CHAPITRE
e quoi il s'agi Blanche un d { “Mon Dieu! protégez-moi ; protégez maman, papa et mon petit inÇçaA, en trembla e, et faite revenir ici.”
illée au pied de son petit lit d'enfant, Jeanne répétait avec ine, “maman! j e ces paroles, que lui soufflait sa mère, la femme de Magloire ux demandait C'était la prière du soir dans le logis où le père n'était plus, mais
on enfant, tomill sa femme entretenait le feu de la vie familiale. Combien de fois,
. dant qu'il n’y avait pas d'acheteurs à l’épi ie, Magloire était pnté chez lui, pour assister au coucher des enfants, pour eur donner dernier baiser affectueux avant que le sommeil n’eüt clos leurs
seorges. “Tüâc
le se pencha
ne entr'ouvert bouches roses.
fants, x Î éprouvait un plaisir si doux à contempler ce spectacle, à entenne à …—. la voix convaincue de l'enfant, à subir le charme subtil et sain qui is que cette self dégage de l'innocence. Lui et sa femme souriaient alors, d’un de ces re;—ses enfa » indicibles qui sont une communion intellectuelle. Ils s’ai-
compagnie à
ssez peu compu’ avait donné le bonheur sur terre. nike; jene:
répondit, I] De grosses larmes, brûlantes, roulaient sur les joues de la mère Île était mal:dM tombaïent, une à une, sur les mains, sur la figure de l'enfant, étonors à monsicMiée et alarmée
ndrait pas pa
Marie fit un effort sur elle-même, pour maîtriser sa __ Elle a le signe de la croix sur le front, sur la poitrine et sur les épaules
ussi fut-il bi la fillette, la baisa ct la coucha tendrement, dans le minuscule lit ivec sa femniPut blanc, à côté du “ber” de son fils. |
e Sirois. , accablée de sommeil, ferma les yeux en touchant l’oreilier. et à ses socula Mère, restée seule debout, se mit à songer.
peu après, A1 Quinze jours s'étaient écoulés depuis le départ de Magloire. Ces
nze jours, elle les avait vécus comme dans un rêve. Elle ne faisait | pleurer. Je commencer à reprendre conscience d'elle-même. s une chamb Atterrée par la soudaineté du coup qui l'avait frappée, elle ne montaient 2: bien rendu compte, les premiers jours, de ce qui lui arrivait. ina Martin, compatissante et bonne, s’était tenue auprès d'elle, l’a-
ait réconfortée, l'avait préservée sa présence de crises terribles, la pauvre femme avait tenté se dominer, pour ne pas mettre
ans la détresse la jeune fille qui venait lui offrir des consolations
nait plus que de temps à autre, nt 2 mt le plus souvent qui prétextait le désir de. une Donne oeuvre mais qui tout désireux de jouir de la c ie de la jeune fille, k s'attachait, à son insu, de plus en Plus.
Marie demeura donc essculée, car Magloire et elle avaie bonheur plutôt égoiste et avaient leurs
quelque peu gé Elle se mit alors réfléchir, à Por sitio ES se tre se demander
comment elle pourrait la solutionner, comment
a replongerait sans espoir dans le gouf in et de la désolation.
F Elle décida d'aller le re à consulter le sure Mart rendre quels moyens ux el urrait oyer pour !
bérer et "était Er Elle vonlelt suriout dema i n ami si vraiment s0 enu un de ces êtres dont l'intelligence est définitiveme Curcie et qui ne gardent plus de l'humanité ue l'apparence. ] Pouvait croire qu’il en fût ainsi, mais elle voulait savoir. .. save —€t puis ensuite peut-être elle-même deviendrait-elle une loq: maine privée de raison ; peut-être sombrerait-elle dans le même
n ge où s'était abimé son bien-aimé. .....
lendemain, en arrivant à son bureau, Louis Martin y arie. La conversation entre elle et lui fut longue et' pénible.
avait tant de choses à demander, tant de doutes à exprimer.
€ ne pouvait croire que l'internement, i si brutal et à l’improviste, eût été fait d’une manière légale. Elle demanda à l'avocat ce qu’il en pensait.
uis Martin avait été très surpris lui-même, en ue abasourdi de i étai
ce qui était arrivé à Magloire Sirois. H avait donc
Il hésitait en parlant ainsi, Il ne se sentait
par faitenn l'aise, car il avait Conscience d’être plus satisfait qu’il n'aurait dû
: les derniers te Magloire avait été tellement désagréable Pour ses ami ë
po arie continuait : “quelles sont ces formalités ?” Il le Jui expliqua, lui dit que deux médecins devaient visiter la
urent et le docteur Mo:
t venus le voir au Magasin, il me l’a dit. :
—Ca devait être pour Ça, répartit Martin.
tant”, continua-telle, “le docteur Saint-La
OUVRE de No% Alors, tout à été fait régulièrement ?
je Qi était su Es à crois. —
le, à laquelle D pe je ne peux rien ?
E —Certainement, vous pouvez vous intéresser à lui, Vous pour-
avaient eu D aller le voir.
‘leurs parentd Les idées de Marie s’embrouiHlaient: comment pourrait-eHe aller dans cet endroit redoutable où était son mari. Elle en frémiselle qui n'avait jamais voyagé. Et puis les enfants, qu'en faire ?
—11 n'y aurait pas moyen de le faire sort: ucm: nda-t<lle?
—Cela dépend, ré it Martin. Il faudrait 68 dém: che: Cela
drait du temps. 11 faudrait attendre 1, peu.
Attendre quoi? H ne le disait pas; mais elle cout le der iner, ct, le
r palpitant, elle interrogea : “croyez-vous qu ccla u’il = Martin, ah@ Elle n'osait dire le mot. Martin ne savait que rénos re, cap il Pour faire (WE brenait bien cette interrogation qu signifiiit, ‘inon mari est-il
Devant son silence, Marie fondit en larme. \laivin +: jeva alors it: “une affaire zussi importante ne peut se régler °n ni. seule fois. penserai. Revenez me voir, madame Sirois, ct 1: ;erdez pas cou-
: on fait sortir les gens de ces endroits-là. Je suis convaincu que gloire ne restera pas 1à.”
C'était une lueur — Elle le quitta sur ces paroles.
De retour chez elle, Marie se mit résolument à l'ouvrage, soutenue la pensée que tout n’était pas perdu, qu'elle pouvait peut-être sauson mari et que pour lui être utile elle devait être courageuse, Elle avait organisé sa vie.
Tout entière à l’idée de revoir Magloire, elle s'était dit qu'il ne ait pas retrouver un foyer ravagé, des affaires compromises. Pour Regarder ses intérêts, elle avait besoin d'aide. Ce secours, elle l’afi: trouvé dans la sympathie agissante et précieuse de Mina Martin, is le concours efficace de Georges.
Il y a des chagrins de femmes que seule peut consoler la sympad'une autre femme, des peines et des embarras que seul le doigte icat d’une femme peut effleurer et soulager.
M La crise que traversait Marie exigeait cet appui d’une âme-soeur, püt la comprendre et, sans vaines. consolations, souffrir en quelque ur l’alléger d’une partie de sa souffrance.
agloire fut parti, le soir funeste, Marie s'était jeté dans bras de Mina et avait pleuré: en ouvrant ses bras et son coeur à trie, la jeune fille lui avait donné la seule consolation possible en currence. Leur intimité continua de cette façon, établie plutôt sur elligence de leurs sentiments réci roque que sur des paroles. Mina venait de temps à autre. Noël l’accompagnait quand ses ocpations de lui permettaient. 11 demeurait en bas, dans Pégase, à ler avec Georges, tandis que Mina montait dans la maison, jeune e causait avec Marie, l’entretenait de ses enfants, mettait la main à vrage quand Marie était occupée à quelque tâche. Elle caressait
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la petite Jeanne, dorlotait le bébé, souriait et parlait gaiem derrière elle, quand elle partait, comme un renouveau d’é bonne humeur.
Georges se conduisait aussi d'une manière admirable responsabilité de la tenue de l’épicerie retombait mainten: Hs rtait bravement le lourd fardeau, donnant satisi
11 eut voulu contribuer à ce retour; mais il n'avait pas €: temps de dé: mel un plan d'action pour arriver à la rés jet. attendant, il travaillait et se dévouait pou
Ils en étaient là tous deux, quand un soir que George à la gare chercher des marchandises, Marie reçut une visite prit fort et qui l’alarma aussi.
C'était Baptiste Fournier, Je beau-frère de Magiire.
Sa visite était un événement. Lui et sa femme était bre Magloire et ne le voyaient guère : les deux ménages se salyai ment quand ils se rencontraient, et c'était tout.
Sans connaître la part qu’il avait prise à l’internement de Marie savait à n’en pas douter que Baptiste Fournier était : Aussi ressentit-elle une vague inquiétude en l’apercevant.
Huit heures venaient de sonner. Il pleuvait et les passa très rares, car le dernier train de la soirée était parti de Saint Les gens et les voitures étaient revenus de la gare, toute act
rideaux ou des volets mal fermées, jetaient des reflets tris route noire et boueuse et sur les trottoirs de’‘bois rendus gli:
* Marie était assise dans le magasin ; elle était descendue vir les acheteurs qui Pourraient se présenter, après avoir mis petite Jeanne et après avoir endormi avec amour son bébé. laissée ouverte la porte qui communiquait avec le logis, afin d les enfants, s’ils se réveïllaient.
ux lampes fumeuses éclairaient mal l’épicerie et doi Baptiste Fournier une physionomie fausse et peu sympathiqt il se ps en tâchant d’avoir l'air aussi franc et aussi agri possible.
Marie accueillit avec réserve les paroles insinuantes et du beau-frère de son mari.
= longtemps qu’on ne s'est pas vu, dit-il; j'ai p dans le malheur, comme cela, on devait oublier ses petites di
Marie fit un signe d’assentiment.
—Puis, continua-t-il, nous n'avons jamais été en mauvais Mägloire et moi. Un peu de froideur, voilà tout. Il était si ne voulait jamais recevoir de conseils! C’est vrai aussi que c
€ capable! Je l’aimais bien. Ma femme aussi l'aime b
iaintenant sur t satisfaction e toute expres ât la ruine lo t même » 5 nl L pas encore € | la réalisations
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Georges était > visite qui la
icire.
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Marie fut tentée de demander à son interlocuteur pourquoi Josén'était pas venue la voir et la secourir dans sa détresse, si elle un tel amour pour son frère. Elle répondit seulement : Oui, Magloire me parlait de Joséphine en bons termes. Comme s’il avait deviné ses pensées secrètes, Fournier’ lui dit :
. voir, mais elle n’a pas pu;
—Elle aurait bien voulu venir vous
infants ont été malades. C’est bien du trouble des enfants.— Les es sont bien?
—Jis sont en parfaite santé. C’est heureux, pas ce que j'aurais fait. Les premiers jours, la tête
—C'était un rude coup.
—Je n'aurais jamais cru qu’une chose semblable püt arriver. Enmaintenant, je me demande, des fois, si c’est vrai et si ce n’est moi qui suis folle.
—Mais il n’est pas fou, dit vivement Fournier. Je ne peux pas le e. Ça va s'arranger; tout va s'expliquer; ça ne peut pas durer me cela. Avez-vous eu de ses nouvelles ?
—Pas encore. Monsieur Martin m’a dit qu'il allait s'occuper de
car sans cela, je ne Je ne savais pas où
rent de son ép
était un enn
vant.
S passants le Saint-Ge ute activité :
lement entre
; afin d’ent
et donnè ipathique, qu Issi agréable
tes et mielld
j'ai pensé tites difficu
mauvais tern était si fier!
1 que c'étai
Baptiste Fournier pâlit, en entendant cette réponse. Ï1 ne se senpas parfaitement à l'aise et il se demandait si tout avait été bien ulier et si un homme de loi comme le maire Martin ne pourrait pas iéter ceux qui avaient fait des démarches pour faire interner Mae. Il s’empressa donc de dire, en affectant d’être très sympathique : —Je que monsieur Martin va le faire sortir, —H dit que ça prend un certain temps.
h! un avocat comme lui, il trouvera bien quelque illégalité. —Ïl m'a dit que toutes les formalités avaient été observées, dit in- Marie; mais il pense que Magloire deviendra inieux et
bn pourra le faire sortir assez vite.
Fournier respira avec soulagement: Marie venait de lui apprendre
u'il désirait savoir. Elle ignorait évidemment tout du complot tra-
contre Magloire et il n’y avait rien à craindre de sa part.
Ï1 changea alors le sujet de la conversation et dit : “les affaires ic: dû vous donner de la misère? C’est difficile pour une femme de duire un magasin.”
—Oh! répondit-elle vivement. au grand déplaisir de Fournier, brges s’y entend bien, et puis j l’aide. Cela demande de l'ouvrage, s nous nous en tirons assez bien. Ce n’est pas la question des afes qui me tracasse le plus.
—Je comprends ça, observa Fournier, en faisant à la dérobée une
ace de dépit, vous vous intéressez au sort de Magloire plus qu'à t autre chose.
—Certainement ! =
—Mais les affaires ont bien leur importance. Dans l'intérêt même Magloire, je suis sûr que vous vous en occupez beaucoup. Ces parokes reflétaient l'opinion de Marie, qui les approuva.
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