I. k. MorcI, Bitaeldti CuUe tJii'in, p. (78 et suiv
religieux les plus anciens que nous connaissions jusqu'à présent, ceux des Pyramides de Sakkarah (V®-VI« Dynasties) contiennent des formules cadencées contre la morsure des serpents et font de très fréquentes allusions aux rites magiques. C'est donc la preuve que les textes magiques « appartiennent à l'antiquité la plus reculée et sont une des parties essentielles de la religion égyptienne* ». Les formules sont naturellement des armes plus précises que les simples talismans ; elles sont dirigées contre un ennemi déterminé et supposent une conception de plus en plus nette des ressources de la magie. En particulier, les incantations, dès les temps les plus anciens/mettent en cause les dieux^ et sont par conséquent postérieures aux temps où s'élabora la première mythologie égyptienne. Presque toujours le magicien y fait allusion à des faits mythologiques connus de lui, trop souvent ignorés de nous ; il interpelle un dieu qui a surmonté jadis les dangers contre lesquels la formule veut encore nous préserver; il prétend pouvoir à volonté forcer le dieu à renouveler sa victoire contre l'ennemi vaincu jadis dans des circonstances connues. Celui qui dit la formule sera semblable au dieu le jour de sa victoire et triomphera. D'autre part, on prête à
1. Maspero, Les Interiptions des Pyramides de Sakkarah, p. 48.
2. Par exemple, Pyramide d*OunaSj 307, « RÀ pique le scorpion » ; 332, « Tombe (serpent), flamme sortie du Noun » ; 326, mention d*Atoum et de Sokaris.
A(! TEMPS DES PHARAONS ^^^^m
l'animul une personnalité quasi divine et on le combat comme tel. Ces procédés pelèveHldes lois d' « imitation » et de < cause à effet > que nous signalions plus haut.
Voici quelques exemples d'application. Étesvous menacé par un serpent? Une formule opportune déclare à l'ennemi que vous êtes le dieu Horua et que vous le bravez : a Monte, poison, viens et tombe à terre. Hurus te parle, t'anéantit, crache r toi; tu ne te dresses plus, mais tu tombes; tu es faible et tu n'es pas fort; tu es aveugle et ne vois : ta tôte tombe en bas et ne se dresse plus. Car je suis Horus le grand magicien n '.
Contre un scorpion, on évoque le cas de la chatte divine Bast, piquée par un scorpion mais guérie par H& : a H4, viens vers ta fille qu'un scorpion a piquée sur un chemin isolé. Son cri va jusqu'au ciel : te venin court dans ses membres et elle y applique sa bouche {pour le sucer). Mais Râ lui a dit : c Ne crains, ne crains pas, ma noble fille! Vois, je me tiens derrière toi. Je repousse ce venin qui est dans tous les membres de la chatte ' t. Celui qui récite la formule sera sûrement protégé comme la chatte Bast qu'il évoque.
Contre le crocodile, quand on traverse un gué, on oppose la victoire d'Osiris sauvé par l'intervention des dieux. < Toi qui es dans l'eau, c'est Osiris
qui est dans l'eau et l'œil d'Horus, le grand scarabée, le protègent... Arrière, bêtes des eaux! ne sortez pas votre face, car Osiris vogue vers vous... Bêtes des eaux, votre bouche est fermée par Râ, votre gosier fermé par Sechmet, vos dents cassées par Thot, vos yeux aveuglés par le grand magicien. Ces quatre dieux protègent Osiris et tous ceux qui sont dans Teau ^ »
Contre les animaux malfaisants, serpents, crocodiles, scorpions, lions, oryx, etc., le magicien savait combiner la force des amulettes avec celle des formules. De là l'usage de talismans couverts de textes et de figures, dont les plus importants sont les stèles et les bâtons magiques. Les stèles sont du type de la stèle dite de Metternich; sur une plaquette de granit ou de basalte, généralement de petite taille, elles portent sur une face une figure en relief d'Horus enfant, nu, la boucle de cheveux retombant sur l'épaule droite; le dieu foule aux pieds des crocodiles qui détournent la tête pour fuir son regard ; de ses mains écartées il tient par la queue serpents, scorpions, lions, oryx. Au dessus d'Horus apparaît souvent la tôte de Bes, le dieu jovial et guerrier qui porte bonne chance. « Ces stèles avaient pour objet de préserver non pas seulement contre la morsure ou la piqûre des bêtes représentées, mais contre la fascination que ces
1. Stèle de Metternicht 38. Cf. Erman, Die Mgyptische Religion^ p. 150.
bêtes exerçaient sur leurs victimes araiit de piquer ou de les mordre '. « Sur l'autre face de la stèle sont gravées des figures divines de boa augure; souvent les dieux tirent de l'arc, lancent le javelot contre les animaux, en un mot « combattent pour le magicien qui les conjure* ». Des textes développés couvrent les parties vides et nous exposent les légendes- formules citées plus haut. Les stèles de ce type apparaissent surtout à la basse époque'; antérieurement on se servait de b&tona magiques, le plus souvent en ivoire, qui dès la XI' dynastie nous montrent des figures d'animaux réels ou fantastiques (le bÂton se termine souvent par une tête de bote), des dieux k tête humaine ou animale, entre autres un Bes tenant des serpents dans l'attitude qu'aura plus tard Horus, Ces objets apportent À leur possesseur la protection magique des figures qui y sont représentées et plus spécialement, semble-t-il, contre les animaux*.
Contre les maladies, le procédé magique est le même, car le malade est possédé par un adversaire {Kheft) dont la présence intempestive cause tout le mal. Le magicien, qui, avec le prêtre et le médecin.