‹ Au temps des PharaonsChapitre 23 sur 87 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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les rois; une lettre du roi d'Âssyrie nous apprend que celui-ci avait reçu des messagers d'Egypte et que la même alliance traditionnelle existait entre Thèbes et Ninive qu'entre Thèbes et Babylone^

Les liens du sang étaient nécessaires pour entretenir et faciliter les conversations diplomatiques; engager des négociations matrimoniales, c'était» comme de nos jours, une des tâches essentielles confiées aux ambassadeurs asiatiques ou égyptiens. Nous sommes très bien renseignés sur cette partie intéressante de leurs attributions vis-à-vis des souverains du Mitanni et de Babylone.

Les lettres de Doushratta» roi de Mitanni, nous apprennent quelle ténacité les Pharaons mettaient à obtenir la main d'une de ces princesses barbares qui, par leur présence au harem thébain, garantissaient la fidélité de leurs pères à la politique égyptienne. Sitatama, aïeul de Doushratta, n'avait accordé la main de sa fille qu'après sept messages de Thoutmès IV; Aménophis III dut demander six fois la sœur de Doushratta, et quand celui-ci fut sollicité d'accorder sa propre fille Tadouhipa à Aménophis IV, il fit preuve de la plus extrême

1. Journ, Às,j p. 329. Aucun de ces traités d'alliance ne nous est parvenu , mais les murs des temples thébains nous ont conservé la copie du traité conclu un siècle plus tard entre Ramsès II et le roi des Khétas. L'original de ce traité était gravé sur une tablette d'argent et reproduisait fidèlement les clauses d'un traité antérieur. Nul doute que de pareils instruments diplomatiques n'aient été échangés dès le temps des Aménophis.

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bienveillance en répondant de suite : c Ma fille, je te la donne ». Voici comment la négociation fut conduite * . Aménophis IV, alors simple prince royal, envoya un ambassadeur extraordinaire, nommé Mané, porteur de présents et d'une lettre de son père Aménopbis III, ainsi conçue : « Ce que je t'envoie à présent, ce n'est rien,... mais si tu accordes la femme que je désire, les cadeaux viendront (plus nombreux) ». Les messagers de Doushratta furent admis à voir un amas d'or, des présents sans nombre, destinés au père de la future reine. Doushratta reçut l'ambassadeur égyptien et, les cadeaux acceptés, fit dire au royal prétendant : c Une grande amitié nous unissait ton père et moi ; maintenant j'aurai plus encore d'affection pour toi, son fils^ ». Cette magnanimité n'empêcha point Doushratta de protester aigrement par la suite qu'il avait été frustré d'une partie des cadeaux promis et qui ne furent jamais livrés.

Avec la cour de Babylone, les négociations matrimoniales présentèrent plus d'une difficulté. Aménophis III avait épousé la sœur de Kallima* Sin, roi de Kardouniash; quelques années plus tard, il réclama, comme nouvelle épouse, la propre fille de Kallima-Sin. Celui-ci refusa, non point parce que sa fille Zouharti compterait au nombre

1. Journ, As,, p. 421. Cf. Bévue Sémitique^ 1893, p. 124, et Zeitschrift fur œgyptische Sprache, 1890 p. 114.

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