‹ Au temps des PharaonsChapitre 85 sur 87 · Exode, VII · texte numérisé non relu

Exode, VII

venue d'un autre magicien? Les textes connus jusqu'ici expliquent tout le pouvoir magique par la possession et la science des formules ; mais il est probable qu'en Egypte, comme ailleurs, cette connaissance devait s'accompagner d'un état de grâce particulier obtenu par initiation ou révélation. Jusqu'ici les documents nous manquent, ou n'ont pas été assez bien interrogés pour que nous puissions savoir comment, par qui ou par quoi, le magicien était initié. Il semble certain, d'autre part, que le pouvoir du magicien devait s'attester par un signe matériel. En Australie, par exemple, ce signe est une substance réputée magique, telle que des morceaux de cristal de roche, que, lors de son initiation, le magicien est censé absorber; ou bien, c'est un os de mort dont il s'arme. D'après les textes des Pyramides, nous savons que la magie (hikaou) d'un individu est considérée comme une substance matérielle qui se mange, ou qu'on s'assimile, et dont la présence dans le corps est aussi nécessaire aux dieux, aux morts, à tous les êtres doués de force magique, que les morceaux de cristal pour les sorciers australiens *.

D'ailleurs la science magique et le prestige qui en découlait ne s'acquéraient qu'au prix d'un long travail et d'une vie exemplaire. Le magicien devait

1. Cf. la suggestive étude de Mauss : L'origine des pouvoirs magiques dans les sociétés australiennes, 1904. Pour les textes des Pyramides, voir OunaSy 506, 518. Cf. Lefébure, Sphinx, VIII, p. 29.

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fuir les tentations de la chair; la pureté rituelle ' et la chasteté' étaient une des conditions de son pouvoir. Aussi vivait-il en dehors de rhumaoïtè, perdu dans son rêve, l'esprit égaré par l'obsession des formules qui donnent le pouvoir souverain : tel héros des contes populaires, possesseur d'un grimoire tout-puissant, a no voyait plus, n'entendait plus, tant il récitait ce chapitre pur et saint; il n'approchait plus des femmes, il ne mangeait plus ni chair ni poisson ■; tel autre « n'avait plus d'occupation au monde que de déployer le rouleau des formules magiques, et de le lire (levant n'importe qui' B.

Entouré de ces inspirés, le Pharaon possède luimême par intuition la science qui les agite. Fils des dieux, doué des grAces surnaturelles, armé d'armes magiques, couronné de diadèmes animé? en qui s'incarnent des déesses, le front ceint de l'urœus, déesse des incantations*, le roi est le pre-

1. Voici quelles iadicatious doone but la pureté rituelle du magicien le text« connu sons le nom de récit de la Destruction da honntt : • Celui qui prononce ces paroles lui-même doit se frotter de baume et d'baile Oae. 11 doit aroir un encensoir dans les mains et des parfums derriËre les deux oreilles. Ses lâvres doivent être pnriSées avec du nalroo. 11 est yétu de deux robes neuves, cbaussé de souliers de bois. L'image de HAIt est sur sa IsDgDe peinte en coalenr ttalcbe. Lorsque Thot veut lire ce livre k RA, il se pnrifle lui-même par des puriOcatioas de jours. Les prêtres et les hommes doivent Taire de même. >

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