‹ Au temps des PharaonsChapitre 58 sur 87 · Pyramide de Pépi · texte numérisé non relu

Pyramide de Pépi

2. Maspero, Études de mythologie, II, p. 429 {Pyramide de Pépi 7, 400; de itfcrinri, 570).

AT TEMI'S DES l'HARAOSS

que triomphe si brutalement, commence à apparaître l'idée que l'homme ne doit pas seulement conquérir la vie éternelle, mais qu'il la doit mériter. L'âme humaine a toujours été complexe et partagée dans ses aspirations. Bans le même temps qu'Osiris enseigne aux hommes la force invincible des rites magiques, il leur révèle la conscience morale; il n'est pas seulement l'être qui se sauve fortuitement de la mort, il devient « le dieu qui aime la justice ».

Au début, le rôle d'Osiris, en tant que justicier, fut d'ordre tout pratique. Les hommes qui assuraient à grands frais un service perpétuel d'offrandes k leur double prenaient soin de se défendre contre -les voleurs éventuds en les citant devant le tiûbunal des prêtres d'Osiris, patron des nécropoles : < Si an homme entre dans ce tombeau pour y faire chose mauvaise, pour y voler comme un oiseau pillard, il sera jugé là-dessus par le dieu grand, maître du ciel, dans le lieu où Von rend la justice ». Par avance la défunt se justifiait contre toute attaque en faisant son propre panégyrique comme témoignage de moralité : « Je suis, disait-il, l'aimé de mon pSre, le chéri de ma mère, le dévoué à ses ffères et à ses serviteurs: j'ai donné du pain à l'affamé, des vêtements au nu, j'ai été le nourricier de l'orphelin, le mari de la veuve, le hàton du vieillard, j'ai enseveli celui qui n'avait pas de fils. Jamais je n'ai été sujet de plainte pour nul

homme' ». Ces formules offrent un réel intérêt au point de vue moral, mais elles se présentent ici comme une plaidoirie anticipée devant un tribunal qui est de ce monde. La justification prend une allure plus générale et une signification plus haute quand on arrive à ces expressions : « J'ai dit chaque jour la vérité qu'aime le dieu' ». Le développement progressif de cette idée sera qu'Osiris préfère Thomme juste; dès lors le défunt sera plus semblable à Osiris, et pourra d'autant plus facilement jouir de la vie éternelle s'il a réellement vécu selon la justice.

Pour s'assurer que l'homme est juste, une enquête est nécessaire. De là l'idée première d'un jugement des morts par les dieux de la famille osi* rienne comme condition d'accès au paradis.

MM. Erman et Lefébure' ont signalé l'intérêt profond qui s'attache à certains textes très courts des pyramides où l'idée du jugement est énoncée plutôt que développée : a Ounas possède la voix créatrice selon ce qu'il a fait*. Tefen et Tefnouit l'examinent; Maït (la vérité) l'écoute; Shou est le témoin; Maït décrète qu'il peut parcourir la terre et se transporter où il lui platt... Ounas sort donc aujourd'hui en âme vivante. La Justice, voilà ce

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