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“Catin”, qui ne lui convenait pas du tout, car il était grand et fo c'est ce que lui-même n’aurait pu dire. On donne ainsi des sobrique dans les campagnes, et ils demeurent Souvent après que la raison les à fait donner est oubliée. “Catin Leblanc” était fort déluré, p: timide du tout et même quelque peu ivrogne, de sorte que son surnor qui s’applique dans le langage populaire, à des personnages effémin et maniérés, s'expliquait difficilement. Il prenait soin du cheval « monsieur Martin, allumait le poêle du “bureau” et faisait les commi. sions. Il demeurait chez sa même et ne venait que le jour chez mor sieur Martin. Après avoir donné une “portion d'avoine” au chev le matin, et après lui avoir chercher “la malle” du matin, qu’il rapportait pendant le déjeüner. C'était le premier évènement de la jor-née, dans l’intérieur paisible où les journaux apportés par “Catin” p aient à la famille Marti de se renseigner sur ce qui se passait dans 1e monde extérieur. C’étai
rares à la campagne et les faits et gestes des citoyens et des citoyenne d’un village ne fournissent Pas toujours un aliment suffisant aux con
“Catin” arrivait avec “la malle”, juste au moment où monsieu: Martin s’informait de lui. La cuisinière l’apporta à madame Martin qui passa à son mari les Jettres et un journal anglais. I] y avait auss deux journaux français, qui firent le tour de la table, car chacun le: parcourut, tour à tour, tout en mangeant et en conversant.
Le silence se ft tout à Coup, chacun se taisant au même moment comme si tout s'étaient concertés. Ce fut “John” qui le rompit, en demandant à son père des nouvelles de la séance du conseil municipal.
Les jeunes filles se récrièrent quand leur père leur apprit que le projet d’aqueduc n'avait pas été adopté.
—“Ça serait si commode,” dit Mina, d'avoir un aqueduc.
—Et puis monsieur Legris et monsieur Noël méritent de l’encouragement, continua Stella.
—Tout n’est Pas perdu, affirma monsieur Martin; nous nous reprendrons. C’est heureux cependant que Leroux n'ait pas été au conseil; nous aurions pien pu être battus par lui.
—Il n’est pas avec vous, demanda John ?
—Je ne le sais pas: je n’en suis pas certain.
—Et Groulx a fait “du train,” comme d'habitude, demanda encore John?
Plus que d'habitude, répondit son père. Et, il dit comment le conseil, à l’instigation de Groulx, avait adopté une résolution dirigée contre les bicyclistes. Il ne raconta pas tout, mais ce qu’il dit suffit à exciter l'indignation des jeunes flles. Un concert de malédictions s'éleva contre lui. “Le vilain grognon,” conclut Mina.
“En tout cas,” dit monsieur Martin, “il faudra que vous ne pas-
siez plus sur le trottoir. Je n'ai pas envie que vous soyez mises à l'amende.