‹ Au Tonkin, 1884-1885: notes, souvenirs et impressionsChapitre 34 sur 216 · AV TONKIN · texte numérisé non relu

AV TONKIN

plaisir des foyers de futures épidémies. Que lui "importe? Il n'est pas personnellement en cause ; il y a un médecin, l'apparence est sauve, c'est l'essentiel; il n'en désire pas davantage. Comment excuser une telle indifférence? Peut-être, ce ciel gris sans soleil, cet incessant crachin et l'atmosphère surchargée d'électricité m'impressionnent plus qu'il convient. Cependant , comment n'être pas ému de cette réponse écrite que fait le colonel Defoy aux observations techniques que j'ai dû lui adresser, tant au point de vue de l'organisation de notre service de santé régimentaire que des précautions hygiéniques à prendre !

« Au régiment, m'écrit-il, chaque bataillon est indépendant et s'administre lui-même. Vous n'avez donc pas à intervenir dans l'organisation non plus que dans l'exécution du service de santé aux bataillons du 111* et du 143% Les docteurs Raynaud et Dreyfus en sont chargés. Vous n'avez à vous occuper que du 23 e . »

C'est clair. Et si précise que soit la lettre ministérielle qui m'a nommé « chef du service médical du régiment de marche formé, en France, avec des bataillons des 23% 111' et 143 e régiments d'infanterie, à destination du Tonkin » , je n'ai en réalité qu'à m'occuper du 23 e . C'est peut-être assez.

Jeudi 21 février. — Dès aujourd'hui le câble télégraphique qui relie Haï-Phong à Saigon, puis à la France, avec l'assistance, encore obligatoire, des câbles anglais, est mis à la disposition de tous, pour la transmission des dépêches privées, à raison de onze francs par mot. Les bureaux télégraphiques seront ouverts de six heures du matin à minuit, et les dépêches privées transmises après l'obligatoire visa du commandement. D'autre part, Haï-Phong est en communication avec Hanoi et les divers centres occupés par des postes de télégraphie optique établis sur les hauteurs avoisinantes. Rien de plus pratique, dans ce pays si peu sûr encore, que cette lanterne magique munie à sa partie antérieure d'une forte lentille biconvexe, et à sa partie postérieure d'un miroir parabolique entre lesquels se trouve disposée une lampe à pétrole

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