DEVANT LANG-SON
21 février. — La Chine vaincue ne paraît cependant pas encore décidée à s'incliner. L'armée du Quang-Si semble peu disposée à nous venir attaquer. Mais de nombreuses bandes, avisées du départ d'une partie de nos forces pour Tuyen-Quan, croient pouvoir se masser à hauteur de Dong-Dang, à quelques kilomètres à peine de la frontière, en avant de Lang-Son. Gela ne saurait impunément durer. Il importe de leur faire comprendre qu'il estenfin temps de déguerpir définitivement. Le général de Négrier décide, en conséquence, d'aligner à six jours les vivres de sac, et de marcher à leur rencontre.
23 février. — On se met en route dès sept heures du matin : le bataillon du III e , une compagnie de la légion étrangère, deux compagnies de tirailleurs tonkinois, deux batteries de 4 et une section d'ambulance. Douze cents hommes au plus. Vers neuf heures l'action s'engage. Vainement les Chinois, qui tiennent toutes les hauteurs de la cuvette dont le fond est occupé par le village de Dong-Dang, et qui sont beaucoup plus nombreux, s'efforcent de nous déborder. Ils sont partout maintenus, et bientôt obligés de se grouper sur un plateau qui domine à pic le village de Dong-Dang, qu'ils criblent d'obus. Mais la batterie de Saxe a tôt fait de réduire leurs pièces au silence. Il n'y a plus qu'à les chasser du redoutable plateau. La mission en incombe, avec le 111% au colonel Herbinger. De suite, il traverse Dong-Dang, et repousse à la baïonnette les quelques groupes qui lui barrent le passage. Mais il vient se heurter à la muraille à pic du plateau, il ne réussit pas à l'enlever et demeure hésitant.
Heureusement, vers la gauche, deux compagnies du 111% échappées à sa direction, ont pu rencontrer une brèche.