‹ Au temps des PharaonsChapitre 15 sur 87 · Cf. J. Halévy, Journal Asiatique, 1891, II, p · texte numérisé non relu

Cf. J. Halévy, Journal Asiatique, 1891, II, p

Azirou Sût probablement éviter la redoutable épreuve de comparaître en personne ou d'envoyer son fils comme otage aux mains du Pharaon.

L'affaire d'Ârad-Hiba est plus complexe et met en jeu des rivalités personnelles de fonctionnaires et une délicate question d'immunité diplomatique ^ Arad-Hiba était un gouverneur de Jérusalem. Le nom d'Israël n'apparaît d'ailleurs point dans ses lettres; la plus ancienne mention de ce nom est donnée sur une stèle égyptienne du Pharaon Minephtah (vers 1250 av. J.-C.) qui se vante d'avoir écrasé Israël en Syrie, à un moment où la tradition voudrait que les Israélites fussent encore en Egypte. Mais Arad-Hiba, comme ^on nom l'indique, était un Sémite. Il était combattu di^as son gouvernement par Milkili et Shumardata, agents indigènes du gouvernement égyptien. Ceuxci l'accusaient de complicité avec des bandes de brigands qui pillaient la Palestine, d'après les ordres de Bournabouryash, roi de Babylone. Or, si les soldats irréguliers du roi de Babylone avaient rompu l'alliance de leur maître avec le roi d'Egypte, c'est que Bournabouryash avait été gravement offensé.

Il explique, dans une lettre adressée à Améno-

1. J. Halévy, Un gouverneur de Jérusalem vers la fin du ATP siècle av. J.-C, ap. Revue Sémitiquey 1893, p. 13. Cf. Journal Asiatique, 1891, II, p. 514.

phis IV, qu'il envoyait une ambassade chargée de présents en Egypte :

Mes agents, qui avaient fait un bon voyage jusque-là, ont été arrêtés subitement par une mort violente dans le pays de Palestine. Ils avaient quitté ton bon frère pour se rendre près de toi, lorsqu*en arrivant dans la ville d'Acre, ceux qui les escortaient (pour le compte de Pharaon) tuèrent mes agents et s'emparèrent des cadeaux... C'est Shumardata qui a coupé les pieds de mes hommes et leur a arraché les doigts ; quant à l'autre, il a excité le premier à piétiner sur leurs têtes... Interroge ces hommes, fais des recherches, prends des informations et tu apprendras la vérité. Le pays de Palestine est ton pays et ses rois sont tes vassaux ; c'est dans ton pays qu'un dommage m'a été causé; fais faire une enquête, fais restituer l'or qui a été enlevé et fais mettre à mort les gens qui ont tué les hommes et que le sang qu'ils ont versé retombe sur eux. Si tu ne mets pas à mort ces gens, mes généraux iront tuer tous tes hommes et tes messagers, de sorte que désormais toute relation cessera entre nous, et leurs soldats te traiteront en ennemi ^

Ces menaces furent mises à exécution : mais Shumardata accusa Arad-Hiba de favoriser les entreprises des Babyloniens, et la question du meurtre des messagers disparaît devant la rivalité personnelle des agents du roi d'Egypte.

Arad-Hiba écrit au roi des lettres véhémentes : < Qui donc a incriminé mes actions en me calomniant gravement près du roi, mon seigneur, en disant : « Arad-Hiba a trahi son seigneur »?

Page 1