‹ Au village [microforme]Chapitre 16 sur 31 · ER RES · texte numérisé non relu

ER RES

rience, Je Pourrais lui montrer Comment se débrowiller dans le. Je ne régarderais pas à faire ce sacrifice-1à et à négliger

S, Qui arriva de Ja gare. Le lui dit bonjour, avec une Surprise qu’il ne put dissimule

fois le visiteur parti, et la femme se re rent en silence, avec dans les yeux Ja même surprise mêlée de gnance. =

—Moi non plus.

— Qu'est-ce qu'il Peut bien vouloir ?

—Je ne sais Pas aù juste, I] à été très poli, fiance!

—L'est surprenant. Lui qui n’était jamais venu ici depui moins trois ans.

—Ù a dit que c'était un malentendu. 1] semble bien disposé veut nous aider. Ça me semble louche. Je sais bien qu'on ne doi prêter aux gens de Mauvaises intentions. Mais je ne puis croire soit aussi bien di É la.

— 11 dit qu'il veut nous aider ?

—QOhui.

—Comment ça ?

Pour tenir Je Magasin.

.."Bes se tut, quelque peur blessé par l’idée

mais je n’ai pas

nous ne devrions pas le mettre à la porte, essaie de se mêler de ce qui ne le regarde pas. —Je ne sais pas, dit G

Georges, fatiguée Par une dure journée € re après avoir fermé l'épicerie : Marie, rentrée dans ses à rents, veilla longtemps avec

ner au sommeil. Elle pensait à l'absent, et da

qolori et engourdi, les élans d'amour vers lui, les sentiments d'affection ici, pour ailour des petits et les invocations au ciel se succédaient, comme dans le

l'a pas d iel passent tour à tour les nuages, sombres comme le chagrins, pepe les liviants comme l’affliction ou légers et blancs comme un Bar. À d’espéun peu ance

Baptiste était rentré chez lui, satisfait de son entrevue avec Marie. L; et Marie: femme l’attendait anxieuse.

4 —Eh! bien, lui demanda-t-elle en l’apercevant ?

hffisants et —Ça a marché comme il faut, répondit-il, puis il l’entraina dans eur chambre, afin de pouvoir tout lui raconter sans être gêné par la présence de Louise, .

Quand ils eurent fermé leur porte à double tour, les deux époux, égz t haineux, envieux et cupides, parlèrent à coeur ouvert. —ÆComment l’as-tu trouvée, dit d’abord Joséphine, curieuse de savoir comment Marie acceptait son malheur ? à

—Elle semble bien prendre cela, fit Baptiste, avec un rire mauvais : ademoiselle Martin est allée la consoler et monsieur Martin lui a dit qu'il ferait sortir Magloire.

—C'est plus difficile de sortir que d’entrer opina Joséphine. Puis ele ajouta: quelle affaire cette petite Martin avait-elle R?

—Je ne sais pas. C’est pour avoir l'air d’être bonne: elle a voulu en faire accroire à son monsieur Noël.

Le dialogue continua, méchant et fielleux.

disposé. ne que ça à l'air chez eux, demanda encore Joséphine. ne doit — Tout est en ordre. C’est ce petit imbécile de Georges qui fait

tout. Il se tue à travailler. Ça l’enrichira pas.

—Je l'ai toujours détesté. C’est un sournois. Qui aurait pensé qu’il tiendrait ainsi l’épicerie tout seul, une fois Magloire parti.

—Oh\! il ne fait pas tout à lui seul: Marie lui aide,

—Qu'est-ce qu’elle connaît dans les affaires ?

—Pas grand’chose. S'ils n'avaient que leurs talents pour les ensichir C’est cette petite Martin, Gagnon le cordonnier et les au-

ensant quY tres qui leur ont donné un coup de main en parlant trop. Jui. : —Comme si c'était um si grand malheur d’être à l’asile. Il y en re ici

a d’autres qui y sont allés et on n’a pas fait tant de train. Il n’est pas mal là ; on a soin de lui.

—Oui, mais tous ces bavardages ont réussi à les faire passér pour intéressants. Les gens vont acheter là par pitié.

—On ferait bien mieux d’avoir pitié des gens qui ont conservé leur bons sens que des fous. Pe-:onne ne vient plus ici depuis que Magloire est à l'asile ; tout le moi;:1e va à son magasin —

—C'est une vraie honte!

—Parce qu’elle a des petits enfants. .... Moi aussi, j'en ai des enfants et ils sont aussi fins que ies siens.

—Oh! tu vas voir que je vais arranger cela, assura Baptiste.

a Comment vas-tu faire?

€ s'abarn% —Jée lui ai dit que j'irais aider à Georges. veau en —Tu as dit ça!

—C'est pas mal trouvé! hein ?

- n'est pas bête. Qu'est-ce qu'elle à dit?

Ce n’est pas à lui le Magasin ; il n'osera rien dire.

Tous deux se turent, suffoqués de Plaisir par l’idée de | qu'ils entrevoyaient possible.

] i rendre service, ricana Bapt Joséphine sourit silencieusement

.. —L'affaire est dans le sac conclut son mari. Tu vas voir Je vais les arranger.

Baptiste Fournier tint parole et revint chez Magloire Si trouva Georges très défiant, peu accueillant même; ;] ft donc d d’amabilité Pour l’amadouer, pour tâcher de faire tomber ses tions.

Ce fut une tâche plutôt difficile que Fournier n'accomplit Parfaitement, car Georges avait des idées bien arrêtées dont on : vait que difficilement le faire démordre.

beau-frère de Magloire Sirois n'avait que rarement fre lépicerie et n'y était pas venu du tout depuis Plusieurs années. ( dut donc l'initier, lui dire où se trouvaient les différentes ma dises; et c’est de cette manière que fut brisée la glace entre Je hommes

L'épicerie de Magloire était bien achalandée, plus qu’elle ne avant son départ de Saint-Germain, Car à cette époque ses dispo. maussades et brouillonnes ient éloigné

ressant à Georges, il disait, poliment Mais avec un ton niablement Protecteur : “où mets-ty le sucre ?—5ù serres-tu le poiv. As-tu de {a cannelle ?—Les patates sont dans la cave? orges répondait, renseignait Fournier. Celui-ci s’empr rs avec une fausse bonhomie, une jovialité feinte, prenant des entendus, mesurant Je sucre avec une gravité Presque doctorales, sant des paquets bien Propres, soigneusement ficelés, ayant l’air de Par Sa mimique expressive et exagérée : “C’est moi qui suis l’épicie

qui est là connaît l'endroit où sont les marchandises, : | 4 .

Il prenait cependant soin de flatter Georges afin que celui-c s'aperçüt pas de son manège. I] Qui demandait conseil quelquefoi VOIX presque basse, de manière à ne pas être entendt des acheteur: le complimentait sur des entrées qu'il faisait dans Les Hvyres— Tout ,

lement, sans exagération, de manière à ne pas éveiller les soupdu jeune homme.

1 venait à intervalles assez réguliers, deux ou trois fois par se- , tantôt le matin, tantôt l'après-midi.

ose singulière, il trouvait presque à chaque fois un prétexte envoyer Georges au dehors. Tantôt c'était un acheteur chez qui

= ait porter des marchandises, tantôt c’étaient des colis qui venaient lée de la vilen iver en gare et qu’il était urgent d'aller chercher. - lendant ces abscnces du jeune homme, il demeurait seul, a Baptiste.

Marie éprouvait une telle rénugnance instinctive à l'endroit de

: mier qu’elle descendait rarement à l'épicerie quand il était là. Le

S Voir comm lat était qu’il en profitait pour tenter de diriger, peu à peu, les eurs Vers Son propre magasin, prétextant que des articles deman-

he se trouvaient pas au magasin de Magloire et laissant entendre h les trouverait à sa propre épicerie. II ajoutait: “vous compre-

je me tiens ici pour rendre service ; un jeune homme et une femme

des fra pnnaissent pas grand’chose aux affaires. Il faut bien s’entr’aider

ce monde.” Il laissait hypocritement entendre qu’il avait plus de

| faction à servir la clientéle dans son 2ropre magasin, où il était

complit qu'iniiiiburs certain d’avoir ce qu'on lui demandait.

Peu à peu, le résultat de ces perfidies se fit sentir. Certains achesans défiance prirent le chemin de l'épicerie de Baptiste Fournier,

ent fréquen@aincu qu'ils trouveraient là ce dont ils avaient besoin. nées. George D'autres, sans être influencés par lui au sujet de leurs achats, se tes march nérent cependant une bonne opinion de lui parce qu'il était comntre les deu sant et charitable,—et certaines âmes simples oublièrent de s’api- : r sur la femme de Magloire, pour songer uniquement à l’apparente elle ne l'éta@é de Baptiste Fournier.

s dispositio Marie et Georges étaient vaguement inquiets mais ne savaient eurs. Depui où était le danger ni comment le conjurer. Ils constatèrent ceanchi le seui lant que le nombre des acheteurs diminuait insensiblement et ils ‘la curiosité alarmèrent.

temps dan Georges fit la découverte le premier, mais il n'osa pas en parler. ut Marie qui aborda la première le sujet, car elle avait parcouru un ton indé divres, à la fin du mois, selon son habitudes, et elle avait cru consle poivre ? une baisse du chiffre «les affaires.

: | “Il me semble”, dit-elle, “que les affaires sont diminué, €e mois-ci. s empressail —Je crois que oui, moi aussi dit Georges, mais je n'osais pas en ant des air er, j'avais peur de me tromper.

torales, fai8 —C'est singulier, je ne sais comment cela se fait. Je ne vois l’air de dire pourquoi. C’est vrai que ce pauvre Magloire n’est pas là. l'épicier ; ce —C'est vrai. Mais nous n'avions pas encore eu un mois aussi idises, maisk depuis qu'il est parti. Je me demande comment ça se fait On

it qu’il vient moins de monde ici.

celui-ci nel —J'ai cru constater cela, dit Marie, qui nomma en même temps lquefois, à ou trois acheteurs dont les visites semblaient se faire de plus en heteurs : {8 rares.

—Tout cel:

—Je l'ai vu rentrer chez Fournier, dit Georges,

en ps d'eux.

C'était une concidence surprenante, Marie et Ge ensemble la même pensée, le même soupçon, que fc

‘est-ce que cette canaille-jà nous volerait nos clients |” C'était sur Baptiste Fournier que portaient leurs soupe — Pourtant, fit Marie; je ne vois pas comment cela

faire ; il vient moins souvent ; il n’est pas venu depuis plu —C'est vrai, répondit Georges. .... Pourtant, je n’:

succès remporté, racontait à sa femme les stratagèmes qu’ ployés, les ruses qu'il avait imagi

.La nuit était venue et tous les occupants de la maison Fournier dormaient, à l'exception de s

Chambre voisine de celle de son frère, Une cloison de bois séparait les deux-chambres.—De si ches “embouvetées”, sans Crépi, a la Campagne, où le bois est en abondance et à bon marche —Quelques-unes des planches étaient mal jointes, at

Son frère parlait évidemment de la famille de sa fer fut presque tentée de monter sur une chaise, pour écouter « sait, puis elle n’osa Pas, appréhendant, sans trop savoir pour que mystère, quelque danger.

i pourtant Georges était menacé d’une m Son coeur battit plus vite et elle se rapprocha de la cloison.

€ nervosité sans cause. 1 donc au fit et fit un effort Pour s'endormir. Elle n’y parvin de suite cependant et elle pensa longtemps aux relations te existaient entre les deux familles et dont elle souffrait. Bap bien renoué connaissance avec les Sirois; mais comment se que sa femme, qui était la soeur de Magloire, n’allât pas visiter

de ce dernier ? Pourquoi les entretiens mystérieux de l’autr la cloison ?

r dans ces mystérieuses menaces qui semblaiént s’amonceler sur la du jeune homme. :

et Georges e C'est ainsi que l'amour veille et se dévoue discrètement, avant même ges formula à révéler ts!" s soupçons nt cela uis plusieurs jo e destruction.

+ n'ai pas ( Georges ne l’aima guère, mais cependant il se demandait secrète. nalheur.

Ournier, avec une habileté perfide, avait ais c’est difficile i à fai : dési tes par le jeune homme. II

irnier, exultant nes qu'il avait Son magasin q

il rencontrait maison de Bap nce, avec lesquels il avait grandi au e, qui occupait ge; p i jeunes filles de son âge, dont un bon n des deux én “avai 5 hisme” avec lui : plus de rencontres —De simples } i t mais dont il aimait beauomme on en ll austère.

marché. € comme il l'était, Georges se laissait tes, au som

bonne grâce, quand Baptiste Fournier cloison, des ni ie. pour une demi-journée, en déclarant prouver une 1 pouvait suffire à la besogne

figure: Magk Il y avait un “bazar” à Saint-Germain, une de ces ventes de charité

ont dieu une fois lan et qui sont l'évènement de la saison dans un sa femme. age.

outer ce qu’il Ce bazar était ouvert depuis une dizaine de jours et il devait en ir pourquoi, T quinze. Depuis plus d’une semaine, Geo:

OS joyeux de la fête: il uelconque. ent, dans la plus vaste loison. Puis i res, la rumeur éclatante erie de Mag Ôté ir. Il était témoin des allées ches de Magk S ; fl voyaient les ause. Elle se ères < i parvint pas ions tendues eStant qu’ils ne s’y rendaient q Baptiste à Il voyait à vrai dire passer et nent se fais: ain, car aucun n'aurai Dans les campa- “visiter da fen s, où la vie est paisible et même sans ine l'autre côté 1 fai à |’

inaire, tout ce qui , ,

s nouveaux SE d par contraste

se de menad bitante. C'est à

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