‹ Au temps des PharaonsChapitre 37 sur 87 · Revue Égyptologique, t. X, p. 87 et suiv · texte numérisé non relu

Revue Égyptologique, t. X, p. 87 et suiv

l'égtpte ayant les pyramides 121

tion sont décorées de hampes élevées supportant un insigne : parfois c'est un animal, faucon, éléphant, scorpion, poisson; parfois une plume, un bucrâne, une double flèche, un harpon; il en existe une trenfaine de variétés. M. Loret y a fort ingénieusement reconnu les enseignes des clans de la race préhistorique, dont une partie resta, à Tépoque classique, les « armes parlantes » des cités égyptiennes. Il est possible que ces enseignes fussent en même temps des dieux, ou des totems en qui s'incarnaient les âmes de tous les hommes faisant partie du clan.

La décoration figurée des vases a encore son intérêt pour la question controversée de l'écriture à cette époque. Les préhistoriques ne semblent pas avoir connu le système graphique égyptien qui suppose des caractères alphabétiques ou syllabiques dont on use en même temps que de signes idéographiques. Mais il n'est pas douteux que l'écriture hiéroglyphique des temps postérieurs ait conservé bon nombre des signes qui apparaissent sur les vases; les animaux et les plantes particuliers au pays ont contribué à donner à l'écriture pharaonique un caractère bien africain. Je serais porté à croire que, sans connaître encore l'écriture, les préhistoriques savaient s'exprimer à l'aide de rébus vaguement précis, et que les tableaux peints sur les vases pouvaient se lire grosso modo à la façon d'une charade en images (PI. V, 1),

D'autre part les vases de cette époque portent une série de c marques » de fabrique qui ont tout à fait l'aspect de signes alphabétiques. On a été très surpris de constater l'identité de ces signes avec ceux retrouvés sur les vases des nécropoles créto-égéennes et avec les alphabets primitifs de la Carie et de l'Espagne et les signes libyens. Ces marques ne semblent point d'ailleurs constituer un alphabet, et ne sont jamais groupées suivant des rapports réguliers pour exprimer des idées développées. Il parait néanmoins certain qu' c il aurait existé dans tout le bassin de la Méditerranée, dès les temps préhistoriques, un système d'écriture ou tout au moins de marques en usage partout ^ ». Quel peuple aurait apporté en Egypte ce système graphique sommaire en usage dans le bassin méditerranéen?

La réponse à cette question nous mettrait sur la voie d'un autre problème. Quelle est l'origine probable de la race préhistorique installée en Egypte? Si l'on en croît le docteur Fouquet, l'indice céphalique des crânes retrouvés dans les tombes les plus anciennes rapproche la race de Negadah des Hottentots et des Cafres ; le type de Beit-AUam serait plutôt apparenté à la population élevée de l'Inde ; et le type de Kawamil aurait des analogies avec l'élément libyen. Ces renseignements panachés

!• J. Capart, Les origines de Vart en Egypte^ p. 142.

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sont moins déconcertants qu'il ne parait à première vue. L'influence d'une race berbère-libyenne est attestée par la céramique décorée (qui rappelle les types de vases qui sont en usage, aujourd'hui encore, chez les Kabyles), par l'emploi de certains instruments tels que les socs de charrue en silex, et par l'usage des cercles de pierre avec dolmen*. D'ailleurs la langue égyptienne a gardé des traces des dialectes berbères. Quant aux statuettes stéatopygiques elles dénoncent l'existence d'un groupe d'origine hottentote dans la race néolithique; les vases noirs à décor blanc témoignent de relations avec l'Asie et les îles. Somme toute, la race préhistorique serait fort mêlée. Mais ses éléments divers se sont amalgamés assez vite sous le choc d'une population conquérante qui vint mélanger les couches antérieures.

Tandis que MM. Pétrie et de Morgan exhumaient la race préhistorique, M. Amélineau découvrait à Abydos des tombeaux datés pouvant servir à déterminer l'âge des monuments sans inscription.

C'est en novembre 1895 que M. Amélineau commença ses fouilles sur le site d'Abydos que le

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