‹ Au Tonkin, 1884-1885Chapitre 35 sur 104 · CHAPITRE DKIIXIKMR IO · texte numérisé non relu

CHAPITRE DKIIXIKMR IO

peut immédiatement procéder aux j)anscments. Quel(|ues Jdessés cliinois sollicitent également notre assistance. Les autres ont été impitoyablement fusillés. La guerre est atroce!

17 mai's. — Dès le matin, à cinq heures, le général pousse une forte reconnaissance en avant, laissant une partie de son effectif à la garde de Lang-Kep. Contre toute attente, en effet, la brigade ne doit pas dépasser Cao-Son. Le pays devient très accidenté, à peu près inculte, coupé de torrents qu'il faut traverser sur des fascines de bambous hâtivement maintenues en travers. A 10 kilomètres environ, sur un mamelon qui domine le confluent d'un torrent au Song-Thuong, en cet endroit très encaissé, quelques maisons constituent le pittoresque village de Cliam. Mais les Chinois ont disparu.

L'eau de tous les torrents qui aboutissent au Song-Thuong, maljjré sa parfaite limpidité, est réputée malsaine et dangereuse. Elle paraît, de fait, subir des influences passagères, et parfois, notamment dans la région des montagnes, se charger de détritus végétaux fort dangereux. Les habitants, nous dit un Tonkinois recruté à Phu-Lang-Gian, où il exerçait la médecine, s'en abstiennent absolument. Tous les torrents que nous rencontrons sont, en effet, bordés d'une luxuriante végétation, véritable forêt vierge, dans laquelle dominent les solanées vircuses, véritables arbrisseaux couverts de fleurs à calice monosépale persistant, parmi lesquels notamment le datura géant et la strainoine à pommes épineuses d'une odeur nauséabonde très prononcée. Et c'est peut-être à la macération de ces plantes dans l'eau des torrents qu'il faut attribuer sa mauvaise réputation.

Sur mon avis, et par ordre du général, les hommes sont immédiatement avertis, invités à boire aussi peu que possible, à ne boire que l'eau du Song-Thuong et à s'al>stenir absolument de celle des torrents qui y aboutissent.

Aussi bien, tout le i)ays avoisinant est, parait-il, très malsain \ la fièvre pernicieuse y est endémique et n'en dispa-

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