‹ Au temps des PharaonsChapitre 5 sur 87 · La taxe a produit près de 150000 francs en · texte numérisé non relu

La taxe a produit près de 150000 francs en

de Tégyptologie, de n'avoir encore que des recueils de textes ou de planches très incomplets : il en résulte une foule d'erreurs, d'ignorances ou d'idées fausses. Grâce au Service, plusieurs temples sont maintenant accessibles dans toutes leurs parties ; il faut désormais, pour comprendre les témoignages qu'ils apportent sur le passé, les confier aux soins d'interprètes compétents. Ceux-ci devront joindre les aptitudes, fort rares, de copistes patients et scrupuleux à une méthode éprouvée et à une érudition très sûre. Ces qualités sont peu communes dans toutes les brtChches de la science, en égyptologie comme ailleurs. L'Institut archéologique, entretenu par la France au Caire S a fait de louables efforts — parfois heureux — pour publier les monuments que le Service déblaie, mais ses ressources sont trop réduites, à tous égards, pour suffire à la tâche. La société anglaise Egypt Explora^ lion Fund a confié le déblaiement et la publication du temple de Deir-el-Bahari à M. Naville, qui s'en acquitte magistralement. Pour la rédaction de son catalogue général, le musée du Caire a fait appel à une collaboration internationale*; il faudra, par la suite, que le Grand Musée, qu'est devenue l'Egypte entière, ait aussi son catalogue descriptif

1. Sous la direction successive de MM. Maspero, Lefébure, Bouriant, Chassinat.

2. Sous la direction de M. Maspero, avec la collaboration permanente de M. Pierre Lacau.

OÙ toutes les bonnes volontés rivaliseront pour que le grand effort fait par le Service porte rapidement ses fruits*.

Mais la conservation des monuments n'est qu'une partie — et la plus facile — de la tâche qu'assume aujourd'hui le Service des antiquités. Les soins, qu'ont prodigués aux temples Mariette et Maspero n'ont pas toujours sauvé les malades qui dépérissent depuis deux mill^ans. Â la suite de catastrophes soudaines il a fallu créer d'autres méthodes de traitement et soudain un problème colossal s'est trouvé posé : celui de la restauration complète de certains édifices.

C'est à Karnak et dans la partie du temple qui donnait le mieux l'impression de la résistance indéfinie qu'un accident a déjoué les espoirs.

La grande sallehypostyle, dont SétiP'etRamsèsII avaient élevé les 134 colonnes, hautes de 22 mètres dans la travée centrale et de 13 sur les côtés, était

1. Ce Catalogue des monuments de VËgypte entière avait été entrepris par M. de Morgan ; abandonné pendant quelques années, Pouvrage a été continué par M. Maspero et comprend actuellement les monuments situés entre Assouan et Kom Ombo inclus. Mais cette publication laisse à désirer sous bien des rapports. Fort heureusement le Service des antiquités se prépare à aborder une série de monographies où les principaux monuments seront tour à tour reproduits in extenso. Bien des années seront nécessaires pour mener à termç cette colossale entreprise.

depuis longtemps dépouillée de son plafond, ce qui lui ayait enlevé une grande partie de sa stabilité. Les colonnes, n'étant plus calées par le poids des énormes dalles ni maintenues entre elles dans un rigide écartement, avaient commencé à prendre du jeu; quelques-unes s'étaient écroulées, d'autres fléchissaient peu à peu sous le poids des architraves. L'une d'entre elles faisait l'admiration des visiteurs : c'était la fameuse colonne penchée* dont la ligne coupait en diagonale la baie rectangulaire d'une des petites travées (PI. I). Imaginez un pilier haut de 13 mètres, sur 2 mètres de diamètre, incliné obliquement dans l'espace et entraînant dans sa chute une architrave épaisse de 3 mètres et pouvant peser à elle seule 40 000 kilogrammes. Le tout tenait en équilibre par la base disjointe de la colonne et par l'angle externe de l'architrave : celle-ci avait butté contre une colonne voisine et trouvait son appui dans une surface de quelques centimètres : tout autour, le vide ; on voyait même le^ jour entre l'architrave et le chapiteau sur lequel celle-ci ne posait plus qu'en deux points. Comment la colonne soutien a-t-elle pu supporter sans faiblir le poids de cette masse en mouvement, d'environ 200 tonnes, qui l'a brutalement heurtée du front; comment ces pierres descellées n'ont-elles pas continué à glisser et ont-elles gardé leur adhérence?

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