MM. MICHEL CARRÉ ET ANDRÉ BARDE
auquel nous accoutuma l'usage. Le tout est coupé de divertissements, et, sans doute pour marquer la coïncidence avec le ballet de M. Reynaldo Hahn, M^i^ Lenclud, qui esquisse des pas annamites (?) au second acte, bat des entrechats Louis -Philippe au premier. La fête s'achève par un mariage morganatique entre Mme (Je Vaughan et le roi de Portugal.
Je n'ai qu'une objection. J'ai cru entendre un couplet sur les costumes de bain de mer. Ce couplet avance; on aurait dû le garder pour la revue d'été. Mais, cette réserve faite, tout est au point. Si quelques personnalités passent les bornes, si un certain nombre de sous-entendus m'ont paru grossiers plutôt que gaillards, en revanche une bonne proportion des plaisanteries et des à-peu-près m'ont semblé drôles. Et j'ai remarqué au passage des couplets vraiment jolis, bien écrits, bien coupés, bien rimes, sur cette mode des « mouches », oubliée depuis cent vingt ans, et dont la résurrection nous menace, parait-il.
AUTRE REVUE DE M. RIPi
J'ai eu beau me forcer. Je ne suis pas parvenu à trouver ça très drôle. Et pourtant il aurait fallu que ce le fût beaucoup, beaucoup, pour que Ton passât sur l'impression de monotonie, de fatigue^ de résistance un peu dégoûtée qu'excitent à la longue ces revues trop vues, toujours renouvelées et toujours pareilles. Je sais bien que M. Rip a de l'esprit, qu'il a même du talent, et si Bigre! n'est pas sa meilleure revue, ses revues sont assurément les meilleures du lot. Je suis bien obligé d'avouer aussi que la mode dure, que le public suit encore, et qu'il fera sans doute à Bigre! un fructueux succès d'argent. Mais, tout de même, j'espère bien que c'est la fin. J'espère qu'on se lassera au bout du compte de voir apparaître, pour la centième