Id., ihid., U, p
▲U TEMPS DES PHARAONS. iO
AU TEMPS DES PHAtt;
A ces rî'voltes de la chair, les penseurs répondaient par les consolations de la philosophie. Un papyrus vieux de quatre mille ans nous a gardé un dialofîue entre un EgypUeu et son âme' où toutes les raisons d'aimer la mort sont déduites non sans poésie. La vie est mauvaise ; on la connaît bien : « A qui parlerai-je aujourd'hui? les frères sont méchants et les amis d'aujourd'hui n'aiment personne; les cœurs sont violents et chacun prend les hiens de son voisin, le doux périt, le fort triomphe, il n'y a plus de justes et la terre est aux pécheurs l 'x Et Tolci, par antithèse, i'tioge de la mort : < La mort me paàr^ aajoard'hni eomme la guérïson d'un malade, comme la sortie aa grand air après la fièvre! — La mort me parait aujoui^ d'bui comme une odeur de lotus, comme le repos sur la rive d'un pays d'ivresse, comme le retour à la maison du matelot! La mort me parait aujourd'hui comme le désir qu'un homme a de voir sa maison après beaucoup d'années de captivité. >
La mort assure le retour dans la patrie divine d'où l'homme a été exilé pendant son séjour sur terre. C'est la conclusion du Livre des Morts. Malgré ses obscurités, le Livre nous sera intelligible si l'on y veut reconnaître le développement du thème favori des moralistes et des théologiens : « Tout est vain dans l'homme si nous regardons le
cours de la vie mortelle ; mais tout est précieux, tout est important si nous contemplons le terme où elle aboutit et le compte qu'il en faut rendre*. » Ces idées gouvernent encore les consciences. La poésie s'alimente aux mêmes sources quand elle promet à la misérable créature humaine la délivrance dans le grand Tout. Est-ce Isis, estce Isolde expirante qui ckante sur un cadavre :
« Dans rhaleine infinie de l'âme universelle, se perdre, s'abîmer, sans conscience, ô volupté! »