‹ Au Tonkin, 1884-1885: notes, souvenirs et impressionsChapitre 40 sur 216 · U AU TONKIN · texte numérisé non relu

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tiellement, suivant les besoins. Des nattes sont disposées pour garantir les couchages. On réalise ainsi une petite flottille, modeste ambulance flottante, qui pourra suivre partout, le long des fleuves et canaux, les opérations militaires, conserver une relation constante avec le service de santé régimentaire, par conséquent recevoir, abriter et soigner temporairement les malades et blessés, qu'il faudra souvent apporter d'une distance de 8 à 10 kilomètres, à travers les rizières, et sans autres routes que les digues de séparation.

De leur côté, nos soldats ne demeurent pas inoccupés. Ils se préparent à la très prochaine action par des marches et des exercices de chaque jour. Dès le premier effort, le général Négrier a pu, sans pertes, s'emparer d'un point stratégique de la plus haute importance, les Sept-Pagodes ou Quatre-Bras, au confluent du Song-Gian vers le nord, du Song-Cau, qui passe devant Bac-Ninh, du Thaï-Binh et du canal des Rapides, qui met ces divers cours d'eau en communication avec le Song-Koï ou fleuve Rouge, en avant de Hanoï.

Des ordres sont donnés pour former, dans chaque bataillon, une section dite de forteresse, composée des indisponibles malades, placée sous les ordres d'un sergent et de deux caporaux. Les sections formées dans chaque bataillon seront groupées sous les ordres du plus ancien officier appelé par ses fonctions à demeurer à Haï-Zuong, et seront spécialement affectées, avec le capitaine Dominé, de la légion étrangère, à la garde de la forteresse, qui n'est pas à l'abri d'un coup de main. L'artillerie, le génie, l'ambulance, les services administratifs devront également fournir les éléments nécessaires. Des sentinelles sont placées aux endroits suspects, et fréquemment visitées, de jour et de nuit. Et nos loustics ne perdent rien de leur joviale humeur.

— Sentinelle, prenez garde à vous! Et le loustic de répondre : — Camarade, as-tu vu la grenouille? Et le voisin : — A vos amours, ma grenouille ; ce à quoi quelque autre répond invariablement: — Sentinelle, prenez garde à vous!

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