‹ Au Tonkin, 1884-1885: notes, souvenirs et impressionsChapitre 195 sur 216 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

26 mars. — Les Chinois, du reste, à part quelques patrouilles facilement écartées, ne paraissent pas empressés à la poursuite. Et la brigade, renforcée des contingents arrivés de France, peut, sans être inquiétée, se préparer à de nouvelles attaques. On en profile pour mettre en état de défense la rive gauche et le village de Ky-Lua, dont la face nord est pratiquement crénelée, pendant que la redoute est armée de pièces Krupp de 65 et de canons anglais de 4 précédemment pris à l'ennemi. On active également les travaux des routes, encore en assez mauvais état, notamment dans la ligne de jonction Thaï-Moï-Dong-Song, par le col de Déo-Quan.

27 mars. — Il en est temps, car voici que dans la soirée, des masses chinoises sont signalées, s'avançant en bon ordre, à 5 kilomètres environ de Ky-Lua. Ce n'est, du reste, encore qu'un avertissement, et le général se contente de placer des avant-postes qui nous mettent en garde de toutes éventualités.

28 mars. — Les Chinois avancent lentement, méthodiquement; ils prennent position sur toutes les hauteurs. Par ordre, nos avant-postes se replient devant eux, les attirant ainsi jusqu'à portée des redoutes de Ky-Lua. Alors la batterie de Saxe et le détachement d'artillerie de marine ouvrent le feu, et deux compagnies de la légion suffisent pour balayer rapidement le terrain, pendant que le 23 e et deux autres compagnies de la légion disséminent les masses qui, de droite et de gauche, à travers les marais, arrivent jusque sur les berges du fleuve. A leur tour, le 143°, un bataillon de là légion et les tirailleurs tonkinois, jusqu'alors en réserve à hauteur d'un gué qui pourrait permettre un mouvement tournant, prennent énergiquement l'offensive, et repoussent vivement les masses qui cherchent à nous déborder.

« Cependant, vers deux heures après midi, l'ennemi revient à la charge. On le voit sortir en masses profondes de Dong- Dang, se déployer régulièrement en demi-cercle dans les villages et sur les hauteurs qui forment les bords de la cuvette

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