pare au coup. Lui, voyant l'avoir failli, la prend à sa main pour la mordre. »
Au fond, tous ces excès sont des formes excessives d'un sentiment qui paraît entier chez lui : celui de l'autorité.
Un précepteur qui deux ans après sera attaché à sa personne, Yauquelin des Yveteaux, a écrit plus tard :
a Sa colère et sa volonté étaient très fortes. Il estoit d'autant plus difficile à gouverner qu'il sembloit estre nay pour gouverner et pour commander aux autres! Il avoit une cuisante jalousie de son autorité M »
Pauvre petit dauphin ! Le voilà enfant, volontaire, personnel, conscient de son pouvoir et d'une
1. Yauquelin des Yveteaux, VInsiitutio7i du prince, dans Œuvres poétiques, éd. P. Blanchemain. Paris, 1854, in-8°, p. 102. Sur Des Yveteaux, voir P. de L'Estoile [loitrnal. IX, 226) qui le malmène vivement; Vigneul-Marville (Mélanges cThist. et de litt., Paris, 1725, in-12, I, 177); le comte G. de Contades (Des Yveteaux et la maison de Vaiiquelin, Paris, H. Champion, 1894, gr. in-S") ; la notice de l'abbé Anis (David liivaidt de Fleurance et les autres précepteurs de Louis XIII, p. 60).
sensibilité extrême sur le sujet du respect qu'on doit à sa puissance; puis bon, affectueux, dévoué, charmant à l'égard de tous, d'une tendresse de cœur délicate et d'une âme souriante. Comment le roi de plus tard a-t-il été si difï'érent? Mais l'histoire, plutôt, ne s'est-elle pas trompée sur le compte du prince? Une nature d'homme peut-elle, de l'enfance à l'âge mûr, se modifier d'une façon aussi profonde et le Louis XIII traditionnel, faible de jugement et de volonté que M. deLuynes, d'abord, le cardinal de Richelieu, ensuite, ont conduit à leur volonté, n'est-il pas trop dissemblable de l'enfant violemment autoritaire ou souplement vivant que nous venons de voir? Celui-ci est acquis à l'histoire ; l'autre ne l'est peut-être pas aussi sûrement!