‹ Au temps des PharaonsChapitre 48 sur 87 · Cf. G. Maspero, Histoire, I,p. 112 et · texte numérisé non relu

Cf. G. Maspero, Histoire, I,p. 112 et

2. Dans la tombe de Mten (un de la 111* dynastie) les rites de Vàfhro sont célébrés.

Si Gri Maspero, HiUiêi de VBmbaUm§menti et Histoirgi I« pi 18i

et que, le premier de tous les êtres, il avait connu la mort. Par la science magique de sa femme, Isis, de sa sœur Nephthys, de son fils Horus, d*Anubis et de Thot ses alliés, tous les morceaux du corps osirien avaient été retrouvés, aseptisés, et reconstitués en momie parfaite; le mouvement, et l'usage de tous les sens, furent rendus à ce corps inerte quand Thot et Horus lui touchèrent la bouche, les yeux, les oreilles, lui délièrent les bras et les jambes avec des instruments magiques.

L'âme était encore absente, retenue prisonnière par Set : Horus et Thot pourchassèrent celui-ci qui se dissimulait vainement sous des formes de taureau, de gazelle, de truie ou d'oie; dans le cœur de ces animaux capturés et sacrifiés, l'âme d'Osiris fut retrouvée; Horus la rendit à son père et lui communiqua les souffles de vie dans un baiser. Osiris revivifié et réuni à son âme devint TÊtre exceptionnel qui dépasse tous les autres parce qu'il a franchi victorieusement le seuil de la mort et triomphé de la grande épouvante. Cet être qui vit la vie parfaite sans plus rien craindre de la mort devenue inoffensive, c'est proprement un dieu * .

Osiris est désormais le modèle à imiter pour tout ce qui vit au ciel et sur la terre et tout ce qui doit mourir un jour. Aucun des habitants du ciel

1. A. Moret, Le Rituel du culU divin en Egypte, 1902, p. 200.

AU TEMPS DES PHARAONS. ISl

ni des terrestres humains ne fil exception à cette destinée commune : c'est dans la bonne mort osirienne el le culte funéraire cr^é par Ilorus et Thot que tous cherchèrent et trouvèrent la possibilité d'une vie éternelle. Chacun des dieux connut la mort et la n'surreclion : pour eux, leur fils terrestre, le pharaon, joue le rôle du « fils chéri n qui ouvre la bouche de son père et l'embrasse pour lui rendre son ftme. Chacun des hommes mortels put espérer devenir un dieu : au jour des funérailles, le fils aÎEÔ dans chaque famille disait qu'il était Horus ou Thot, et répétait pour son père les rites du grand mystère qui faisait de celui-ci un Osiris.

Ces rites, les textes des pyramides de Sakkarah et les tableaux des mastabas nous les font connaître 30US leur forme la plus ancienne ; on les célébrait dans les chapelles des pyramides, qui ont disparu, et dans les mastabas, que nous avons retrouvés par milliers (PI, XII, 2). La partie essentielle des salles funéraires était cette fausse porte, qui deviendra la stèle. EUeconduità l'autre monde, où se tient le double. Derrière ses panneaux pleins se dissimule un couloir {serdab) où reposent les statues du douHe; au-dessous d'elle, dans la prtn fondeur du sol, se cache le caveau où descendra la momie. Le jour des funéradies, le corps, ceint de bandelettes et momifié suivant les rites d'Anubis, était amené devant la stèle fausse-porte. Tout

autour la famille mène le deuil. La femme et la sœur du défunt proclament qu'elles sont Isis et Nephtys, venues pour pleurer et défendre Osiris. Et voici le fils aîné : il s'est purifié, il a revêtu la peau de panthère, il présente Tencens allumé c qui divinise » et les fers recourbés avec lesquels jadis Horus ouvrit la bouche d'Osiris. Près du fils se tient un prêtre de carrière, l'officiant ; son rouleau de papyrus à la main, il est tout prêt à souffler les paroles des formules et à indiquer les gestes au cas où la mémoire manquerait à l'enfant du défunt (PI. XV). Tout autour se groupent des parents, des clients, des officiants, formant un chœur qui décuple l'intensité des paroles et des gestes en les répétant. Cependant les sacrificateurs ont égorgé le taureau, la gazelle et l'oie, dont ils apportent la cuisse de devant, la tête et le cœur. Alors commencent les rites souverains. Les ablutions et les fumigations d'encens lavent la momie de ses impuretés physiques et morales : « tout ce qui ne doit pas rester en elle tombe à terre ». Puis Horus, le fils chéri, fait le simulacre d'ouvrir la bouche, les yeux, les oreilles de son père avec les instruments magiques; il les frotte de son petit doigt ;| il les touche avec le cœur et la cuisse des victimes, cependant qu'il psalmodie : « Dresse-toi, mon père, dresse-toi, Osiris, car moi ton fils, moi Horus, je suis venu à toi, te laver, te purifier, te rendre la vie, embrasser tes os, rassembler ta tex-

6, 1 asser tes lambeaux, puisque je suis Horus

3 son père'... Horus t'a ouvert ton œil

tu voies avec ton œil',.,, on t'ouvre la

V c'est Horus de son petit doip;t, avec

Il d ouvert la bouche de son pèro Osiris^;

' donné tes yeux pour voir, tes oreilles pour

. ce que dit ta bouche comme paroles, tes

3 ] "■• "larchep, tes bras pour agirV » Et le

! a X bras le cadavre de son père; il

I i lu face momifiée sa propre face, et

toi Duiorassement lo fluide magique vital passe

liorps vivant au corps défunt, le souffle de vie

communique de la bouche à la bouche. Le

m^aur des officiants proclamait alors : a Horus

■vient, il t'embrasse, Osiris!,.. Ton fils Ilorus a

frappé Set, il lui a arraché son œil de sa main, et

il te l'a donné avec ton àme qui est dedans et ta

forme qui est dedans ^ >

Le corps estrevivifié et pourvu d'âme. Il convient d'assurer de suite sa nourriture et sa boisson pour la vie étemelle. Une table d'oiïrandes se dresse devant la momie ; on y dépose, sur des plats ronds, des pains, des viandes, des fruits, du vin, de la bière, des liqueurs et de l'eau, tout un repas dont

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