‹ Au temps des PharaonsChapitre 53 sur 87 · Pyramide de Pépi · texte numérisé non relu

Pyramide de Pépi

3. et. Lefébure, Le paradis égyptien, dans Sphinx, III, p. lOS, o l'on bvuvera les citations des textes des pjrainides relatifs h ce paradis.

des offrandes » {Sekhet hotpou), La destinée y était plus favorable encore. Dans les champs dlalou, Tâme devait cultiver son jardin; aux champs des offrandes elle trouvait la table toute servie, grâce aux doubles des offrandes terrestres qui prenaient aussi le chemin du ciel pourvu qu'on facilitât leur délivrance en les brisant ou en les brûlant. Les offrandes parvenaient aux Sekhet hotpou soit avec le défunt, soit dans la barque qui porte le soleil autour de Tunivers. Naviguer dans la barque solaire, parcourir avec Râ le ciel diurne et nocturne, en manœuvrant les rames ou la voilure, être admis dans l'équipage formé par les dieux stellaires, c'était la destinée la plus enviable, la plus glorieuse, la plus immatérielle. L'âme qui y avait accès quittait joyeusement la terre et voguait en plein ciel comme un esprit « Lumineux ï> (Khou) parmi les constellations circompolaires du Nord, celles qu'on appelle les « Impérissables ï> {akhemou sekou) parce qu'elles ne disparaissent jamais du ciel visible. Les Egyptiens les observaient pour déterminer les heures, surtout la Grande Ourse; on disait de Fâme qu'elle habitait le pays de l'heure (Ounit), qu' « elle gouvernait la nuit et conduisait les heures i^, disposant ainsi de l'espace et du temps *.

Dans la suite des siècles, ces conceptions devinrent pour les Égyptiens matière à subtilités méta-

1. Pyramide dVunaSf I, 643. Cf. Lefébure, Le pays des heures, ans Sphinx, IV, p. 8.

lo it furent copieusement exposées dans

lels «Ibs théologiens tels que \e Livre des

*(s et le Livre de ce qu'il y a dans VHadès. Au

9 des lyramides, elles restent iacomplètes et

m oUes. Le choix n'est pas fait du plus

ai de ces paradis : l'âme se réservait de les

essayer tour à tour. Aussi pouvait-on souhaiter au défunt de» paradis successifs ou simultanés : a On a rendu son cœur k cet Osiris et quand il sort au ciel Anubis vient k sa rencontre, Seb lui tend la main. Tu te lèves, tu te parfumes d'encens dans le lac de l'Hadès, tu te purifies avec tes offrandes dans le Champ d'Ialou, tu navigues au ciel et tu fais ta station journalière dans le Champ des Offrandes parmi les dieux. Assieds-toi sur ton trône de fer, car tu as pris ta massue blanche et ton fléau, tu rends tes décrets aux dieux,... puis tu prends ta course, tu navigues sur ton lac, comme R& sur les rives du ciel. Lève-toi et passe, Lumineux ' ! »

En quelques siècles l'&me humaine a passé de l'humble fosse creusée dans le sable du désert aux champs étoiles du ciel. < L'âme au ciel, le corps & la terre », telle devient la formule de la vie d'outre-tombe au temps des pyramides. Mais l'âme, ravie aux joies célestes, garde la faculté de descendre sur terre dans sa tombe propice aux joies matérielles. Sous sa forme d'oiseau elle revient au

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