‹ Au Tonkin, 1884-1885: notes, souvenirs et impressionsChapitre 172 sur 216 · S26 AU TONKIN · texte numérisé non relu

S26 AU TONKIN

delta, pendant que de son côté l'amiral Meyer bloquerait les côtes de l'Annam et surveillerait la Chine. Mais en même temps, et pour marquer une fois de plus son désir d'apaisement, le gouvernement crut devoir imposer au commandement la surveillance d'un commissaire général chargé de le garder de tout entraînement militaire, et de le maintenir dans la répression strictement indispensable pour pouvoir traiter utilement, tant avec la cour de Hué, que même directement avec les Pavillons noirs !

Assurément, mon ancien camarade d'école, le doeteur Harmand, qui avait été le compagnon de Oarnier, et déjà s'était illustré dans ses voyages en Indo-Chine, réunissait toutes les conditions d'intelligence et de patriotisme nécessaires à sa délicate mission. Mais il avait reçu, il recevait chaque jour, des instructions si formelles et si sévères qu'il ne crut pas pouvoif s'y soustraire.

Le général Bouët, de même que ses prédécesseurs, fut immédiatement convaincu de la nécessité d'une énergique action militaire. Le docteur Harmand crut devoir également agir.

Pendant que le général organisait la défense à Hanoï et se préparait à repousser aussi bien les Annamites et les Pavillons noirs que les Chinois qui tenaient toute la rive gauche du fleuve Rouge, Harmand mobilisa lui-même toutes les troupes dont il pouvait disposer en Cochinchine, confia l'administration à des fonctionnaires civils, et se mit en mesure de marcher contre Hué, à la tête d'une division navale, sous les ordres du contre-amiral Courbet. Et pendant que le général réussissait, non sans pertes considérables, relativement à l'effectif dont il disposait, à dégager toute la région entre Hanoï et le Day, sans pouvoir cependant pousser plus loin, l'amiral, de son côté, s'emparait des forts de Thuan-An et forçait les barrages de la rivière de Hué.

Alors, encore une fois, le gouvernement annamite vint solliciter la paix, s'engageant à reconnaître notre protectorat sur l'Annam et le Tonkin, à retirer immédiatement ses troupes du Tonkin, à nous remettre les forts de Thuan-An,

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