CHAPITRE V
Le lieutenant-colonel l:]erbin{;er. — Marche sur Lang-Son. — Le col de Deo-Van. — Combats de Dong-Son, Thaii-Moï, Dio-Quao. — Combats de Pho-Vy, Bac-Viey. — Occupation de Lang-Son. — Ordre du jour. — Devant Tuyen-Quan. — Marclie et victoire de la brigade Giovaninelli. — Tuyen- Quan débloqué. — Reprise des hostilités devant Lang-Son. — Combat de Dong-Dang. — La Porte de Chine déuiantelée. — Désastre de Hang- Ba. — Combat de Ky-Lua. — Le général de Négrier gravement blessé. — Retraite du lieutenant-colonel Herbinger.
J'ai raconté ce que j'ai pu voir. Plus énergiques que moi, des amis ont résisté jusqu'au bout. D'autres, bien nombreu.x, hélas! ont payé de leur vie leur courageux dévouement. Mon camarade au régiment, le médecin-major Raynaud, a été tué et décapité, au combat de Bang-Bo, pendant que, sous le feu de l'ennemi, il s'efforçait d'arracher à la mort les blessés qui l'entouraient. Tués et décapites comine lui, mes amis le commandant Levrat de l'artillerie, le capitaine Mailhat, le lieutenant Normand et tant de ]>raves soldats qui furent autant de héros ignorés. Mon camarade de l'ambulance, le médecin principal Zuber, est mort, épuisé de fatigue, à Haï-Phong, peu de temps après la pai.v. Deux autres de mes amis de là-bas sont morts également, le premier, le colonel Letellier, du 1" régiment des tirailleurs algériens, ayant joui, pendant quelques années seulement, de la haute considération que lui avaient méritée ses brillants services; le second, le commandant Tonnot, des tirailleurs tonkinois, emporté par les fièvres de Madagascar, pendant qu'il y continuait la glorieuse tradition du drapeau. Ce sont leurs notes et impressions, fidèlement résumées, que je raconte ici. Elles sont la dernière page de l'expédition du Tonkin. Elles montrent, dans une succession d'héroïques