I. Pyramide dt Pipi II, IliSetauiv
tombeau, se pose sur les arbres de ses domaines, descend le puits comblé qui mène au cercueil : les deux mains posées sur le cœur de la momie, elle contemple ce qui fut sa forme terrestre au temps où elle ignorait les demeures sublimes et la vie des dieux du ciel *.
On a remarqué que le mort divinisé trouve au ciel un accueil fraternel : les dieux tendent la main à l'homme qui vient à eux; bien plus, celui-ci prend sa place sur un trône, manie la massue et le sceptre et dicte aux dieux ses volontés : admis comme un frère, il s'installe en maître. Ceci est un des points les plus caractéristiques des conceptions religieuses à l'époque des pyramides : l'homme ne mérite pas le ciel, il s'y introduit par la ruse et s'y maintient par la force.
Qui donne à l'homme cette puissance égale ou supérieure à celle des êtres célestes? C'est la possession des ressources de la Magie. L'Egypte memphite en est encore à ce stade de civilisation où l'homme ne reconnaît pas une différence de nature foncière entre lui et les êtres supérieurs qu'il localise au ciel. Dans ce monde comme dans l'autre, chacun possède un corps, une âme, un double,