CHAPITRE VI
dès les premiers heures alme, atten-
| élever le is beau E
ur dire ma : On était au doucement À un es
acée où ils ont passé 1 à ouvrir leurs fi
ages de neige h les oiseaux reviennent et où ta vie renaît 1 sortent de leur léthargie.
se perdaient dans la brume hamps humides, et cette buée antes dans le Paysage.
iver, le vigoureux et long hiver canadien était fini. On entendait déjà, sur les toits des maisons et ‘dans du village, les appels des oiseaux, les Sazouillements et les qui annonçaient à j'en Pas douter le retour d’une saison plus un long silence. :
et les objets y avaient d confuses. Quand le soleil y pénétra et
pris le dessus, sur les ombres qui fondaient av raient comme elle, une large © du fleuve, fraichemnt Ouverte et bordée de de
» à sept heures, des tra arrivèrent, prirent iles pelles et les pics Î tranchée, où on devait de l’aqueduc.
irois avait crié et tempêté, Louis Martin lités légales, mais en vain. Le proj i par le conseil et ratifié Par les électeurs.
sentait un aspect inaccoutumé, car les travaux en cours troubla état de choses Quasi-séculaire. La vieille route, avec ses ornière glibbosites si bien connues, était toute bou rait été nivelée isé
au, le père Gladu fils, d'autres journaliers du village, des “habitants” de : i
vénaient gagner quelques dollars en attendant le
travaux”, ]] Y àvait un nombre considérable de partisans de G Beaulieu, mais les amis, ou plutô i
étaient aussi nombreux, car il fallait les récom reste, on avait besoin de tous fes bras disponibles et on eng n'importe qui, de sorte
Pauvres gens étaient très satis!
Beaulieu était plus populaire que j content et Magloire Sirois ne dérageai
du groupe: “quand on a de l'ouvrage on n'a plus besoin de Morneau baissa Rypocritement la tête, avec un air de digni feignant de travailler avec ardeur.
irois s’éloigna et des rires railleurs le poursuivirent. < échauffé lui fit croire qu'on lui disait encore des injures; t grondait en lui, Pour un peu, il se fût rué sur les travaille blaient le défier de les attaquer, avec leurs pics et leurs pell mains.
Quelques piétons le croisèrent et il s'imagina qu'ils av muré des paroles blessantes en Passant près de lui. Tout lé semblait ligré En une vaste conspiration dont il se croyait v avait les yeux hagards et il était effrayé du trouble extraord ressentait,
C'est dans cet état de surexcitation qu’il revint à son é
Une surprise l’attendait.
docteur Edmond Saint-Laurent, Je docteur Gustave Moreau était à l’épicerie, avec le conseiller celui-là même qui avait échangé des Coups avec Sirois, le s lection.
La stupéfaction qui se peignit sur les traits de Sirois, e vant les trois hommes, fut extrême. Boudrias te regardait at blement qu'il en était Capable, les deux médecins aussi: Si revenait pas. “Qu'est-ce que cela veut dire”, pensa-<-il ; “estrêve?” Et tout le temps il lui semblait que les visi i paroles malveillantes à son égard, quoique leurs bouches fusse:
Une expression ménaçante passa sur sa figure. Le docte
Laurent craignit une explosion et il lui adressa ja parole, : urbanité qui acheva de décontenancer lépicier: “
nouveau consei
et, partagé entre le désir de mettre E à la porte et entre la Stupeur que lui causait cette démarche ina faite par le forgeron, auquel il n’avait pas adressé la parole d:
ne pas s’apercevoir de
“monsieur Boudrias nou mandé de venir avec lui, car il ne savait
pas comment s’expli n’a pas l'habitude de faire des phrases. Il serait bien conten! évènements de janvier étaient oubliés.
—Îl n’a encore rien dit, répondit enfin Sirois ; il doit être «
: Cette réponse peu Encourageante ne sembla pas décontenancer Re Bat À gr 28 drias, qui s'attendait évidemment à un accueil peu sympathique. Ji da une expression souriante, qui semblait vraiment inquiétante sur
rent. Son cervdfgure habituée à un pareil jeu de physionomie, et, il dit avec
ures ; une tempilfique effort: “Si on pouvait s'entendre, Je serais bien content, On
ailleurs qui seMist pas une bête, quand même on est un forgeron.”
rs pelles entre ‘était une avance à laquelle Sirois n'avait guère envie de répon- Le docteur Saint-Laurent le pressa de nouveau de se réconcilier
u’ils avaient mc Boudrias et réussit à lui arracher ces quelques syllables : “je n’ai
Tout lé monde contre Boudrias moi. : :
"oyait victime. —Ni moi non plus, dit Boudrias, qui ne semblait pas difficile et
traordinaire qi 2CCueillit ces naroles comme si elles cussent contenu des protestas' d’amitiés.
Il avança pour donner la main à Magloire Sirois, qui fit un pas en
ière, pendant que Georges, qui avait écouté en silence toute
conversation, s'avançait vivement, alarmé de ce manège. : Le docteur Saint-Laurent dit, d’une voix qu'il voulait faire cor- : “allons, donnez-vous la main, et que ce soit fini. Deux bons -S Comme vous sont faits pour s'entendre.”
irois, en ap Cette flatterie eut raison des craintes des Georges et des répugnan-
à son épicerie. |
conseiller, et iseiller Boudri is, le soir de
rdait aussi de Magloire Sirois, et celui-ci mit sa main dans la main que lui ssi: Sirois n'Mpdait Boudrias . ; * 1 ; “est-ce que Le D ave eut un gros rire qui sonna faux comme sa bonhomie urs disaient Mnblait affectée, ct il dit : “bien, je suis content, tu es un bon garçon, s fussent dosdR£gloire 4 Parce qu'on s’est battus, c'était Pas: une raison pour plus se e docteur SaidBarder. Re arole, avec Sirois bredouilla des paroles de réconcilation et les deux homsommes ve s causèrent un instant ensemble, puis le docteur Saint-Laurent, ne oublier les ; jant pes prolonger une situation pénible, prit congé, en emmenant tion, Monsie lui le docteur Moreau et Boudrias. y a déjà lon, —Magloire et ton frère restèrent seuls. Georges, avec la tendance mieux réveilM ont les Jeunes à la Baieté, se retenait difficilement de rire, car il lui tôt que de laMnblait comique que Boudrias eût fait une telle démarche. Mais Ma-
dire avait l'air si séreux que son frère n'osa rire.
‘trangers, al À : és = “Je me demande ce qu'ils sont venus faire”, murmurait l’épicier,
:riec inquiétude; ‘‘je ne comprends rien à cette visite-là.” a F —Ça doit être Beaulieu qui a envoyé Boudrias, dit Georges ; il ne arole depuis MFait jamais venu de lui-même.
—Non, certain; fit Magloire, je ne le reconnais pas.
voir de la s L'épicier fit part de cette visite à sa femme, qui en fut comme lui
ias nous a dis IMquiétée que satisfaite ; mais elle ne laissa pas paraitre ses vérita-
s'expliquer ; s sentiments, car elle trouvait son mari trop agité et trop nerveux : content si puis quelque temps pour augmenter ses ennuis en lui faisant part de
S propres sentiments de méfiance à l’'égärd de Boudrias. t être capall En sortant de l'épicerie, les deux médecins et Boudrias rencontrènt Adélard Legris et André Noël, qui s'en allaient voir comment les | Avaux se faisaient et si les mes suivaient bien les plans préparés r eux. Eee
Depuis que les ingénieurs avaient fait alliance avec Geors leu, 3 étaient aussi amis avec ses partisans. Ils saluèrent l ement les trois hommes, et firent route avec eux. “Vous venez de chez Sirois”, demanda Legris?
i, if le dotceur Saint-Laurent; nous lavon bien surexcité, : :
—Il va venir fou, s’il continue, dit Boudrias, nui tentait d
sympathie, mais qui semblait plutôt heureux de l’état dar
se trouvait Sirois.
—Le pauvre garçon, dit Noël; les dernières élections !' affecté à ce point ?
—Je ne sais pas ce qu’il a, dit le docteur Moreau, mais if ne Pas dans son état normal.
—Boit-il, demanda Noël? .
—Non, je ne pense pas, répondit le docteur Saint-Laur( maintenant. Mais il a assez bu dans le temps des élections pe ressentir encore.
—Le fait est qu'il a un drôle d'air, hasarda Legris. Je l'ai tré, depuis mon arrivée ici, et il m'a regardé comme s'il s'était ; que je me moquais le Jui.
—1l pense que tout le monde lui en veut, dit Boudrias. ne lui en veux pas.
—Et tu lui en voudras encore moins s’il devient complè fou, pensa Noël en soi-même,
Le lue homme garda pour lui cette idée et il dit: “on m'a plusieurs fois qu= Sirois était “drôle” depuis les élections ; c’es vrai.
—Je le crains, fit le docteur Saint-Laurent, qui avait cor plus que tout autre à répandre ces rumeurs malveillantes et ,
réjouissait intérieurement du succès qu’il avait obtenu.
“Ou semble le craindre dans le village, dit Legris.
—Ce n’est pas sans raison, affirma le docteur Saint-La: Fort comme il l'est, il pourrait commettre quelque acte de violen
» dans l’état où il se trouve actuellement.
S cinq promeneurs étaient arrivés à l’endroit où se faisaie travaux et ils s’arrêtèrent Pour contempler le coup d'oeil qu'offr t ée autour de laquelle fourmillaient les travailleurs.
“Ça va bien,” dit | is.
—Oui, renchérit Noël ; les campagnards en sont pas accout à ce travail et ne savent pas à quel point il est fatiguant à la lo: Ïs ne ménagent pas leurs forces comme les terrassiers de da ville. t plus d'ouvrage en moins de temps.
—Hein, les “habitants”, c’est Ça qui travaille! fit Boudrias, complaisance, : ù Len : sont certainement de rudes Gars, affirma is. Après s'être séparés de Boudrias et des deux médecins, avec f salutations, les ingénieurs donnèrent quelques ordres au surveillant travaux, puis ils retournèrent à l'hôtel.
c Geor Bea “La f:çon des . à not d a changé, depuis not Û a ges oi LE eh gens à notre égard a changé, depuis notre dernier
—Oui, répondit Noël, en souriant, je n'aurais jamais cru qu'une estion d’aqueduc pût révolutior:ner à ce point d'aussi braves gens.
Favons trou —Js ne sont pas commodes, les gens de Saint-Germain, quand s'y mettent.
ntait de feind — Pourtant, fit Noël, il n'y avait pas de quoi les exéiter à ce pointtat dans leque
—Tu comprends bien, c'est la politique qui a mis le feu aux pou- 8. Si l’ancien maire Martin et Georges Beaulieu avaient été tous x rouges ou bien s'ils avaient été bleus tous les deux, rien de semble ne serait arrivé.
—{C'est bien vrai; mais aussi comment veux-tu que deux “Canas” né mettent pas de la politique un peu partout.
—lls en ont mis “en masse”, dit Legris, en riañt, et nous en avons : —Ce qui m'amuse, continua Noël, c'est de voir …s attitudes diver- 2. +1 TENCONSRS qu'ils ont tées à notre égard. Il y a des fois que je me des'était imagin@and si je suis bien le même homme, en voyant la façon différente
à Pat on me traite maintenant.
Irias. Moi j: —C'est ce qui me frappe moi aussi, répéta Legris. Et nous n’apns pas à nous plaindre du changement. J'ai eu raison, n'est-ce pas. complèt “faire ami” ave: Beaulieu ?
—Evidemment ; c'était une question d'affaire.
—D'ailleurs, tu es demeuré en bons termes avec monsieur Maret surtout ave: ses filles.
—Pourquoi ne viens-tu pas les voir avec moi, demanda Noël ?
—Oh! c’est inutile ; je sais bien que Martin ne me pardonnera jais d’avoir pris part à une “assemblée de comité” de Beaulieu. Va s voir, toi, puisque tu es demeuré dans l’amitié de la famille. Moi, ai d’autres s à faire. :
Noël n'insista pas et c’est Pour cette raison qu'il était seul, le £oir, and il vint sonner à la porte chez Martin.
tions l’ont-ell ais il ne sembl t-Laurent, ons pour s’
Je l'ai renco
on m'a répét 18 ; c'est do
ait contribue tes et qui 5%
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accoutu CHAPITRE VII
à la longue ie '
la ville, 1!
: C'était la seconde fois que Noël venait chez Louis Martin depuis.
ndrias, ven arrivée à Saint-Germain. I avait fait une visite de cérémonie, b di d'avant, attiré par un attrait indéfinissable qui l'avait orté à braver le courroux de l’ancien maire, —qui était aussi presque.
avec 1orca- ancien associé dans l'affaire que Noël et Legris conduisaient main-
veillant defnant de concert avec Beauli
Le jeune homme était énervé et le coeur lui battait plus fort que
che mal placée, mais le gai des filles de Louis Martin avec elles, et de regarder leurs yeux d'une candeur s
i rafraic Poussa de l'avant er l'empécha de r
tourner sur .ses pas .
sonné.
On l'avait vu dans la maison et Son apparition prit tout Par surprise.
“Allons-nous le recevoir, demanda Louise ?
—Faites comme Vous voudrez, dit Monsieur Martin d'u tôt contraint. .
— Pourquoi ne Je recevrions-nous pas, dit Mina avec vi n'a rien fait de mal ?
adame Martin, qui savait tion délicate, dit : “il est venu ici. Il n'y a pas d
n'observe pas la même étiquette à la < u'à L: les gens de la mai j
» même quand ils ont des tiques, ouvrir tux-mêmes à leurs visiteurs, —<e qui est, on en ra, beaucoup plus hospitalier,
p Pas longtemps sa visite, Quand il pañtit M ses soeurs l’invitèrent à ver Passer quelque soirée avec elles, mille, sans Cérémonie, et leur invitation fut si cordiale H n'avait plus aucune inquiétude, sachant bi i
Plaisir de venir Passer une soirée € à sa dernière visite, ce fut Mina qui dui C'était elle ë i
sentait la première, Comme si une bonne fée l'avait envoyée à sa contre.
Z Martin, ce soir-là, et c'est dans le
ndait faisait un tricot; Stelle parcourait un cahier de modes et Louise hais le un livre, L'entrée de Noël leur fit abandonner tri- Martin de se jour tux, et un feu roulant de phrases aimables l’accueilrafraichissante la ::
:'unde, it À tous et s’assit sur un siège que lui
à in demanda la permission de
tricot, et monsieur Martin tendit un cigare à Noël: on
avec un de familiarité et de retenue qui laissait
tout le c'iarme de l'intimité et qui ajoutait même à ce charme S donnant un ton plus élevé à la Conversation.
tin d'un air plu D'un commun accord, tous évitèrent de faire allusion à Adélard
= egri i n'était évidemment pas dans les bonnes grâces de la famille Avec vivacité! | sers. us ” ss
rit tout Je
Fais donc de la Musique pour monsieur Noël, dit madame Martin Mina, au bout de quelques instants.
—J'allais vous en prier, dit Noël.
—Je vais faire de la lumière dans le salon, dit Mina, et elle se leva. deux sozu-s et Noël la suivirent.
d'oeil une situa 10omme quand | Ad ; 3
qu'à la ville « Mina se mit au piano et ouvrit une valse de Chaminade. Le jeune ont des domesomm s'offrit à tourner les Pages et demeura debout près du piano. on en convien “Je m'en vais dans le boudoir, dit Louise : j'aime mieux entendre É ique de loin.
CUSsIion Courte ndait anxieuse Les deux jeunes filles sortirent et Mina commença à jouer. “Encore”, lui dit Louise, de la Pièce voisine, quand elle eut terminé. Mina joua un autre morceau, puis elle s'arrêta.
“Etes-vous fatiguée, lui demanda Noël, avec prévenance.
Il y a longtemps que je n’ai pas pratiquée.
CR
jeune homme et la jeune fille s’assirent et se mirent à causer. é là. Noël sf Encore de la musique”, leur cria espièglement Louise. tent probable. —Nous nous reposons, répondit impertubabiement Mina. —Tu joueras encore tout-ä-l’heure, insista Louise.
la charmante
“Savez-vous”, hi dit Noël, “que je ne pensais pas passer d'aussi ‘ables soirées que celle-ci, quand je suis revenu à Saint-Germain. —Vous êtes trop aimable, répondit Mina : mais je ne vois pas pouruoi vous aviez de semblables idées.
—Je craïgnais que vous ne fussiez fâchée contre moi. —Moi? pourquoi donc?
— Vous et monsieur Martin,—à cause de d qu duc. Qu'ést-ce que ous avez dû penser de moi quand monsieur Beaulieu nous a prêté son
© —Papa, n’était pas content, dit Mina, en souriant.
. —]'ri bien regretté de m'être engagé dans cette affaire-là. Legris lans le bou- nsistait pour que nous entendions avec monsieur Beaulieu... Si n s'y trou-BS'avais été tout seul, j'aurais tout abandonné
—-Ne vous faites pas de reproche, monsieur Noël, dit Mina : per- Dnne ne vous en a fait ici.
--Vrai!
—Po . aires, à —Qui, mais elle était Pas mal délicate.
—Je n'ai pas Compris pourquoi on s'était disputé autan dans
le village, à Propos d'une pareille affaire, I] Paraît qu Sirois en a Presque perdu la tête.
— Pauvre Sarçon. Je vous assure que je regrette tout € n'est pas de votre faute; c’est la politique.
bonne mademoiselle. Une chose qui
i in ne m'ait pas dit u
urquoi nous en aurions-vous fait; c'était une que
—J'ai bien pensé que ce n’était pas vous.
omment? est-ce qu’on a dit que c'était moi, defnanc Surpris ? :
—Non, mais nous ne savions pas, de lendemain de l’asse laquelle a assisté monsieur Legris, si c'était lui ou vous qui éte
royait-on que c'était moi ?
—Nous n'en savions rien mais moi j'étais prête à parier n'était pas vous.
Noël eut un Sourire reconnaissant et cela lui fit chaud a de Penser qu'il avait eu une amie qui avait pris sa défense qu l'avait Calomnié.
“Allons”, dit Mina,
er.
“je vais jouer encore » autrement Lo me
ze heures et Monsieur Martin Jui dit, con veiller avec nous, monsieur Noël, des fois, 1 Pas quoi faire, ça VOUS distraira, et nous ça fera plaisir,”
ommie il Convenait, de ces bonnes paroles se promit de revenir.
» QUI.S en allaient ensemble du côté du v OÙ demeurait le forgeron Boudrias
Si le docteur eût été seul, Noël aurait pensé qu’il s’en aait Grouix en pareil endroit, à une heure :
ne question d'a
é autant que ce
irait que l’épicié
e tout cela.
Dse qui m'a fa dit un mot «|
se, le surprit, car Grouix se trouvait à s'éloigner de sa demeure se dirigeant du côté où il allait, et ce n’est pas habitude à la camgne qu'on s'éloigne de chez soi à onze heures du soir.
Le jeune homme fit part de sa rencontre à Legris, qu'il trouva à ôtel, et son ami lui dit: “tu dois t’être trompé: qu'est-ce Groulx et docteur Saint-Laurent feraient dans les chemins, à cette heure-ci ?”
—C'est ce que je me demande, dit Noël. Pourtant, je crois bien avoir reconnus.
Legris ne répondit pas. Une expression de contrariété passa sur
visage, car il soupçonnait que quelque intrigue se tramait dans le lage et il se demandait si c'était encore au sujet de l’entreprise dont i et Noël avaient pris la direction.
“T'es-tu bien amusé,” demanda-t-il à Noël?
—J'ai passé une très agréable soirée, répondit Noël, tu aurais dû ir avec moi. :
—Oh! c'est inutile, dit Legris; on serait poli pour moi, mais je rais mal vu. Les Martin ne m’aimeront jamais; autant vaut en endre mon parti. :: y en a d’autres qu'eux, en tout cas.
Noël n'insista pas, car il savaït bien que Legris avait raison.
deux nocturnes promeneurs qui étaient bien ceux qu'il avait connus avaient continué leur route.
“J'espère qu’il ne nous a pas vus,” dit Groulx au docteur Saint-
aurent, après qu’ils eurent croisé Noël.
est-ce que ça ferait, demanda le docteur ?
est mieux: personne ne pourra se douter de rien. ‘—Ïl ne sait pas où nous allons.
—Ïl vaut mieux qu’il ne sache rien du tout.
Les deux hommes suivaient la rue du fleuve; arrivés à la rue où trouvaient la forge du conséiller Boudrias, ils s’y engagèrent. Ils arrétèrent devant la forge.
Elle était fermée et elle faisait une tache noire sinistre dans l’obscu-
té de la nuit.
“NN n’y a personne”, dit le docteur ; “ce n’est pas drôle de venir
i pour rien, à onze heures et demie du soir.”
—Oh! il y a quelqu'un, dit Groulx. Seulement, la porte est fer-
pée. Attendez ; je vais frapper.
II s’avança à tâtons:et frappa quatre coups, en les espaçant régu-
èrement. “C’est le signal que nous avons adopté”, expliqua-t-il,
La porte fut entrebaillée et une voix chuchota : “est-ce toi, Groulx ?
—Oui, répondit Groulx ; je suis avec le docteur Saint-Laurent.
—<C’est bon, entrez.
La porte se referma ent s'offrit à leurs
és à des clous plantés d ar Ja lumière dansante et, oscillante que
imentaire ; c’étaient celles des deux
les cris de la victime ne fussent entendus de l’autre côté de 1 “As-tu trouvé des hommes,” dit encore Groulx au for;
Moulin qui se sont battus avec le jour de l'élection
—Ils ne l’aiment pas depuis ce temps-là ; ça va bien all “Je croyais que Baptiste Fournier devait venir, interr, ur Saint-Laurent.
—Oh! il m'a Quatre coupé retentirent à la porte.
“C'est lui”, dit Bo
“Nous sommes au complet”, annonça Groulx. “Mainte faudrait que chacun de nous ren voui
compte de son Ouvrage €z me permettre, je vais vous d
un avocat qui m'a renseigné sur to plir pour enfermer un homme dans un asile et je suis prêt à t r. » Si vous êtes prêts vous aussi.”
“Moi”, dit Hormisdas Morneau,” j'ai envoyé deux ou trois tants” ennuyer Magloire Sirois. Quand ils sont sortis de chez lu se possédait plus. J'en envoie Comme Ça depuis deux semaines:
S amis qui parlent de lui quand il Passe sur la rue; il n’y cor plus rien.” =
“Je pense”, dit douceureusement
Fournier, “qu’il devient s’il était enfe é, personne ne serait surpris.” LL ,
en pensez-vous, docteur. ”’ demanda Groulx au docteur Laurent ? =
— Autant que j'ai pu l'observer aujourd’hui, répondit le mé il est assez excité qu’il ne faudrait Pas grand'chose pour le r comtplètement fou. Si on l'en ait, Ça y serait probablement. —J'ai nos hommes Pour le prendre, quand Boudrias.
Les cinq complices se turent un instant.
“Ca. va être 43 bon dé s”,.dit enfin Groulx.
tout sera prêt, cc
propriétare” de
Maintenant, rage. Si vou
vu trois “hab; chez lui, il émaines.
—Ï va y avoir bien des gens qui vont être contents, appuya Morau.
—1l n’est plus endurable, affirma le docteur. Des fois je me dede s’il n’est pas fou pour tout de bon.
—1l ne faudrait pas manquer votre coup, dit Groulx. —Il n'y à pas de danger, répondit Boudrias. li ne se doute de ; NOUS nous sommes réconciliés. Il sera pris par surprise, —Qui, insista Groulx, et il faudra le prendre par en arrière. : — N'ayez pas peur, je ne manquerai pas mon coup promit Bouias.
—Monsieur Beaulieu va être bien content, dit Morneau.
—Oh! il ne sait rien de cela, affirma Groulx. Je ne lui ai rien dit ;
m'aurait empêché. Mais une fois que cela sera-fait, il n’en seras pas
“Qu'est-ce qui nous reste à faire, demanda Boudrias ? —Rien qu’à préparer les papiers, répondit Grouix. Une fois que
bus les aurons, je te préviendrai, pour que tu amènes tes hommes.
ous NOUS arrang=rons pour le prendre juste à temps pour l’embar-
rer sur le train du soir. Il est toujours tout seul dans son magasin,
cette heure-à. .
“S'il nous échappe,” dit Boudrias, d’un ton féroce, “je le tue; je
e dessus.” —Ne fais pas de bêtise, dit Groulx; tu vas tout gâter. —{C'est bon, gronda le forgeron. On fera ça en douceur.