L INTRODUCTION
h Pékin, en 1649 seulement, que nous trouvons un roi d'Annam recevant de Pékin l'investiture. Depuis 1662 jusqu'en 1849, date de l'investiture de Tu-Duc, cette platonique formalité s'accomplit à chaque changement de prince, TAnnam envoyant en échange à Pékin, tous les deux ou trois ans, un tribut dont la composition non en espèces, mais en cadeaux d'étofles et d'ivoires, marque bien le caractère de pure courtoisie vis-à-vis de l'empereur. Aussi bien, l'empire de Milieu laissait-il à son pseudo-vassal une entière liberté. Lorsque le dernier des Lé, ces Stuart d'Asie, toujours regrettés au Tonkin, fut chassé par l'usurpateur Nguyen et demanda l'appui de l'Empire, celui-ci envoya bien une armée qui le rétablit sur le trône (1788) ; mais cette armée, par la suite, ayant été défaite, la Chine n'insista point, et le pauvre Lé, une seconde fois jeté dehors, mourut à Pékin, mandarin de 4« classe, enl798(*).
Son usurpateur, pour faire la paix avec son impérial voisin dont il avait battu le général, sollicita son investiture. Ses successeurs l'imitèrent et continuèrent l'envoi triennal de cadeaux à Pékin, ce qui n'empêcha point la Chine de se désintéresser de l'empire d'Annam qu'elle abandonna à ses guerres civiles et à qui, sans t ombre (fune protestation, elle nous laissa prendre la basse Cochinchine.
Après le traité de 1874, le duc Decazes, notre mi-
(ij Ce soDt les descendants douteux de ses collatéraux qui ont fomenté des révoltes au Tonkin souvent avec Fappui des missionnaires fatalement sympathiques à ces vendéens de la légitimité annamite.
INTRODUCTION li
nistre des affaires étrangères, fît demander à Pékin, par notre chargé d'affaires, que le vioe-roi du Yuanam rappelât les troupes entrées au Tonkin et empêchât Tinirasion de nouvelles bandes. Il négociait en même temps l'ouverture au commerce d'un point du Yun-nam proche du haut Song-koï. Le prince Kong renvoya à plus tard cette ouverture, mais consentit à donner au vioe-ix)i du Yun-nam les instructions que nous souhaitions. Il parlait bien de la vassalité del'Annam, mais en termes vagues, au passé, et Relevait aucune objection quant à notre ingérence dans les affaires de son prétendu tributaire. Il n y avait donc qu'à conserver à Pékin le statu qu&, à n^y pas éveiller les susceptibilités du vieux parti chinois et à empêcher la cour de Hué de se tourner vers la Chine que, fatalement, elle allait essayer de mettre <ians son jeu. Cte ne le fit pokit.
Mai^ les sages avis de M. de Kergaradec, notre consul à Hanoï, l'amiral D«perré, souffrit en l§76r 1^77, l'envoi de l'ambassade triennale qui, une fois à Pékin, refusa d'aller voir notre représentant. Cet envoi'Ct -ce refas vioial^at le traité de 1874 lequel stipulait « teMièrt indépendemce de VAnnam vis-à-vis de toute puissante quelle qu'eik soit ^, -et lui assurait en échange notre « protection ». On ne pouvait enfin sérieusement regarda l'envoi d*un tribut comme une des « relations diplomatiques » existant en 1874, auxquelles la cour de Hué ne devait rien changer.
Or nous avions ainsi créé un précédent, ouvert la porte aux réclamations chinoises, permise Tu-D«ie d.'éveiller en sa faveur l'opposition des « vieux <2iî-