Journal Asiatique, 1891, 1, p. 252, 244; 1892, I, p
qui nous donnent un tableau très vivant de la politique égyptienne en Syrie, Ce sont les affaires d* Azirou et d'Arab-Hiba : en voici le résumé d'après les travaux de M. Halévy et du P. Delattre.
Dans un district de la Phénicie septentrionale, appelé pays d'Amouri, le khazanou Azirou est dénoncé à Pharaon par son collègue de Byblos, nommé Uabimour^ Azirou, malgré les protestations d'obéissance qu'il envoie au messager égyptien Doudou, est accusé formellement d'avoir tué trois rois des villes voisines et tous les notables du pays, pour annexer leurs villes à ses domaines. Azirou se disculpe en écrivant au roi qu'il n'a fait que se défendre : < Les notables de la ville de Soumouri ne m'ont pas laissé en paix et présentement je n'ai commis aucune faute contre le roi mon maître ». Alors intervient un homme qui écrit sèchement : c Au nom du roi ton seigneur, au gouverneur de la ville d'Amouri »; ce ne peut être qu'un inspecteur égyptien, qui communiquait la réponse de Pharaon aux dénonciations faites par Rabimour :
Certes, lui dit-il, tu n*es pas avec le roi, ton seigneur. Si tu veux faire acte de soumission au roi, qu'est-ce que
1. P. Delattre, Azirou^ ap. Proceedings of the Society of Biblical Arehœology t. XIII, p. 215.
le roi ne t'accordera pas en récompense ? Mais si tu veux agir ainsi, la rébellion est dans ton cœur et tu mourras ainsi que toute ta famille. Soumets-toi au roi ton seigneur et tu vivras... Je te le dis : laisse le sommet de cette montagne (où Azirou s'est réfugié) et va en présence du roi ton seigneur; sinon expédie ton flls vers le roi. N'as-tu pas de descendant qui puisse s'y rendre? Sache que le roi est puissant comme le soleil dans le ciel et que ses troupes et ses chars sont nombreux dans le pays haut et dans le pays bas, du levant jusqu'au couchant*...
Mis en demeure de se justifier personnellement à la cour du roi d'Egypte, Azirou se garde de refuser : il écrit de divers côtés, aux messagers Doudoii et Khai et à Pharaon lui-même, qu'il partira avec son fil?, qu'il part, qu'il est parti... mais il reste. Tout en annonçant son départ, il signale une attaque du roi des Khétas contre la ville de Tounipou : qui défendra cette ville, si lui, Azirou, ne reste à son poste ? « Moi et mon fils, nous sommes les bons serviteurs du roi, donc, moi et lui, nous allons partir présentement... ; que mon maître sache que j'obéis avec empressement. Mais le roi m'a chargé de défendre son territoire et maintenant le roi des Khétas se trouve dans le pays de Noukhassi, dans la ville de Tounipou,... je crains pour le territoire de mon maître. » — Azirou alla-t-il en
Egypte? Le dossier de son affaire s'arrête à ce moment critique. Si l'on en juge par les antécédents,