CF-n*Miijcr. l'iiKiiiSTOBiQrE 2, V*3e en fdhme de Femme
4, VSSK ES POÏiVie. M'Ci\ÎS.»K.
L EGYPTE AVANT LES PYRAMIDES il7
potamesS formèrent des services de table d'aspect réjouissant ou terrible, analogue à la dinanderie de notre moyen âge. On essaya aussi de donner aux vases la face humaine : des captifs (?) accroupis et tenant à pleins bras la panse du vase montrent leur face lamentable en relief sur les flancs d*une amphore très ancienne conservée à Oxford. Le même musée possède un large vase à couverte noire brillante où Tartiste a voulu modeler la forme féminine. Le goulot est devenu la face ; une pincée dans Targile indique le nez, les oreilles et les cheveux. Au-dessous, le col du vase marque la taille amincie où se détachent, sobrement modelés, les épaules rondes et les seins tombants; puis la panse du vase s'enflant brusquement imite le développement graisseux qui fait Torgueil des Vénus hottentotes'(Pl. V, 2).
C'est dans la vie d'outre-tombe que nous introduit le décor des vases les plus remarquables de la période préhistorique. Déjà les jarres grossières nous montrent par leur contenu, aujourd'hui desséché, eau, farine, grains, huile, vin, viandes, qu'on assurait par des offrandes la nourriture des défunts. Pour garantir aux défunts une seconde vie, toute semblable à la première, il convenait d'en figurer les scènes essentielles dans la maison du mort, qui
i. J. Capart, Les début: de Vart en Egypte, p. 126. 2. /bid., p. 124.
est le tombeau : suivant un principe de la magie primitive, le semblable produit le semblable; figurer une scène de la vie, c'est lui permettre de se réaliser. Cette idée a suscité la décoration de la tombe, d'où naquit presque tout lart égyptien.
Le difficile était de décorer de figures et de tableaux une tombe comme celle que nous avons décrite, un simple trou dans le sable, sans murs, ni plancher, ni plafond. Pour y arriver, on déposa dans la tombe les objets usuels, armes, bijoux, outils, quand ils étaient de petite taille ; les gens et les bêtes nécessaires au plaisir ou au service du défunt furent représentés par des figurines. Gela ne suffisait pas encore aux exigences du mort : ces éléments isolés, il fallait les grouper pour reconstituer des scènes de la vie, les représenter en action autour du défunt, et en rapports avec celui-ci : de là l'invention de tableaux décoratifs où chaque figure joue le rôle d'un idéogramme et définit tel ou tel moment de l'existence promis au propriétaire de la tombe. Des femmes les bras levés symboliseront la danse et les fêtes publiques; une gazelle ou une autruche rappellera les plaisirs de la chasse; une barque, les navigations sur le Nil; des arbres et des fleurs donneront en raccourci un paysage de la vallée cultivée ; une suite de triangles raboteux évoquera les chaînes du plateau désertique parcourues par les nomades; des cabanes surmontées d'un signal définiront la maison
l'égtpte avant les pyramides 119
ou le village du défunt avec l'insigne de son clan.
Les motifs décoratifs une fois inventés, les artistes semblent avoir hésité sur le choix du cadre qui les présenterait. Ne voyons-nous pas une statuette de femme de Toukh porter sur sa poitrine, sur son dos, sur ses hanches, des flots d'eau, des montagnes, des animaux? C'était un moyen ingénieux de mettre la statue en pleine vie active, ou en pleine nature ; mais on trouva mieux par la suite. L'idée vint d'orner les poteries de ces tableaux, peints en rouge sur fond clair : le cadavre, couché parmi les pots comme entre les quatre murs de sa maison, pouvait contempler sur les flancs des vases les scènes désirées de sa vie d'outre-tombe. Quand, par la suite, on inventa la brique et que l'on sut construire des tombeaux, les murs furent utilisés par les décorateurs. Une tombe préhistorique découverte par M. Green à Hiéraconpolis porte, en rouge sur fond blanchi à la chaux, les mêmes scènes de danse, de chasse et de navigation que celles dont les potiers d'Abydos ou de Negadah décoraient la panse de leurs vases*.
Ces tableaux minuscules qui retracent quelquesuns des aspects de la vie sociale d'il y a cinquante ou soixante siècles, ont surexcité à bon droit la curiosité des archéologues. L'accord n'est pas près de se faire entre eux sur la signification précise