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A Hong-Kong

par des mandarins qui en tirent un grand profil, et échappent ainsi à l'action de la justice. Nos soldats, heureusement, sont incorruptibles et plus expéditifs.

Les mandarins, pour Finstruction des crimes suivis d'accidents graves ou de mort, se servent de dessins schématiques, représentant les diverses régions anatomiques du corps, la nature des organes lésés, et la gravité possible des blessures suivant la région frappée *.

Il est rare qu'une instruction criminelle soit terminée sans Tintervention des sorciers qui ont le prétendu pouvoir de faire découvrir, notamment, les receleurs et les endroits oti sont cachés les objets volés.

L'exécution capitale ne peut être pratiquée, en principe ', qu après la sanction du roi ; mais, souvent, le prisonnier, dont les parents sont impuissants à gratifier le mandarin, meurt de misère ou de faim au fond de quelque cachot, avant l'arrivée de la décision royale.

1. Dans le crime de haute trahison, toute la famille (ascendants et descendants jusqu'à un degré fort avancé), est rendue responsable et subit la môme peine que le coupable. La fiancée elle-même n'est point épargnée.

2. Parfois le Tông-Dôc est investi de pouvoirs étendus e peut décider Texécution capitale, sans attendre l'ordre du roi.

Le peuple est corvéable à merci : il doit tout son temps au mandarin à qui il plaît de l'employer à quelque travail d'utilité publique, ou même personnelle.

J'ai signalé la misère apparente ou réelle de la très grande majorité des indigènes, et, cependant, les ressources alimentaires du pays sont à vil prix. La monnaie courante est la sapèque, petite pièce d'argile et de zinc percée d'une ouverture carrée ; un franc de notre monnaie représente 7 à 800 sapèques. Il faut un homme pour porter une somme de 20 francs ainsi convertie ^ Et quelques sapèques (15 ou 20) suffisent pour se procurer le riz d'un copieux repas.

Dans le grand commerce, la piastre et ses divisions, la barre d'or et d'argent, de valeur variable, sont seules en usage. Il y avait, autrefois, dit-on, en Annam, de véritables billets de banque : ils sont inconnus aujourd'hui.

Vêtements. — Il n'y a pas de distinction bien apparente dans les vêtements des divers membres de la société. Les malheureux sont couverts de haillons. Les mandarins, les lettrés et les riches portent une sorte de robe courte d'étoffe

1. 600 sapèques valent une ligature ; une ligature pèse 1250 à 4300 grammes.

noire, boutonnée sur les côtés; sous celle-ci un large pantalon fixé à la ceinture à l'aide de cordons. Selon que la saison est plus ou moins chaude, ils se couvrent d'une ou de plusieurs de ces robes, qui sont alors de couleurs différentes (jaune, rouge ou verte).

La tête est couverte d'un riche turban de soie ou d'un chapeau conique en paille laquée, à bords très évasés.

La chaussure n'est qu'une mince sandale, fixée à l'aide d'une courroie passée entre le gros orteil et le quatrième métatarsien, puis nouée autour du cou-de-pied; parfois, une sorte de botte en éloffe de soie avec une épaisse semelle en feutrage. Plus souvent encore, riches et pauvres marchent pieds nus, les premiers étant toujours portés en palanquin, dès qu'ils ont à se déplacer de quelque distance. Un certain nombre de parasols (un, deux ou quatre), sortes de dais en papier laqué, accompagnent le palanquin, et indiquent la dignité du fonctionnaire qui s'y trouve abrité.

Les femmes riches portent des robes analogues à celles des hommes, mais plus longues, plus étroites du corps, fixées par une large ceinture de soie rougo on verte, et s'appliquant bien sur les hanches.

Elles ont la tête couverte d'un large chapeau (en meule de moulin), sur les côtés duquel pendent des glands en soie, et de larges rubans flottants.

La chaussure n'est, chez elles, qu'une étroite sandale à bec de corbin fort élevé, et embrassant, seulement, la partie antérieure du pied.

Elles ont les poignets et les jambes garnis de bracelets et portent, parfois, des bijoux d'un remarquable travail.

8° Fêtes annuelles, Jeux publics

Les indigènes n'ont, on le voit, de luxe ni dans leurs vêtements, ni dans leurs habitations, ni dans leur alimentation. Us savent s'en passer et se contenter du strict nécessaire. Mais ils n'hésitent pas à sacrifier toutes leurs économies, à vendre, même à perte, tout ce qu'ils possèdent pour se livrer au plaisir, à l'occasion de quelque fête périodique. La plus importante de ces fêtes commence, sous le nom deThêt, à l'occasion du renouvellement de l'année. L'année est partagée en douze mois lunaires ; le mois comprend deux périodes: lune croissante, lune décroissante. Il y a sept jours dans la semaine, et douze heures dans le jour ; la nuit est le plus habituelle-

ment divisée en veillées de 2 à 3 heures, chacune régulièrement frappée, dans tous les quartiers, par des gardes de nuit.

La fête du Thêt varie, suivant le cours de la lune, entre le 30 janvier et le 20 février. Elle est fixée par les astrologues et sorciers ; elle dure huit et souvent quinze jours. Il est, alors, impossible d'obtenir aucun travail ; les indigènes sont tout au plaisir et dépensent, en vêtements neufs, en joyeux repas, en feux d'artifices, en illuminations, en ornements pour Tautel des ancêtres, etc., etc., toutes les économies réalisées pendant le long espace précédent.

Parmi les jeux, Fun des plus curieux est, assurément,* le suivant : les bonzes, mandarins et autres gouvernants réunissent les jeunes gens et les jeunes filles d'un même canton, et leur font exécuter, sur le terrain, les manœuvres qu'ils exécutent eux-mêmes sur un jeu d'échecs placé devant eux. Filles et garçons, habillés de leurs plus beaux atours, sont porteurs de petits drapeaux représentant chacun une pièce distincte du jeu d'échecs. Sur un signe des mandarins, ils exécutent, sur le terrain, la progression des différentes pièces sur l'échiquier. Il en résulte des feintes, des surprises, des agaceries

entre filles et garçons qui amusent beaucoup les spectateurs. Cela vaut, assurément, la danse, et a, presque toujours, pour conséquence pratique, quelque demande en mariage.

Une fête analogue a lieu vers les premiers jours du cinquième mois, mais elle est moins importante.

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