‹ Au Tonkin, 1884-1885Chapitre 33 sur 104 · AC TONKIN · texte numérisé non relu

AC TONKIN

les rccommandalions spéciales à chaque service; il recommande à nouveau d'éviter le {^aspilla^^e des munitions, dont les approvisionnements, en raison des difficultés du transport, sont forcément très réduits. « Les officiers et sous-officiers, dit-il, doivent tenir les hommes dans la main, calmer ceux qui se surexcitent, surveiller les hausses, et s'avancer à bonne distance avant de commencer le feu. »>

Telles sont les dernières instructions.

J'ai réussi, j'espère, à aménager et à pourvoir l'anihulancc de manière à la rendre pratique. Grâce à Mgr Colomer, j'ai pu me procurer soixante catéchistes qui ont consenti, malgré les menaces des pirates, à nous suivre partout où pourra nous accompagner également leur missionnaire, l'abbé Velasco, que j'enrôle sous ma responsabilité, et bien que n'en ayant pas reçu encore l'autorisation, à titre d'aumônier et d'interprète. J'ai pu, de même, grâce encore à la mission espagnole, me procurer les lanternes, falots et huile jusqu'à ce jour vainement demandés au commissariat de la marine. J'ai pu faire confectionner quatre-vingts brancards, et, passant outre les formalités administratives, me procurer cent matelas et autant de draps de lits.

L'ambulance peut ainsi temporairement abriter et soigner, à bord même des jonques, les blessés et malades qu'elle y recevra pour y attendre la possibilité d'une évacuation sur l'hôpital d"Haï-Zuong, actuellement encore inhalntable, et de plus, en raison de son éloignement de la citadelle et de sa proximité du fleuve, très sérieusement menacé d'incendie.

Dès ce soir, nous sommes installés, mes collègues, l'aumônier et moi, sur une jonque que nous trouverons très confortable, si les moustiques veulent bien nous accorder quelques hexH'es d'un repos dont nous avons un réel besoin.

Et m'étant ainsi efforcé d'être à hauteur de mon devoir, ayant donné ma dernière pensée à ma fille, à toute ma famille, je puis m'écrier satisfait : " En avant, avec Dieu, pour la patrie! " Ce fut aussi le dernier mot de mon père, quand je le quittai.

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7 mars. — L'ambulance a passé à bord, sans mouvement, toute la nuit du (i au 7, Notre aumônier, el seîîor Velasco, habitué an rude métier de missionnaire, a dîné avec mes collègues et moi, récité son bréviaire, dit lu prière et s'est endormi d'un parfait sommeil. Quant à nous, préoccupés peut-être du lentlomain, accal)lé.s par la cbaleur humide, énervés par d'incessantes piqûres de moustiques, il nous a été impossible de fermer Tœil. Cette longue nuit d'insomnie s'oublie du reste facilement, alors que, dès le jour, le Kiang- Nom, petit remorqueur commandé par un Chinois à notre solde, vient nous amarrer et se mettre à ma disposition.

Conformément à l'ordre, les jonques d'ambulance prennent place, dans le convoi, derrière le parc d'artillerie et les aponteraents sur radeaux préparés par le génie. Et le soleil, que nous avions à peine entrevu depuis notre arrivée au Tonkin, vient, chassant les brumes de la nuit, nous promettre une belle journée, surtout faciliter la marche probable à travers les rizières, par conséquent faciliter un plus rapide succès. Il faut, dit l'ordre, s'emparer d'abord des hauteurs fortifiées de Phu-Lac, de Gau-Trau et de Naou, entre la rive droite du Song-Cau et la rive gauche du canal des Rapides, puis se rabattre ensuite sur le marché de Chi, de manière à permettre à la première brigade, venant de Hanoi, par la rive droite, le passage, en ce point, du canal des Rapides, et la disposition du chemin d'accès vers Bac-Ninh.

Telle est la première opération projetée.

Ainsi, le corps expéditionnaire paraît vouloir concentrer ses forces entre la rive gauche du canal des Rapides et la rive droite du vSong-Cau. La première brigade, général Brière de risle, avance par la rive droite du canal que les indigènes ont creusé sur une longueur de 00 kilomètres environ, avec une largeur moyenne de 10 à 15 mètres et des talus parfois fort élevés, pour relier le Thaï-Binh et le Song-Cau au fleuve Rouge, à proximité d'Hanoï. Elle évite ainsi la route directe d'Hanoï à Bac-Ninh, où les Chinois ont, dit-on, accumulé les défenses. iNIais notre aumônier assure qu'ils ont prévu ce mouvement, et que déjà ils ont complètement inondé la plaine

en avant de Bac-Ninh à l'aide dun immense barrage qu'ils ont établi sur le Song-Cau, à hauteur de Lag-Buoï, s'opposant ainsi aussi bien à la marche par terre qu'au passage des bateaux remontant le Song-Cau. On le verra l)ien, disent les camarades. De pareils obstacles ne sont pas capables d'arrêter longtemps des soldats.

Et causant ainsi, l'ambulance remonte tranquillement le Tai-Binh. A droite et à gauche, le pays est vérital)lement beau, d'une verdeur de printemps, admirablement cultivé, très peuplé et d'apparence presque riche. Les nombreux villages que nous apercevons sont autant de gaies oasis. Et cependant, les indigènes qui nous suivent des veux sont chétifs, misérables, couverts de sordides haillons. Leur fortune territoriale n'est-elle donc qu'une illusion?

Le Thaï-Binh, large de 150 mètres en moyenne, a, dit notre abbé, des courants profonds, très rapides et fort dangereux ; il est très poissonneux et dépose un abondant limon. La marée y demeure sensible jusqu'aux Sept-Pagodes, où nous arrivons, ce soir, vers cinq heures.

Le drapeau flotte, à mi-côte, sur une grande pagode qui est la résidence temporaire du général de Négrier. Nos soldats bivouaquent au pourtour. La flottille [Pluvier, Eclair^ Trombe, Lynx) est mouillée devant nous. Sur la rive gauche, une pyramide consacre, disent les indigènes, la mémoire du roiMacaoh? Les hauteurs de la rive droite sont également garnies de troupes. Au-dessous, le village de Phu-Laï ou des Sept-Pagodes, composé, paraît-il, d'indigènes catholiques, pour la plupart. A peine arrivé, je reçois du capitaine Fortoul avis que la brigade se portera en avant dès le matin pour attaquer les hauteurs, entre le Song-Cau et le canal des Rapides. La flottille, remontant le Song-Cau, appuiera le mouvement. Et il m'invite à prendre des dispositions en conséquence.

Je décide donc que l'ambulance sera immédiatement divisée en deux sections, la première destinée à accompagner les mouvements à terre; la seconde, demeurée sur jonques, à suivre les mouvements de la flottille pour recevoir, abriter et soigner les blessés évacués par la première. Je confie l'am-

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bulance de combat au médecin-major Baudot, accompagne de l'aide-major Achard, de l'ofHcicr d'administration Darbon, de vingt-quatre infirmiers, de cinquante coolies porteurs, et de tous les brancards dont je dispose. La seconde section demeure, avec dix-huit infirmiers seulement, sous la direction de M. Renaud, aide-major, assisté du pharmacien Manget et de l'officier d'administration Guitton.

l^es dispositions que je prends, et surtout la rapidité que je demande pour le débarquement du personnel et du mate'riel, ne sont pas du goût de l'officier d'administration finition, que je suis oblige d'inviter à evcculor strictement mes ordres. J'ai eu déjà, du reste, ])endant une période de man(L'uvres sous Blida en septembre 18<S0, l'occasion d'apprécier cet officier d'un réel mérite, mais toujours porté à discuter les ordres du médecin, dont il n'admet pas encore l'autorité dans la direction du service de santé. Heureusement, alors que je suis dans l'obligation de renouveler mon ordre, arrive près de moi le commandant Crétin, sous-chef de Tétat-major du général Millot, lequel vient demander asile à rambulancc. Et l'exécution s'impose, dès lors, sans hésitation.

Mon compatriote le commandant Crétin, mon camarade de collège, est de mon âge. Sa figure intelligente, énergique, sent la guerre qui l'a vieilli au physique sans l'entamer au moral. 11 est, me dit-il, tout heureux d'être mis en rapport avec el senor Velasco, lequel, grâce à sa connaissance du pays et à son infiuence sur les catéchistes, peut lui donner des renseignements utiles sur les positions occupées parles Chinois, la nature de leurs ouvrages défensifs, les meilleurs itinéraires à suivre, ceux au contraire qu'il faut éviter. Il me demande instamment de le laisser à sa disposition et le remplace par un boy qui, dit-il, pourra me servir d'interprète temporaire.

3 mars. — A cinq heures, la brigade commence son mouvement, se dirigeant vers les ouvrages de Yen-Dinh, qui sont l'objectif de cette première étape. L'infanterie, développée par compagnies, suit à la queue leu leu les digues de séparation des rizières. L'artillerie avance péniblement. L'ambulanpe

vient immédialemenl derrière elle. Un bataillon du 11 Informe l'arrière-garde. La flottille suit ou parfois précède quelque peu la troupe, dont on distinjjue du reste facilement tous les mouvements, à proximité de la rive droite du Heuve. L'am])ulance sur jonques accompagne le Pluvier.

A huit heures et demie le canon commence à gronder. Ce sont, semble-t-il, nos batteries de position dans la bouche du Thaï-Binh et du canal des Rapides, qui engagent Fattaque. La flottille, sous les ordres du capitaine de frégate Morel de Beaulieu, à bord du Pluvier, se trouve alors à hauteur de Phu-Lam. Vers dix heures, je suis avisé qu'une centaine de coolies porteurs viennent d'arriver aux Scpt-Pagodes, et s'y tiennent à la disposition tie l'ambulance. Mais le Pluvier, à qui je demande de les faire immédiatement remorquer, m'avise « qu'étant échoué et dans une mauvaise position, il a besoin, actuellement, de tous ses moyens d'action, et n'en peut mettre aucun à ma disposition; il m'invite même à passer devant lui, ne pensant pas, dit-il, pouvoir se déséchouer avant demain matin, ni par conséquent se passer d'un remorqueur qu'il m'enverra, dès qu'il le pourra, pour ramener des Sept-Pagodes les coolies attendus. » Heureusement, il n'v a pas urgence, et le terrain étant libre, ces coolies pourront arriver par terre.

A onze heures, l'ambulance est en avant du Pluvier et s'engage, derrière le Lynx, dans le Song-Cau. Déjà nos soldats se sont emparés de la plupart des hauteurs fortifiées de la rive droite. On les dislingue nettement à l'assaut du fort Nao, dont les Chinois s'enfuient en désordre, poursuivis par la mitradle de nos hotchkiss. Successivement tous les retranchements sont enlevés dans un irrésistible élan.

Vers deux heures, nous sommes maîtres du fortde Do-Son. Quelques obus éclatant avec j)récision au centre des ouvrages ont facilité l'assaut. Et le draj)eau de la France flotte là où, il V a fjuelques instants à peine, flottaient innombrables les divers pavillons des Chinois.

La victoire est complète; elle n'est pas sans tristesse. Elle nous a coûté la mort d un jeune sous-lieutenant du 23%

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M. DlicIicz, allcint à l'altuquc du villa^jc de Yen-Dinh d'une halle dans la Ictc, et huit hlessés, parmi lesquels le soldat llusson, du 2;i% atteint d une halle au niveau de ronibilic, le tirailleur indigène sergent Giaps, atteint de fracture coniminutive avec délaljrenient de l'articulation du genou droit, paraissent seuls en danger.

L'aménagement de l'amhulance à hord des jonques est encore hien rudimentaire. Heureusement, le nomhre restreint des blesses permet de leur donner, immédiatement, avec les soins nécessaires, un abri suffisant jusqu'à leur évacuation possible vers l'arrière. Les Chinois ne paraissent pas, euxmêmes, avoir subi de bien grandes pertes. Cependant plusieurs cadavres, abandonnés dans les rizières, n'ont pas encore été relevés. L'ambulance demeure, précédée de la flottille, mouillée à hauteur du village de Yen-Dinh. Toutes les hauteurs avoisinantes sont joyeusement couronnées des feux de bivouac de nos soldats. Les catéchistes, envoyés sous la surveillance de nos infirmiers à la recherche des blessés, assurent que les Chinois se massent vers Bac-Ninh et au delà du barrage établi sur le Song-Cau, à hauteur de Lac-Buoï, mais qu'ils paraissent démoralisés par la hardiesse de notre attaque.

Dimanche 9 mars. — La brigade conserve ses positions, attendant, parait-il, pour avancer, l'arrivée annoncée de la première brigade, avec le général en chef.

A lamlndance, un jeune prêtre, l'aumônier Mac, envoyé d'Hanoï, nous arrive accompagné du missionnaire Velasco, et peut immédiatement célébrer la messe, à laquelle assistent la plupart des officiers. Les prières dites, les honneurs militaires sont rendus au lieutenant Duchez, dont le corps, déposé dans un modeste cercueil, sera, ce soir, inhumé aux Sept-Pagodes, où il sera conduit par notre nouvel aumônier, assisté d'un sergent et de quatre infirmiers.

Les jonques d'approvisionnement, remorquées par le Sontay., sont mouillées en arrière de l'ambulance, sous les ordres du sous-lieutenant Lobics du 1 1 1'. Conformément aux

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ordres du général, les jonques, au fur et à mesure qu'elles sont vidées, sont mises à ma disposition pour être aménagées en vue des prochaines éventualités. J'obtiens plus difficilement les coolies qui sont également destinés à Tambulance, et dont chaque service réclame sa part.

Dans la soirée, le général en chef fait communiquer Tordre suivant :

(I L'ennemi occupe encore les hauteurs du Trung-Son au Song-Cau. Le général Brière de Tlsle et le général en chef passeront demain, 10 mars, le canal des Rapides à hauteur de Huong-Van. Le deu.vième bataillon du 4' de marche (143") et la section du génie partiront à sept heures du matin, occuperont Van, s'v fortifieront et fourniront des travailleurs pour faciliter le passage des troupes. La ligne Yen-Dinh Dao-Son au marché de Chi est évacuée par l'ennemi n .

Cet ordre eût pu, sans doute, être exécuté dès ce matin, car les rapides succès du général de Négrier ont libéré le canal des Rapides, dont le passage ne souffre plus actuellement aucune difficulté. Mais le général Millot parait n'être pas prêt encore à marcher de l'avant.

10 mars. — Même mouillage de la flottille à hauteur de Yen- Dinh, même immobilité des troupes sur les hauteurs avoisinantes. L'ambulance en profite pour faire convenablement aménager, avec l'assistance des charpentiers du Lynx, du Pluvier,dn Léopard et de r^,9^/c, gracieusement mis à ma disposition, quatre nouvelles jonques, qui pourront recevoir et abriter dans de bonnes conditions une centaine, au moins, de malades ou de blessés.

Nos malades et blessés sont évacués, à l'aide d un remorqueur, sur l'hôpital d'Haï-Phong.

11 mars. — Toujours au même mouillage. Et nous avons à déplorer la mortd un infirmier, le soldat Debeaune, qui s'est noyé en franchissant un passage de j>lanches, entre deux jonques. Linfirmler Debeaune, victime de son devoir, était un très bon serviteur. Malgré les efforts de deux de ses

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camarades, que je n'ai, du rcslc, autorises à se jeler à l'eau qu'après les avoir attachés à l'aide d'une corde passée à la ceinture, le corps n'a été retrouvé que trente-cinq minutes après la chute. Il avait été entraîné déjà à près de 200 mètres, où il a été recueilli à l'aide de fdets jetés par des pêcheurs indigènes. Tous nos efforts, malgré leur longue persistance, sont demeurés impuissants à le ramener à la vie. Et j'en profite, tristement, pour rappeler à tous conîl)ien, en raison des courants de fond, les rivières du delta sont dangereuses. Il est très rare, disent les indigènes, qu'un homme saisi par l'un de ces courants réussisse à y échapper; la mort, fùt-il un excellent nageur, est presque fatale.

Le corps de Debeaune sera, ce soir, transporté aux Sept- Pagodes, accompagné de l'aumônier et de six infirmiers, et inhumé à côté de celui du sous-lieutenant Duchez.

Dans la soirée, pendant une excursion à terre, dans le voisinage de Yen-Dinh, nous apercevons, à quelque distance, l'unde nos aérostats d'exploration. Les indigènes, dit l'abbé Velasco, se demandent effrayés ce que peut être cette grande lanterne française, perdue dans l'espace où elle emporte des hommes. Ils comprennent qu'elle est, entre nos mains, un puissant moyen d'action, et assurent que les Chinois, très démoralisés déjà })ar notre attaque du 8, prévolent déjà leur déroute, et préparent leur retraite vers Lang-Son et Thaï-Nguyen.

« Sûrement, dit l'abbé Velasco, si la flottille, accompagnée d'une partie de la brigade, pouvait, à partir des Sept-Pagodes, remonter le Song-Thuong-Gian, elle réussirait à leur couper la retraite et pourrait facilement les disperser. "

Le fait ne paraît pas avoir été prévu. Et nos forces réunies sont, sans doute, supposées nécessaires à la prise de Bac- Ninh.

Grâce encore à notre missionnaire, qui nous est décidément un précieux auxiliaire, le général, sur ma demande, fait immédiatement remettre en liberté un pauvre diable égaré dans nos lignes, porteur d'une letti e suspecte, reconnue n'être, en réalité, qu'une réclamation d'argent à un marchand d'Haï- Zuong.

La concentration du corps expéditionnaire est accomplie, dit la rumeur. Et la brigade se mettra sûrement en mouvement demain, dès l'aube, pour tourner la position de Lag- Buoï, pendant que la flottille, partant de Yen-Dinh, attaquera directement le barrage du Song-Cau.

12 mars. — Dans la nuit nous recevons Tordre suivant : Il L'ennemi occupe une première ligne de défense dont la droite est appuyée à la droite du Trung-Son et la gauche au Song-Cau, vers le village de Yaï. Entre ce village et celui de Lac-Buoï, un barrage ferme le fleuve. La deuxième brigade partira de Dao-Son à six heures et demie du matin, et se portera sur la ligne ennemie. La flottille, parlant de Yen- Dinh, remontera le Song-Cau, détruira le barrage de Lac-Buoï et appuiera l'attaque de la deuxième brigade.

«La première brigade quittera son cantonnenientde Xam à six heures et demie du matin; elle se portera d'abord au marché de Chi, en suivant la rive gauche du canal des Rapides, et se dirigera ensuite sur le Trung-Son, dont elle s'emparera.

12 mars. — Tout semble prêt. La flottille s'est, pendant la nuit, renforcée de la Trombe et de VEclair et se met en mouvement dès huit heures du matin. Le temps est superbe et le soleil inonde l'immensité d'une plaine couverte d'ondoyantes rizières. Et déjà la fusillade crépite en avant de nous. C est, parait-il, la légion étrangère qui commence l'action. Les populations riveraines j)araissent vivement impressionnées, plus disposées cependant à s'approcher de nous que des Chinois, mais redoutant manifestement l'indiscrète curiosité de nos jumelles. Plusieurs, nous dit l'abbé Yelasco, sont des catholiques de la mission, ont eu beaucoup à souffrir des cruautés chinoises et nous sont sûrement dévoués.

Mais le canon gronde (il est huit heures et demie) et prépare vivement l'attaque du barrage. Les détonations des grosses pièces de la marine sont imposantes. Et dans la plaine, nos bataillons se succèdent dans un superbe élan. Voici d'abord la légion, suivie à courte distance des batail-

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Ions du 143% du 23"= et du 111% puis des compagnies de débarquement et de notre artillerie de campagne. Le fusil sur l'épaule, pour quelques instants encore, à travers la rizière, dans Teau jusqu'aux genoux, et n'en avançant pas moins dans une parfaite régularité. Mais voici que se dessine une grande chaîne de tirailleurs. Et bientôt des feux de salve remplissent l'espace. Les Chinois, solidement retranchés en avant du village de Kéroï, nous opposent une sérieuse résistance. Devant le barrage, la flottille accélère l'attaque. L'ambulance et le convoi de vivres suivent à courte distance.

A midi le feu cesse. Les Chinois ont abandonné la résistance du barrage, et voici que des chaloupes à vapeur emportent rapidement des travailleurs chargés d'en achever la destruction. La Carabine, sous les ordres du lieutenant de vaisseau Bauer, surveille le pénible travail que dirige le pilote Crochet, un vieil habitué du Tonkin. A terre, après une furieuse attaque, nos troupes ont emporté d'assaut les retranchements de Kéroï; elles sont actuellement maîtresses de ce gros village catholique, et le drapeau tricolore flotte au sommet de son étincelant clocher. La section d'ambulance qui a suivi, sous la direction du médecin-major Baudot, tous les mouvements de la troupe, n'a pas cessé d'être en rapports avec l'ambulance sur jonques, mais paraît n'avoir pas à soigner un grand nombre de blessés. Et les coolies porte-brancards que nos infirmiers accompagnent à travers la rizière nous reviennent à vide. L'action, vigoureusement menée et prudemment préparée, satisfait l'attente.

La journée cependant n'est pas finie. Les fuyards de Lac- Buoï et de Kéroï se précipitent vers Bac-Ninh, poursuivis seulement par quelques coups de canon et de fusil Et voici que nos bataillons, après deux heures à peine de repos, se rapprochent des digues du Song-Cau, précédés des compagnies de débarquement du capitaine de frégate de Beaumont.

On avance régulièrement, et l'ardeur de nos soldats leur fait oublier aussi bien les fatigues du matin que la boue des rizières et l'éclat du soleil. La légion étrangère, qui, ce matin, a poussé la première attaque, forme actuellement l'arrière-

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garde. L'artillerie suit péniblement la digue, traînée par des coolies, et poussée par les artilleurs, qui parfois sont obligés de soutenir les j)icces sur leurs épaules, ayant de la vase jusqu'au ventre. C'est inouï d'entrainement et de superbe endurance.

Vers deux heures, de nouveaux feux de salve s'entendent à quelque distance en avant du barrage, que la flottille demeure encore impuissante à franchir. Nos troupes, me dit l'abbé Velasco, paraissent actuellement aux prises avec l'ennemi vers Dap-Cau, et doivent sûrement y rencontrer une redoutable résistance. Et de nouveau l'artillerie gronde dans le lointain. Il s'agit d'enlever l'importante position de Dap-Cau, qui est, sur le Song-Gau, la défense avancée de Bac-Ninh, et que domine un fort solidement armé. L'élan est irrésistible. A cinq heures, des catéchistes assurent que nous sommes maîtres de la situation, que les Chinois s'enfuient, et que nos troupes avancent rapidement vers Bac-Ninh. De fait, le canon tonne sans relâche, mêlant ses terribles éclats à ceux plus éloignés des feux de salve de l'infanterie.

a Les Français sont terribles, disent nos coolies catéchistes, mais en bien petit nombre, car il y a vingt mille Chinois devant Bac-Ninh. »

Et vers cinq heures du soir je suis avisé, par le commandant Morel de Beaulieu, que le drapeau tricolore (lotte au sommet du mirador de Bac-Ninh ! L'enthousiasme est indescriptible. Le succès dépasse toutes les prévisions.

Mais les renseignements arrivent de tous côtés, ils précisent la victoire.

(I La première brigade, disent-ils, a longuement canonné les hauteurs de Trung-Son, pendant que le général de Négrier, remontant la rive droite de Song-Cau, enlevait Kéroï et Dap- Cau, puis se précipitait audacieusement sur Bac-Ninh, dont les Chinois s'enfuirent en désordre. » L'attaque de Kéroï, vigoureusement menée par le lieutenant-colonel Duchenne, de la légion étrangère, assiste du li'V de ligne avec le commandant Farret, du 111% et du :23' en soutien avec le lieutenant-colonel Defoy, a été superbe d'irrésistible élan. Baïonnette au canon,

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nos soldats, dans une lutte corps à corps avec les Chinois, les ont repoussés en désordre vers Hac-Ninh et I3ap-Cau, pendant que lu flottille et les compa{j;nies de débarquement les rejetaient de toutes leurs positions autour du barrage sur le Song-Cau.

Et l'audacieux général, après une reconnaissance hardie du terrain et deux heures seulement de repos, n'a pas hésité à précipiter l'attaque : » 11 faut, dit-il, enlever le fort de Dap- Cau. )) Et le commandant de Beaumont, avec les compagnies de débarquement, les bataillons du 23" et du 111% soutenus ])arla légion et par le li-V\ se précipite en avant, difficilement suivi par l'artillerie, dont les affûts demeurent à chaque instant embourbés, et demandent de prodigieux efforts. Les Chinois, embusqués derrière une épaisse balustrade dont nos soldats sont séparés par un large aroyo, l'ésistent en désesjiérés. Mais la compagnie de débarquement, conduite par un jeune enseigne de vaisseau, M. Olivieri, réussit à s'emparer d une étroite passerelle (jui unit les deux rives, se moque des balles qui pleuvent, se précipite à l'assaut de la palissade, en chasse l'ennemi à coup de baïonnettes et le poursuit jusque sous les remparts de Dac-Cau, que notre artillerie, ra[)idement mise en batterie sur la digue même du fleuve, crible de ses obus.

Et bientôt nos clairons sonnent éperdûment la charge. Légionnaires, marsouins et soldats sont mêlés dans une irrésistible poussée; les fossés sont franchis, les portes enfoncées, et le drapeau tricolore, enlevé par l'enseigne de Marliave et le quartier-maître Morel, plane glorieux là où, il y a quelques minutes à peine, flottait l'étendard de l'ennemi.

Gela ne suffisait pas. Il fallait profiter de l'effarement des Chinois et s'emparer de Bac-lNinb, avant de leur donner le temj)s de s'y reformer. Le généi'al de Négrier le comprit. Et toute la brigade, ayant à peine louché Dap-Cau, s'élance à nouveau contre les fuyards qui cherchent un abri derrière les redoutables remparts de la citadelle. Bientôt l'artillerie, en batterie sur les hauteurs de Dap-Cau, couvre la ville d'une pluie d'obus, fait sauter les magasins à poudre et brûle impitoyableîîi rit les maisons suspectes. La résistance est insigni-

fiante, du reste. A peine quelques bandes en désordre répondent à Tattaque. Et quand nos troupes pénètrent, elles trouvent la ville à peu près abandonnée, vide aussi bien de défenseurs que d'habitants. A cinq heures du soir, le drapeau tricolore flotte, glorieusement plante par le lieutenant Macard, de la légion, sur le haut mirador de Racî^inh, à la place du drapeau impérial jaune et bleu, que les fuvards chinois nous ont misérablement al)andonné.

Cet éclatant succès paraît nous avoir coûté peu de monde. A six heures, deux blessés seulement ont été apportés à l'ambulance. Peut-être la section à terre est trop éloignée pour pouvoir rapidement arriver jusqu'à nous. Et le barrage, l)ien que largement ouvert déjà, ne permet pas encore le passage des bateaux. La flottille poursuit activement le travail. Et c'est pénible, autant qu'il est possible d'en juger. Qu'on se figure une énorme digue de plusieurs mètres d'épaisseur, formée de jonques coulées sous une accumulation d'énormes pierres, maintenue solidement fixée à l'aide de pieux profondément enfoncés dans l'eau et de fascines de bambous étroitement unis. Cette digue s'étend d'une rive à l'autre, ménageant seulement un étroit chenal pour le passage de légères barques à fond plat. De solides retranchements et des batteries dissimulées à mi-côte des mamelons de la rive droite et de la rive gauche, notamment vers les villages de Lac-Boï et de Lang-Yii, en défendent les approches, mais n'ont pas résisté longtemps à l'attaque de front de la flottille, combinée avec l'attaque de flanc de la brigade.

Vers six heures, alors que nous croyant complètement débarrassés de l'ennemi, nous revenions, quelques officiers et moi, d'une courte excursion à terre, deux coups de canon partent encore d'une batterie cachée, semble-t-il, à mi-côte d'un mamelon au-dessus du petit village de Cau, et deux obus viennent éclater à cinquante mètres de nous, à peine un peu en avant du barrage, heureusement sans blesser personne. L'Ec/o/r, commandant Levgues (1), répond, pour la forme, par

(1) Mort peu île temps après dans une atteinte de variole héinorraf^ique.

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dcuxol)us, sans cependant pouvoir distlnjjuer les pièces ennemies. Et c'est fini. Ce sont, semhle-t-il, au moins dans notre voisina{i[e, les dernières protestations des handes chinoises en fuite vers fjang-Son et Tliaï-iN(juyen, où sans doute nous allons activement les j^oursuivre.

La nuit se passe sans incidents. IjCS indifjènes des villajO;es riverains, oMigés, il y a quelques jours à peine, à la construction du barrage, sont maintenant requis par nous pour sa démolition, et paraissent volontiers s'y prêter. Mais le travail est diflicile, il faut arracher pieu par pieu, enlever les pierres et les fascines, et cela seulement pour élargir et creuser un chenal suffisant pour le passage de nos bateaux.

13 mars. — Le barrage est encore infranchissable. J'en profite, après le départ d'un premier convoi de malades pour l'hôpital d'Haï-Pbong, pour parcourir, en compagnie de mes camarades Achard et Renaud et de quelques infirmiers, les villages avoisinants, où peut-être des blessés sont demeurés. Tous ces villages, à droite et à gauche du fleuve, sont fortifiés, entourés d'énormes remblais qu'd faut escalader pour arriver jusqu'aux portes, solidement barricadées. Avec l'assistance des notables de l'endroit, militairement requis, nous pouvons fouiller le pays et nous assurer que nos blessés, fort peu nombreux du reste, eu égard à l'importance de l'action, ont été déjà recueillis. Et quelques Chinois ou indigènes, accidentellement blessés, disent-ils, sont seuls à réclamer des soins que chacun de nous s'empresse à leur donner. Quelques-uns même paraissent avoir en nous une confiance que ne paraissent pas leur inspirer les indigènes dont ils étaient, hier encore, les implacables maîtres.

Vers midi seulement le chenal est suffisamment déblavé pour permettre le passage d'une canonnière. Et de suite, l'ambulance remorquée par le Kiang-Nam se porte en avant, non sans avoir cédé, cependant, aux sollicitations de deux reporters, dont un Anglais, qui me demandent instamment de les prendre à bord, afin de leur permettre d'arriver plus

îm; au t o n k I n

vite à Bac-Ninh, et d'y apprendre les détails de raudacieuse victoire dont le général Maôlen (ainsi que les indigènes linhtaps et nos loustics désignent dorénavant le général de Négrier) a seul tout le mérite; car, dit-on, la première brigade, occupée hier, pendant toute la journée, devant les hauteurs du Trong-Son, se met seulement en route pour Bac-Ninh, où elle entrera sans avoir à tirer un coup de fusil.

Le remorqueur Ki'ang-Nam et l'amhulance sont donc les premiers à franchir ce redoutable barrage que les Chinois ont mis un an, paraît-il, à construire avec une remarquable habileté, qui paraissait devoir longtemps nous arrêter, qu'il eût été assurément facile de défendre, etqu ils ont misérablement abandonné, affolés, semble-t-il, par l'impétuosité de l'attaque.

Du barrage à hauteur de Dap-Cau, le pays, très accidenté, est lu.\uriant de végétation. Grim[)é sur la toiture du KinngiVam, appuyé à la hampe du double fanion de l'ambulance, je domine; et les riverains indigènes se prosternent humblement au passage du grand mandarin des médecins, ainsi qu'ils me qualifient. C'est de là encore que je puis, au passage, cordialement saluer le général de Négrier, que la canonnière Carabine conduit à son tour à la visite du barrage, où la flottille et les marsouins lui préparent une ovation bien méritée.

A une heure, le Kiang-Nam mouille sous le fort de Dap- Cau, devant une large passerelle de bambous qui, en cet endroit, relie les deux rives du fleuve, et que les Chinois, en fuite précipitée sur Lang-Son, n'ont pas pu détruire. J'ai le temps, avant l'arrivée des blessés que l'ambulance de terre a temporairement recueillis, de visiter le fort de Dap-Cau, si glorieusement enlevé par l'enseigne Olivier! et sa compagnie de débarquement. De là, en effet, on distingue facilement la ville et la citadelle de Bac-Ninh, à trois kilomètres environ, dans son enceinte de hautes murailles semées de miradors. Partout de solides redoutes se devinent, disséminées sur les mamelons avoisinants, et de larges fossés protègent les murs. On se demande, en vérité, comment une place si forte

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d'apparence, el si facilement dcfenclal)le, a pu si rapidement tomber en notre pouvoir, l'.t s'il est légitime de redire, à propos du général de Négrier, Vaudaces forliina jitvat de Virgile, il faut se ressouvenir aussi de Vmidax Japeti gcnns qui s'applique si manifestement ù notre race.

De l'audace et du coup d'œil, il en a fallu beaucoup, assurément, pour tenter une pareille attaque avec une poignée d'hoiumes, pour la j)lupart des conscrits, appelés ainsi à recevoir le baptême du feu et à surmonter des fatigues au.Kquelles ne résistent pas toujours les plus endurcis. Et le drapeau de la France flotte fièrement au sommet de la grande pagode royale que vingt mille Chinois, sous le commandement du redouté Luh-Vinh-Phuoc et du général Hoang- Ké-Si, de l'armée du Quang-Si, avaient entourée de formidables retranchements, dont ils connaissaient les immenses res sources et dont ils pouvaient très légitimement espérer nous chasser sans grands efforts. Cela fait bondir le cœur. Si désastreuse qu'ait été l'année terrible, on sent que la France vit encore dans de tels soldats, que notre armée, préservée des souillures politiques, a toujours dans l'âme l'héroïsme du passé. Noblesse oblige ! Et les bons chefs font les bons soldats.

Le fort de Dap-Cau est évidemment la clef de la citadelle de Bac-Ninh, qu'il domine d'une centaine de mètres environ. Gela e>iplique la hardiesse du général de Négrier n'hésitant pas à faire vite (Maolen, disent les linh-taps) et à profiter du désordre de l'ennemi pour brusquer l'attaque, sans attendre la venue de la première brigade encore en observation des hauteurs du Trung-Son.

Dans la soirée seulement, malades et blessés recueillis pendant ces deux journées à l'ambulance de combat sontconduits à bord par les soins du médecin-major Baudot (1). La nuit est fort obscure, l'accès des jonques très difficile à des hommes porteurs de brancards chargés, et nos lanternes absolument

(i) Devenu médecin principal de première classe, directeur du service de ganté du 11' corps d'armée et mort en octobre 1902.

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insuffisantes. A la hàle, nos coolies confectionnent, à l'aide de liges sèches de bambous, des torches qui nous donnent une superbe lumière. Et vingt-neuf blessés, dont quatre moi tellement atteints, sont confortablement abrités, soigneusement pansés, et placés dans les meilleures conditions pour être, dès demain, évacués sur Thopital d'Haï-Zuong, actuellement, paraît-il, en état de les recevoir. Alléger les souffrances de ceux qui ont vaillamment combattu, qui ont lutté jusqu'à l'épuisement des forces, qui ont répandu leur sang pour grandir la Patrie, on sent bien que, chez tous, c'est un besoin du cœur, et non pas seulement le banal accomplissement d'une mission spéciale. Et sous l'éclatante lumière des torches qui éclairent nos visages et nos actes, nos braves soldats le comprennent. Une chaude poignée de main vaut micu.\ qu'un long discours.

14 mars. — Ainsi que nous l'avions tristement prévu, deu.v de nos blessés — Hugard, de la légion étrangère, et Sguerin des fusiliers marins — atteints l'un et l'autre de déchirures par balle des viscères abdominau.\, sont morts pendant la nuit. Et nous n'avons pu qu'alléger leurs souffrances. Ils seront glorieusement inhumés au pied même du rempart qu'ils ont conquis au pri.v de leur sang.

Deu.v jonques, bien aménagées, emmènent, dès ce matin, tous les autres blessés et malades. Et ce mode de transport par eau , le seul du reste actuellement pratique dans la région, a 1 immense avantage d'éviter bien des souffrances.

A onze heures, tout est leiiainé. L'ambulance, entièrement libérée, est prête pour de nouvelles éventualités. Et nous avons, mes collègues et moi, toute liberté de parcourir, à notre tour, ce pavs que viennent de conquérir nos soldats. J'ai, du reste, la satisfaction d'être appelé à Bac-^sinh par le directeur du service de santé, M. Driout, et d'apprendre par lui, que je suis proposé pour le grade de médecin princq)al.

Du Sou;;-('.aM, (lovant Dap-Cau.à l'ac-Njnb. il v a Ii'dis Ivibi-

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