Id., HUloire, I, p
3. G. Daressy, Texte! et dessins magiqaet {Catalogne du Musée du Caire).
4. F. Legge, The magie ivories ofthenàddie Empire [Froceedings S. B. A. 1005-1900). Cf. Cspart, Reoœ de VHiitoire des reUgioat, 190G, p. 327.
connaît l'art de guérir, tire sa science de livres mystérieux que les dieux ont donnés aux hommes dans des circonstances miraculeuses. Ainsi, le Traité de détruire les abcès sur tous les membres de Thomme a été trouvé sous les pieds du dieu Anubis et apporté au roi Ousaphais (de la I" dynastie)'; le papyrus médical conservé à Londres a fut trouvé une nuit dans la grande salle du temple de Koptos par un prêtre de ce temple. Toute la terre était plongée dans les ténèbres, mais la lune se leva soudain sur le livre et Tenveloppa de ses rayons. On l'apporta au roi Khéops (de la IV* dyn.). » Les livres de thérapeutique étant d'origine divine, on ne s'étonnera pas que les remèdes indiqués soient d'ordre surnaturel. La méthode employée pour chasser l'adversaire est la même que pour combattre les animaux malfaisants. A l'aide d*une formule on substitue à la personnalité du malade celle de tel ou tel être divin qui, de par la tradition, est puissant contre Yadversaire, cause de la maladie. Par exemple, contre le mal de ventre, le magicien déclare gravement: « Le ventre est celui d'Horus qui parle à Isis. Horus dit : « J'ai mangé du poisson Abt doré ». Isis répond : « Si cela est, les dieux te seront en aide ». Frotter le ventre avec du miel; laver le ventre avec un liquide contenu dans un vase sur lequel sont représentés les dieux du Sud
i. Papyrus Ebers, 103, 1. 1-2.
et (lu Nord, lu, llorus, Thot, Toum, Isis, Nephthys, trois yeux Ousa et trois urœus', > S'agit-il d'uo accouchemetiL? La gisante sera assimilée à Isis ot réclamera im]jéneusemeiit l'aide des dieux : « dieux, venez, voici Isis. Elle est assise comme une femme enceinte. Si vous êtes inactifs, ô dieux, il n'y aura plus de ciel ni de terre,... des désastres viendront du Nord; il y aura des cris dans les tombes; le soleil no luira plus à midi, l'eau du Nil ne viendra plus h la crue. Ce n'est pas moi qui vous parie, c'est Isis qui va enfanter Ilorus". »
L'intervention des dieux, liés, par les formules magiques, au service de qui sait s'en servir, nous est révélée aussi par un monument célèbre de la Bibliothèque Nationale, la stèle de la princesse de Bakhtan. Au pays fabuleux de Bakhtan une princesse nommée Bintrasbit, sœur d'une épouse de Pharaon, était atteinte d'un Mal mystérieux. Ni les médecins ni les magiciens du pays n'avaient pu la soulager; le prince de Bakhtan demanda à son gendre, te Pharaon, de lui envoyer un savant, c'està-dire un magicien d'Egypte. Pharaon lui adressa un des « scribes de la double maison de vie » qui diagnostiqua un cas de possession : « Le magicien trouva Bintrashit à l'état de possédée, et il trouva le revenant, qui la possédait, un ennemi rude & combattre b. Incapable d'évincer cet adver-
(. Pleyte, Étude tur ua rouleau magique de Leyde, p. 142. 2.1bid.,ç. ISO.
saire, le magicien appela à son secours un dieu d'Egypte. Ce fut Khonsou qui partit pour Bakhtan, après avoir reçu de son frère aîné, Khonsou-debon-conseil, un « fluide de vie » et une force magique suffisante pour affronter toutes les luttes. « Quand ce dieu fut arrivé en Bakhtan, voici que le prince vint avec ses soldats et ses généraux au devant de Khonsou; il se mit à plat ventre, disant : « Tu viens à nous selon les ordres du Pharaon... » Voici, dès que ce dieu fut allé au lieu où était Bintrashit et qu'il eut fait les passes magiques à la fille du prince de Bakhtan, elle se trouva bien sur-lechamp, et le revenant, qui était avec elle, dit en présence de Khonsou : « Viens en paix, dieu grand qui chasses les étrangers ; Bakhtan est ta ville, ses gens sont tes esclaves et moi-même je suis ton esclave. Je m'en irai donc au lieu d'où je suis venu, afin de donner à ton cœur satisfaction au sujet de l'affaire qui t'amène, mais ordonne qu'on célèbre un jour de fête pour moi et le prince de Bakhtan. » Le dieu approuva et quand on eut fait une grande, offrande par devant Khonsou et le revenant, celuici s'en alla en paix au lieu qu'il lui plut, selon l'ordre de Khonsou ^ »
Dans ce récit, un dieu met son pouvoir magique au service de Pharaon contre un revenant; Pharaon est en effet le chef des magiciens de son royaume
1. Cf. Maspero, Les contes populaires de l'Egypte ancienne, ^* édition, p. 161 et suly.
et DOURritviciiiirons plus loin sur ce caractère spécial des roia d'Egypte. Mais les simples parLiciiliers pouvaient aussi se défeodre des attaques d'un reveiiant pourvu qu'ils connussent une formule efficace, celle-ci, par exemple, qu'un papyrus de Leyde nous a conservée : « Si on est iittaqué par un mort, le soir quand on se déshabille, placer sous la tête de l'individu (cette formule) : « Les beautés d'un tel sont les beautés d'Osiris; sa lèvre supérieure est celle d'Isis ; sa lèvre inférieure est celle de Nephthyti, ses dents sont comme des glaives, ses bras sont comme ceux des dieux, ses doigts sont comme des serpents divins, son dos est comme celui de Seb,... etc. // n'y apas un siuldeses membres qui ne sait comme ceux d'un dieu. » Paroles à dire sur une amulette pour guérir et charmer les membres de l'individu et ses maux. Il faut les réciter quand un mort m&le ou femelle attaque l'individu qui se déshabille et l'entraîne le soir pour le tourmenter'. > Nous reconnaissons encore une fois ici la supercherie qui consiste à s'approprier la personnalité d'un dieu vainqueur de ses ennemis pour leurrer l'adversaire et le mettre dans une situation telle que, si la magie imitative dit vrai, il aura sûrement le
Le magicien ne sait pas seulement combattre les maladies ou les accidents; il excelle à les prévoir.