‹ Au temps des PharaonsChapitre 72 sur 87 · A. Moret, mtuel du Culte divin, p. 2t · texte numérisé non relu

A. Moret, mtuel du Culte divin, p. 2t

LA llfAGIE 251

I « beauté, bonté », jhhh « stabilité », j[ « faveur », ^ « santé », etc., furent autant de symboles transformés en amulettes capables d'action magique. L'écriture égyptienne, attachant un sens conventionnel à tel ou tel objet matériel, favorisait singulièrement l'attribution s)rmbolique de telle ou telle vertu à un objet déterminé. Dans la plupart des cas, l'action magique prêtée aux nœuds, bijoux, amulettes, rentre dans les cadres de la magie imitative : on imite et l'on donne la vie avec -^ ; la stabilité avec | ; la clôture, la protection, avec le lien hm-.

La matière dont ces objets sont composés a aussi une action essentielle. Plus efficaces que toutes les autres seront les amulettes en or, métal qui symbolise la durée, l'indestructibilité ; l'or, roi des métaux, rayon solaire solidifié, substance dont est pétri le corps des êtres indestructibles, rois, dieux, morts divinisés : aussi les ^, §, f, bracelets, colliers, armes, doivent-ils être en or ou tout au moins en bois doré^ Les couleurs ont aussi une influence certaine : la colonnette | verte* assurera la verdeur si elle est faite en terre émaillée verte; le nœud ^, le pilier |, pourvu qu'ils soient en cornaline' , évoqueront l'idée du

1. Cf. A. Moret, Le titre Horus d^or dans le protocole pharaonique,

3. Livre des Morts, ch. 155; Maspero, Papyrus du Louvre, p. 2 et suiv.

sang d'fsis ; les bandelettes verte, rouge, jaune, blanche donneront aux morts et aux dieux les vertus de verdeur, d'éclat, de pureté dont elles sont imprégnées'. Il y a U une série d'actions surnaturelles où les forces et l'esprit de chaque objet agissent par une sorte d'iniïltratton matérielle : l'or communique son indestructibilité, la vert sa vivacité, le blanc sa candeur; l'objet agît sympathiquement sur celui qui s'en revêt.

Les talismans possèdent plus de force encore s'ils sont accompagnés de formules. Les Egyptiens en avaient un grand choix : hikaoa, s formules magiques s, saou, t exorcisme» », shenilou, « liens, charmes », Hj ^ hesiou, « incantations ». L'usage de -ces formules est probablement postérieur à celui des talismans matériels. Elles ont été inventées pour ajouter l'effet magique de la voix et de la parole articulée à la présence de l'objet, qui, au début, n'influait que par sa forme et sa matière : c'est un élément spirituel plus raffiné qui se combine avec le charme purement matériel.

Les formules magiques nous sont connues surtout par des textes récents : aussi les premiers égyptologues les considéraient-ils comme provenant d'une dégradation du culte aux époques de décadence de la civilisation égyptienne. Or tes textes

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