CHAPITRE PREMIER
paraît le rendez-vous des réunions mondaines et des faciles promenades. Par hasard, pendant notre passage, une excellente musique militaire, sous la direction d'un Allemand en habit noir et chapeau de soie, s'y fait entendre, et toute la haute société s'y trouve réunie; des dames en toilettes élégantes se prélassent en voitures découvertes qui se suivent à la queue leu leu. On se croirait autour du lac, au bois de Boulogne. Mais plusieurs femmes indigènes, bien que vêtues de tapageuses toilettes, ont la tétc couverte d'une sorte de mitre blanche et bleue, et contrastent, autant par la vivacité de leur allure que par leur teint olivâtre, avec la bienséante indolence des miladies dans leurs victorias. Elles appartiennent, du reste, à la haute société, et paraissent, à ce titre, admises non pas seulement à la ceinture dorée, mais également à la fréquentation des pudibondes renommées. Les hibiscus, les manguiers, les jackiers polos, les canneliers, puis des arbres à larges feuilles qui abritent merveilleusement du soleil, les bananiers, et de nombreuses fleurs fout une ravissante enceinte. C'est une féerie, vraiment, pour des gens échappés à vingt-cinq jours de mer.
En ville, on rencontre des types évidents de races fort diverses. En outre des Anglais, les Hollandais y sont, paraitil, encore nombreux, bien qu'ayant été chassés depuis plus d'un siècle de toutes leurs possessions dans l'île. Les races indigènes y sont également très diverses. Ce sont surtout des Cinghalais, dont le teint varie du brun clair au brun foncé, suivant qu'ds habitent la côte ou le centre montagneux de nie, et qui affirment leur origine commune, autant dans leur langage habituel, le pâli, que dans leur religion, qui parait être le bouddhisme. H y a aussi des Malabares, généralement de couleur plus foncée, d'apparence plus robuste, |)lus soignée, et pour la plupart adonnés au commerce, puis des Hindous et quelques Bedas ou Wadas, les premiers habitants de l'île, mais que les diverses occupations européennes ont sans cesse refoulés vers la région montagneuse, où ils vivent en véritables sauvages.
On pratique, en conséquence, à Ceylan plusieurs religions.