‹ Au temps des PharaonsChapitre 65 sur 87 · Connaître le nom d'un dieu, c*est Tavoir à sa merci · texte numérisé non relu

Connaître le nom d'un dieu, c*est Tavoir à sa merci

2. Naville, Todtenbuch, Texte, p. 164, et planche CXXXVI, Ag.

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récentes, il est question du bassin de f!amme, où sont anéantis tes réprouvés. Faut-il en conclure que le cMtimenl n'est plus la fonction personnelle de tel ou tel dieu, justicier de tel ou tel crime isolé? Dans co cas, il échappe, en quelque sorte, aux caprices individuels des jurés, du moment où celui qui l'applique est un exécuteur des hautes cBuvros, au service du tribunal tout entier', ou un élément de destruction tel que le feu. Ici, encore, la justice idéale gagne en cesf^ant d'être indin^fl duel le. *

Enfin, dans les rédactions du Livre des Morts, qui datent du Nouvel Empire, la conscience des fautes est éveillée chez l'homme; il ne cherche pas à nier ses souillures quand il arrive près du tribunal d'Osiris; il prie les dieux de détruire tout ce qu'il y a de coupable en lui*. Rien peut-être ne nous donne une idée plus haute de la délicatesse de cette conscience que le chapitre du cœur {chap. xxx). Au jour du jugement, ce qui glaçait le défunt d'épouvante c'est de voir son propre cœur, sa conscience, dans un des plateaux de la balance, en contrepoids de la Vérité. « Coeur de ma mère, lui disait-il, coeur de ma naissance, cœurquej'avais sur la terre, ne t'élève pas en témoignage contre

1. Cf. le chapitre ztii du Todtenbach, où l'exécuteur est tantôt Set, tanWl Horus ou Thot. {Bevoe Archiologique, 1890, p. 341.)

2. Todttabach, chap. ivu, 6d. Budge, p. 3S, I. gS-86; et. de Bougé, ap, Revae Arckéologiqae, ISU, p. 248.

moi, ne sois pas mon adversaire devant les puissances divines, ne pèse pas contre moi,... ne dis pas : Voilà ce qu'il a fait, en vérité il Ta fait,... ne fais pas surgir des griefs contre moi devant le grand dieu de TOccident*. » Ainsi « Taccusateur le plus terrible de l'homme, c'est celui dont personne ne saurait contester les affirmations, lui-même, c'est son propre cœur, qui sait trop bien que cent fois il a contrevenu à cette loi morale qu'il connaît parfaitement^ D.

La loi morale, dont la pratique assurera aux hommes l'expiation, peut se résumer en un précepte : « pratiquer la Justice; faire le Vrai ». La mission de l'homme sur terre est de conjurer la faute originelle; il y parviendra si, se souvenant de ses origines célestes, il oriente ses actions dans le même sens que l'activité divine. Le dieu, disent les textes liturgiques, crée la Vérité, vit de Vérité, n'est que Vérité. L'homme respectera les lois de la nature et de la conscience : agir autrement, faire œuvre d'égoïsme, de violence, d'injustice, ce serait fausser l'harmonie préétablie entre les hommes et les choses, quitter le terrain de la réalité, altérer l'œuvre du Créateur. L'injuste ou le vicieux oublie qu'il n'est qu'une parcelle du divin dans le divin total ; il dérange l'ordre de l'Univers, il « n'est pas dans le Vrai ». Le juste continue l'œuvre du

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