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CHAPITRE V

C'était l'après-midi, l'heure de la “malle”. Un petit groupe stationnait devant le bureau de poste, A l’intérieur, un autre groupe, attendait, plus au chaud, que je maitre de poste de Saint-Germain ent

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sous la garde de Marie, se tenait à proximite de son casier, regardant, à traver la petite porte en verre cerclée de fer et munie d'une serrure dont il avait la clef, si le maitre de Poste ou son commis ne mettait pas quelque chose dans ce casier. Un journal, :roduit violemment. frappa le fond du casier ; un Paquet de lettres l'y rejoignit, puis un autre journal. Georges, jugeant par le volume de la correspondance qu'on avait placée dans le casier tout ce qui y était destiné, ouvrit la porte, jeta les lettres dans une de ses poches et s'en retourna, en parcourant les jour-

Ce n’est qu’en arrivant à l'épicerie qu'il regarda les lettres. L'ine d'elles était de l'écriture de Magloire et adressée à Maric : demeura interdit en voyant l'écriture.

“Qu'’as-tu donc?” lui demanda Marie en s’approchant.

Il ne sut que répondre et elle vit, à son tour, l'écriture connue.

Il dui tendit silencieusement la lettre, qu'elle décacheta d'une main tremblante,

C'était bien Magloire qui avait écrit, lettre :

“Ma Chère Femme, — -

“Tu ne peux croire comme je suis heureux de pouvoir t'écrire. Il y a si longtemps que nous sommes séparés. J'ai souffert au-delà de toute expression, mais cela est fini maintenant, On me laisse plus de liberté, on me traite mieux et je crois qu'on va me relàcher bientôt.

“Que j'ai hâte de te retrouver. Il ÿ a maintenant six mois et audelà que nous ne nous sommes pas vus. Si tu savais comme j'ai pensé souvent à toi et aux enfants!

“J'aurais été inquiet sur ton sort si la pensée de Georges ne m'avait

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Marie lut avidement cette

autres.

“—J'ai passé par de vilains moments depuis que je suis ici. I] ya des jours où j'ai cru que Ça allait mal finir : mais quand je pensais à toi, à Jeanne, au petit Magloire, cela me donnait du coeur et me faisait tout endurer. ;

“Si je te disais ce qui j'ai traversé, tu ne le croirais pas. Je te ra- Contrerai tout cela quand je serai revenu; Ça ne me fera rien de penser à ce que j'ai souffert, quand je serai près de toi.

“J'ai bon espoir.

“Je t'écrirai encore. J'ai trouvé quelqu'un pour porter mes lettres à la poste sans que les gardes de l'asile s'en aperçoivent.

“Je te tiendrai au courant de ce que je ferai et je te préviendrai Quand je pourrai partir pour Saint-Germain, ce qui sera bientôt j'espère.

. rasse les enfants pour moi.

“Ton mari qui t'aime,

“Magloire.” = Les pensées et les sentiments les plus divers se heurtaient dans

l'esprit de Marie, —pitié, espérance, amour, crainte, surprise, an C'est qu'en effet cette lettre la bouleversait complètement et Ja r plissait d'une joie mélée de beaucoup de défiance. Il y avait quel

’mment se faisait-il que Magloire écrivit ainsi tout-à-co Il ne faisait aucune allusion à la lettre de Marie : il ne l'avait donc reçue? Etait-il bien sûr de recouvrer la liberté? Ne s'abusait-il p it pourtant s’il disait vrai, s’il allait arriver bientôt, —quel bonheur !

Une chose semblait certaine. Sa lettre était étrite sensément « semblait jouir de toute sa raison, Cela rendait Marie heureuse, elle ne réfléchissait Pas que si Magloire jouissait vraiment de sa rais il devait souffrir énormément, enfermé où il était.

Oublieuse un instant de tout ce qui l’entourait, elle tressauta revint au sentiment de Ja réalité des choses, quand Georges lui deman doucement, d’une voix que l'émotion étouffait : “est-ce de Magloire

Marie lui rendit la lettre, qu’il lut à son tour.

Is éprouvèrent alors le besoin de se Communiquer leurs impr sions,

Tous deux espéraient et Georges comme Marie avait été frap par la rédaction lucide et raisonnable de la lettre. Sans se le dire tn explicitement, car ils n'avaient jamais ouvertement discuté le pénib sujet de la folie de Magloire, ils se réjouissaient qu'il semblât reven ‘ la raison, et cette considération, chez eux, primait toutes les autre

Malgré ses doutes et ses incertitudes, Marie éprouvait un véritab) bonheur, qui se reflétait visiblement sur sa physionomie.

Le soir, Mina Martin vint, accompagné de Noël, fairé une prome nade à l'épicerie. Fille venait ainsi, de temps à autre, achetait quelque menus objets et causait longuement avec Marie, à qui ces visites fai saient du bien, Un charme magnétique, un rayonnement de bont: émanait de la jeune fille, au coeur grand ouvert à toutes les détresses à toutes les misères. Elle était aimée de tous dans le village, car elk Sympathisait avec tous. Depuis quelques semaines, on eut dit qu’elk s'attachait plus que d'habitude à soulager les misères, à compatir aux malheurs. Elle était en effet de celles qui ne jouissent pas en égoïste: du bonheur, mais qui en sont les dispensatrices et ne semblent vouloir ètre heureuses que pour rendre tout le monde heureux autour d'elle.

de son coeur généreux.

Elle était particulièrement jolie, ce soir-là, les joues rosées par l'animation de Ja marche ; Noël la regardait avec admiration.

Marie se trouvait dans l’épicerie, au moment où elle entrait, de même que Georges, Quand tous les duatre eurent échangé quelques paroles, Marie entraina Mina et la fit monter chez elle, pendant que Noël demeurait. à causer avec le jeune homme.

“J'ai un secret à vous conter”, lui dit-elle Mystérieusement.-

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Mina monta et Marie lui dit alors son secret,—la lettre de Ma-

re.

La jeune fille partagea la joie de Marie et elle s'efforça de dissiper les craintes de la femme de Magloire. ‘Pourquoi tout n’irai-il pas bien”, dit-elle ? “Votre mari semble confiant ; il doit savoir à quoi s'en tenir.

Marie ne demandait pas mieux que d'espérer. Ces paroles de la jeune fille lui firent du bien. :

Quand Mina partit, les coeurs battaient un peu plus vite et un peu ÿlus Joyeusement, dans la maison de l'épicier, où son passage avait eu in effet bienfaisant

Les visiteurs partis, comme il était près de neuf heures et qu'on ierme les magasins de bonne heure à la campagne, Georges rangea tout ans l'épicerie, puis il assujetiit les volets et verrouilla les portes. Marie,

‘lans ces phrases : “J'ai passé par de vilains moments depuis que je suis Ki. [1 y a des jours où j'ai cru que cela allait mal finir.”

Que signifiaient ces paroles? qu'avait bien pu vouloir dire Ma- «loire? Qu'avait-il pu souffrir en ces jours dont il semblait évoquer

Noël et Mina gravissaient la montée qui conduisait à la demeure de la jeune fille. Elle marchait au bras du jeune homme, appuyée avec la confiance franche que donnent la force et la loyauté. |

La pente était glissante et ils la montaient lentement.— Pourquoi se seraient-ils pressés du reste: au-dessus de leurs têtes brillaient les étoiles, en un ciel bleu et pur, et dans leurs poitrines chantait la chanson de l’éternc! printemps des coeurs, qui demeure en toute saison. sous la froidure comme sous les rameaux chargées de fleurs.

Les amoureux causaient d’une façon mi-enjouée, mi-tendre.

“Qui aurait dit”, faisait Noël, “que je trouverais à Saint-Germain et la fortune et le bonheur !”

—Pour la fortune, je ne sais pas, répondit en souriant Mina ; mais le bonheur, en êtes-vous certain ?

——J'ai tout lieu d'en être assuré, dit Noël, en souriant à son tour, puisque vous êtes là.

Mina n'était pas coquette et elle ne tenta pas d'interpréter les paroles du jeune homme comme un compliment: elle reprit, pour éprouver la sincérité de son compagnon :

—Ne craignez-vous pas de vous tromper? N’en avez-vous pas ren- &ntré d'autres, auprès desquelles vous avez dit la même chose? Vous partirez bientôt. ..... et vous oublierez......

Elle dit cela avec un peu de tristesse. Noël repartit vivement :

—Oh! je ne partirai pas si vite que cela. Et je n'oublierai pas non plus: je m'arrargerai au contraire, si je le puis, pour tottjours me souvenir.

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Mina ne demanda pas à Noël quelles étaient ses intentions était trop femme pour ne pas comprendre qu'une parole (d'elle provoqué un aveu décisif du jeune homme et elle référait laisser j naturellement, spontanément cet aveu, jouir quelque temps encor trouble délicieux que lui causait là pensée d'une explication défin

Noël continuait, suivant le Cours de sa pensée :

—Je ne fais Pas erreur, Vous êtes bien celle qui s'est Je CMparce dé ma pensée, 11 me semble que nous devions nous rencor et nous rapprocher dans la vie. Il y avait des obstacles entre n quand je vous ai connue, et cela ne m'a Pas empéché de recher votre amitié,

—Le fait est, dit Mina avec attendrissement, que les quest d'intérêt ne semblent pas empecher votre coeur de battre. Nous av tout admiré, à ja Maison, la gentillesse que vous avez eue de ne subordonner votre amitié et vos visites chez nous à cette affaire Contrat d’aqueduc, :

C'était une allusion à l'affaire qui avait amené à Saint-Germ les deux ingénieurs, Noël et Legris. Mina était heureuse d'avoir l' Casion de remercier Noël de sa gentilhommerie et des délicates att tions qu'il avait eues Pour elle et sa famille même après que son P eût perdu la position de maire et après que Noël, n'ayant plus bes désormais de ses bonnes grâces, eût Pu cesser de venir chez Mart

jeune‘ homme mettaient entre eux deux plus d'intimité, plus de co: fiance, elle était -eureuse de rendre hommage à sa délicatesse et li témoigner qu'elle n'y avait pas été insensible.

—J'avoue, dit Noël, que je ne suis Pas aussi “homme d'affaires que d’autres. Chacun son goût : on en trouve pour qui le dollar est ;

ä arranger ma vie comme il me plait et Pas uniquement au point «| vue de l'intérêt pécuniaire,

—Moi aussi, interrompit Mina, il me semble qu'il y a autre cho que l'argent dans le monde. Je n'ai jamais pu Comprendre les gen: Qui n’ont d'autre but dans la vie que de faire de l'argent,

trouve certainement des buts plus nobles que celui-là, r<partit Noël, I] faut être pratique et soigner ses intérêts ; mais l'argent n'est tout de même qu’un moyen, qu'un instrument Pour faire le bic» et pour jouir avec modération de Ja vie.—Mais, je m'arrête, dit-il sou. dain, je suis en train de faire un sermon et mons'.ur le curé s'en :.-

—Cet excellent curé, fit Mina ;: en voilà un qui ne s'occupe pas beaucoup de l'argent. Tout ce qu'il a appartient aux patvres.

Out en causarit ainsi, ils étaient arrivés. Mina invita le jeune

me à entrer, mais il S'excusa, ayant un peu de travail ce soir-là .

La construction de l'aqueduc était en effet achevée: lui et Legris de-

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vaient maintenant faire les derniers essais, préparer des c mmpt « et des factures, mettre la dernière main à l'affaire.

1 promit néanmoins de revenir le lendemain. La jeune fille entra seule.

Sa soeur Louise l'avait entendue et Courut à sa rencontre, ‘Quelles nouvelles!” cria la cadette.

—Attends un peu que je me déshabille, répondit Mina, en la repoussant doucement,

Elle enleva son Manteau, Ota ses caoutchoucs. suspendit son ghapeau à un des nombreux crochets dorés dont une rangée courait le le du corridor, puis elle pénétra dans le boudoir, où était réunie la famille

C'était toujours le même intérieur calme et paisible, où madame Martin jetait l'éclat de sa grâce sereine, où le père mettait la note srieuse et où les filles apportaient la gaieté franche, le rire joyeux et sonore des personnes jeunes encore et qui n'ont pas commencé à souffrir dans la vie, qui n'ont encore vu de toutes choses que le bon et beau côté,

“Tu arrives de chez Magloire Sirois”', dit madame Martin, qui désignait par habitude l'épicerie du nom de son propriétaire absent.

Oui, maman, répondit Mina.

—Sa femme a dû être contente de te voir,

—Marie! Ça lui fait toujours plaisir quand quelqu'un va chez elle. Pensez à la triste vie qu'elle fait!

— Elle a bien du mérite à souffrir comme elle ‘fre.

—Si j'étais à sa place, dit impétueusement 1 je sais bien ce que je ferais!

—Et quoi donc? demanda Stella, amusée de «ue vivacité.

—J'irais retrouver mon mari!

—1l faudrait que tu sois folle comme lui, dit Stella. —Ïl n'est pas fou!

—Qui te l’a dit?

—Je le sais bien.

-—Pourquoi l'nt-ils enfermé alors? *

Louise ne suc que répondre.

—Vous feriez bien mieux de ne pas parler de choses que vous ne Connaissez pas, dit monsieur Martin, impatienté.

Mina ne put se retenir de dire, en s'adressant à ses soeurs :

—Je pourrais vous renseigner, moi, si vous vouliez me prometre d'être discrètes. '

—Toi, fit madame Martin, étonnée.

—Oui, maman ; j'ai vu une lettre...

—Pas une lettre de Magloire! toujours! interrompit violemment monsieur Martin. :

Mina se tourna, étonnée, vers son père :

—C'est justement cela, dit-elle. Le saviez-vous ?

—Non, répondit monsieur Martin, avec humeur. Con …e! Qu'est-ce qu’il y avait dans cette lettre?

—Vous ne le direz pas, n'est-ce Pas, papa, implora Mina : la femme

de Magloire ne m'a as défendu d'en arler, mais j'ai cru compren P

—Il ne fallait pas en parler, dit sentencieusement Stella.

— Allons, tu sais bien que personne n’en parlera, fit le père, co ciliant.

Mina dit alors ce que contenait la lettre et comment Marie l'av. reçue.

—C'est étrange, dit enfin monsieur Martin; je n'aurais pas cru ç — Pourquoi, papa, se hasarda à demander Louise ? — Parce Gue les gens qui sont à l’asile n’écrivent pas d’habitud: —Mais puisqu'il dit qu'il a envoyé cette lettre à l'insu des garde

— Allons, c'est bien possible, murmura monsieur Martin; puis ; ajouta, plus haut, d'un ton qu'il s'efforça de rendre léger et indifférent il n’y a pas de mal à ça.

—Sa femme est très heureuse, dit Mina: elle espère qu’il va sortir bientôt, comme il le dit.

—Sans doute, sans doute, affirma doucement monsieur Martin:

puis il dit aussitôt à Mina : tu feras peut-être bien de ne pas lui dire que tu nous en as parlé,

—C'est justement ce que j'allais vous dire, répondit Mina, qui avait confusément la pénible impression d’avoir commis une bévue et qui n était certes pas pressée d'aller s’en vanter à Marie. Pourvu, pensait-elle, que son indiscrétion n’eût pas de suites fâcheuses

Germain, en ce temps-là, et les gens ne s'en servaient pas encore beau- Coup, n'y étant pas accoutumés. Il n'y avait que cinquante abonnés dans tout le village. Beaulieu se demanda donc avec surprise qui pouvait bien l'appeler aussi à bonne heure.

Sa surprise cessa quand il reconnut, à l’autre bout de la ligne, !a voix de l'avocat Louis Martin.

—Comment êtes-vous, demanda-t-il ?

:—Bien, merci, répondit Martin. Je voudrais vous parler d’affaires. Allez-vous être à votre bureau d’ici quelques minutes.

— Oui, certainement.

— Alors, c'est bien, je vais aller vous voir.

—Au revoir, dit Beaulieu, à tout à l'heure. Et il suspendit le ré- Cepteur, se demandant ce que Martin pouvait bien lu: vouloir,

»mprendre

père, con-

rie l'avait dit que le : plafond , pièce.

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habitude.

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qu'il va

Martin:

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na, qui

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eau, le Saintbeaubonnés i pou-

me, la

d’af-

le ré-

Il n’attendit pas longtemps. Les distances ne sont pas longues à la campagne ct Martin apparut bientôt.

Beaulieu le reçut fort aimablement. Après quelques civilités préliminaires, Martin lui apprit le but de sa viste.—[l venait lui dire que Magloire Sirois avait écrit à sa femme!

Si Marie eût entendu ce qui se dit entre les deux hommes, elle eût amèrement regretté d’avoir parlé de la chose à Mina ; et celle-ci ellemême n’eût pu croire, si on le lui avait révélé, que son père complotait contre Magloire Sirois: elle aurait été fort malheureuse. Mais ni l’une ni l'autre ne se douta de la chose et les deux hommes discutèrent ensemble, sans vergogne, les mesures nécessaires pour empêcher la réalisation des projets de Magloire Sirois et des voeux de sa femme.

“TL est possible”, dit Martin en quittant Beaulieu, “que la lettre ne soit pas de Magloire; mais c’est probable qu’elle est de lui. Je ne vois pas comment on aurait pu ainsi mystifier sa femme.

—Oh! je vais m'en assurer, répondit Beauliey. Je vais y voir. Et croyez bien que je vous suis reconnaissant du service que vous me rendez. Je tâcherai, à l’occasion, de vous prouver que vous n'avez pas oblige un ingrat.

Martin protesta que cela était un plaisir pour lui de rendre service à Beaulieu et il partit fort satisfait des assurances d'amitié du député, supportant. légèrement le poids de la vilenie qu'il venait de commettre.

Le mème soir, une lettre partait de l'étude de Beaulieu, à l’adresse du directeur médical de l'asile où était renfermé Magloire Sirois.

Les médecins de ces institutions sont des fonctionnaires du gouvérnement provinclai. Georges Beauwiieu, en sa qualité de membre de la législature locale, était à même d'exercer une pression sur le directeur médical de l'asile; il ne s’en fit pas faute: sa lettre, écrite très courtoisement en apparence, était en réalité, comminatoire et pressante, I disait: :

“Mon Cher Docteur, —

“On m'apprend qu'un de vos pensionnaires du nom de Magloire Sirois, vient d'écrire à sa femme. Cette information m'a été donnée par des gens dignes de foi et je n'ai aucune raison de douter que madame Sirois ait reçu une lettre de son mari. La seule chose que je ne sache pas, c'est dans quelles circonstances cette lettre a été écrite et envoyée.

“Permettez que je vous demande de me renseigner là-dessus, car le nommé Magloire Sirois vient de Saint-Germain, qui est comme vous k savez peut-être dans le comté que j'ai l'honneur de représenter à la à la législature. :

“C’est un homme très violent et que l’on considérait, à tort ou à raison, comme dangereux, au moment où il a été interné.

“Si sa lettre a été envoyée avec votre permission et s’il est réellement en voie de parfaite guérison, tant mieux: mais s'il est encore malade et s’il a écrit à votre insu, je crois que vous devez être mis au courant de son escapade.

met

“Il se vante, Parait-il, dans cette lettre, qu'il sortira biento: l'asile, On a eu Connaissance de ces déc i

ine, j a plus: à titre de Sp je me sens justifié de vous demander ce Qui en est, car si cet horr ici t d’être Parfaitement guéri, il Pourrait faire quel, malheur,

“Vous comprenez comme ma situation rait le 8ouvernement parce que la direction erce un contrôle assez séva

serait délicate. On blàr de l'asile n'aurait pas sévère sur ce Pauvre insensés je serais

moi-mé lâmé “Je vous serais donc reconnaissant d'exercer une Surveillance p: ticulière sur ce Cas.

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