CHAPITRE TROISIÈME
préalable, écrasé de son talon la tête du serpent tentateur Kaliza (1). Ne croirait-on pas, en vérité, se retrouver en présence du dogme catholique de l'Immaculée Conception? Et comment, dès lors, ne pas admettre que brabmanistes et bouddhistes ont eu connaissance ou révélation, eux aussi, de la prophétie bien antérieure à la venue du Christ : a Voici que la Vierge concevra dans son sein et enfantera un fils, et il sera appelé Emmanuel, c'est-à-dire Dieu avec nous! »
Que conclure de telles analogies?
Jésus, en tant qu'homme, a sûrement ignoré la doctrine brahmaniste autant que le bouddhisme. Et les législateurs juifs les ignoraient presque certainement aussi. Peut-être même, Jésus ignorait l'Ancien Testament : « Comment sait-il les Écritures, disent de lui les Juifs, lui qui ne les a pas étudiées? »
Et Jésus de répondre : « Ma doctrine n'est pas de moi; c'est la doctrine de Celui qui m'a envoyé. » Puis encore : « Je ne suis point venu abolir, mais compléter la loi. Quoi donc de plus rationnel qu'admettre que le brahmanisme et son dérivé le bouddhisme, le judaïsme comme le christianisme ont leur source originelle dans une révélation première qui vient de Dieu? Le catholicisme est la perfection de cette révélation, complétée par l'enseignement du Christ, interprétée par l'Esprit saint, « La parole, le verbe est de Jésus, son intelligence et son amour sont de l'Esprit saint », a dit Bossuet.
Que si, d'ailleurs, il est absolument démontré que le brah manisme et le bouddhisme, comme le judaïsme, ont de plusieurs siècles précédé le christianisme, il n'est aucunement démontré que les doctrines brahmaniques ou bouddhistes, telles que nous les connaissons aujourd'hui, sont antérieures au Christ.
Brahmes et Bouddhas, comme Zoroastre, Confucius et Socrate, ont été des précurseurs. Les prophètes avaient, de tout temps, annoncé le Messie, la grande lumière qui éclai-
(1) La vierge Maya est dite aussi : la mère de la nature, l'emblème de la matière ou de l'illusion, la source de tous les phénomènes, la cause de la manifestation de toutes les existences*