Capucines, 13 mars
334 AU "ÇHÉATRE
heureuses des music-halls, persister, six ou huit mois durant, la même revue à transformation, où l'infatigable auteur retranche ponctuellement les scènes un peu fatiguées, rajoute, suivant l'actualité, des scènes neuves. Et seules les entreprises de cinémas mettent la même justesse à rafraîchir, au moment voulu, leur approvisionnement de films.
En vérité, l'on nous comble. C'est beaucoup de revues; ce sera bientôt un peu trop. Le public donne, je le sais, le public marche. Mais il ne faudrait pas abuser. Quand on abuse d'un engouement, il devient vite une lassitude. Et ce n'est pas, bien entendu, la revue de M. Michel Carré qui m'inspire ces réflexions de mauvais augure. Car, si elle est la plus actuelle, la plus momentanée de toutes les revues, elle n'est certainement pas la pire.
Il y a là des pièces du jour : Chantecler et Le Danseur Inconnu; les plaisirs du jour : puzzle et patinage à roulettes; les modes du jour, les vices du jour; les faits du jour : le nouveau billet de banque et la démolition de Bullier; les conférences du jour ou de la veille : W^^ Cécile Sorel et la volonté d'être belle; M. de Massa et les souvenirs du second Empire. Cette dernière actuahté permettait d'ailleurs d'introduire dans la revue le petit condiment de satire politique