‹ Au village [microforme]Chapitre 7 sur 31 · HE · texte numérisé non relu

HE

—C'est fait exprès, je suppose, dit Stella.

—Il y a d’autres bicyclistes que vous dans le village ;

mais je n'ai pas le moindre doute que c'est pour m'être désagréable que Groulx a fait cela.

envieux et un ambitieux.

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Comme tous les avocats de campagne, Louis Martin avait été

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obligé de “‘faire un peu de politique,” dans l'intérêt de sa clientèle. avait même brigués les suffrages des électeurs du comté, mais sans ; cès. Il était “bleu”, en politique, et il eût tout aussi bien été “rou, comme tant d’autres qui sont “ceci” uniquement parce qu'ils ne : pas “cela”. Au demeurant, fort brave homme, bon E à et ép modèle,

Une couple de clients l’attendaient au bureau, lorsqu'il y arr L’un était un marchand de bois qui était en difficulté avec des “h: tants” sur les “terres” desquels il faisait Charroyer ses billots: l’a: était Ferdina Côté, un des bouchers du village, qui venait raconte Louis Martin qu'un voisin lui avait “fait perdre” un cheval.

Pendant que le maire s’absorbait avec ces clients, Magloire Sir. demeuré devant son épicerie, occupé à ranger des caisses, contim avec le cordonnier Gagnon le conversation qu’il avait commencée a Louis Martin.

Le cordonnier venait souvent fumer une pipe à l’épicerie, car boutique était tout près, à quelques portes seulement de distance.

Le cordonnier, que son âge autorisait à donner des conseils Magloire Sirois, lui disait: “vous vous tournez bien les sangs #x rien, avec ces histoires d’aqueduc. Pourquoi se dépêcher autant q cela? Si vous attendiez seulement un peu, Groulx aurait honte de : tarder le projet plus longtemps et il serait le premier à être en fave de l'aqueduc.

—Pourtant, monsieur Gagnon, à le connaître comme je le conna c'est difficile à croire.

— Supposons que je me trompe, qu'est-ce que ça va vous donn: en tout cas, d’avoir l’aqueduc ?

—C'est pas tant pour l’aqueduc comme pour avoir le dessus s ces maudits rouges, dit Sirois, qui était un bleu, tandis que Groulx les deux autres conseillers qui avaient votés contre le projet de Leg: et de Noël étaient du camp opposé.

—Moi, dit le cordonnier, je vais voter, aux élections, mais une fo que c’est fini, je ne m'occupe pas des rouges et des bleus. Je ne cor prends pas qu’un homme dans le commerce fasse de la politique. C’e bon rien qu’à nuire; moi je laisse la politique aux avocats.

—Oh! vous vous en mêlez bien un peu, des fois.

—C'est vrai, mais pas beaucoup. J'ai peur de ça: la politique Ja boisson, il n’y a rien pour faire du tort à un homme comme cela.

—Ma femme parle tout le temps comme vous, dit Sirois; si j l’écoutais, je ne sortirais de la maison que par affaire. Moi, j’aim bien Ça quand il,y a un peu de “train”.

—Oui, ...... dit lentement le cordonnier ; puis laissant la polit que, il parla de la :empérature, qni se faisait très froide: nous allon avoir de la neige bien vite. :

—Tant mieux; ça fait un bei hiver, quand il y a de la neige “e masse”: Parlez-moi pas des hivers sans neige.

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—Dans mon temps, six pieds de neige. =

— Tiens! s'exciama soudain Sirois, les ingénieurs qui s’en vont voir monsieur Martin.

—Ah! oui, on les aperçoit d'ici.

maintenant.

—Oui, conseil.

dit le cordonnier, il y avait toujours cinq ow

Ils vont s’en retourner à la ville

nous essayerons de faire passer ça après les élections du

“C'est comme je vous dis, monsieur Côté, si votre voisin a fait briser les pattes de votre cheval en l’effarouchant et en lui faisant sauter la clôture, vous avez droit de “l’actionner”’. Quand vous serez décidé à prendre l’action revenez me voir et nous “marcherons” cela.

—Je reviendrai la semaine prochaine, monsieur Martin.

—C'est bon. Au revoir.

Louis Martin échangeaient ces paroles avec le boucher Ferdina Côté, quand les deux ingénieurs entrèrent. Il eut une exclamation de Plaisir, en les apercevant: “ah! bonjour, messieurs. J'espère que la séance d'hier soir n’a pas gâté votre nuit. :

—Non, merci, dit Noël, mais elle a accepté, nous ne serions pas restés longtemps, car ï est trop tard pour commencer le travail ; mai i rien du tout pour nous retenir.

—{C'est dommage, dit le maire ; Quand partez-vous ?

—Nous prendrons le train demain. .

—J'espère que vous viendrez chez moi, avant de partir. Venez

veiller, ce soir ; vous me feriez plaisir.

L’invitation était faite de bon coeur ; les deux jeunes gens l’acceptèrent.

“Ils sortirent ensuite.

“Faisons un bout

—Oui, répondit Legris ; j’ai envie de de pouvoir me dégourdir le cerveau: ce n’est pas précisé-

ment amusant de moisir dans ce satané village. Si encore nous n’a-

vions pas fait un voyage inutile.

.—Je ne comprends Pas que le maire n’ait Pas pu faire réussir le

projet.

politique ici. Il suffit qu’un bleu propose

quelque chose pour que les rouges n’en soient pas, et Ça serait la même

été faite par un rouge.

—Nous aurions dû nous concilier les rouges aussi.

—Je pensais que le maire pourrait tout arranger.

— Tu lui avais fait espérer qu’il aurait une Commission sur le

ui.

—Et il avait accepté?

—{Certainement.

je étonnant; c’est pourtant un honnête. homme, —Ïl est comme bien d'autre, dans une affaire pareille il n pas de mal à accepter un “petit cadeau”.

a ne nous coûtera pas cher de cadeau, si ça continue «

—Oh! j'ai dans l’idée que Ça va aboutir.

— Nous ne nous en OCCuperons plus d'ici au mois de janv —Oh! je m'en OCcuperai, moi, j'ai mon idée. = Noël abandonnait volontiers à Legris la conduite des négociz d’affaires et se contentait de jouer le second rôle en ces matières aimait sa profession, mais les discussions et les pourparlers d’af l'ennuyaient. Il ne demanda donc pas à Legris en quoi consistai “idée

cela

Les deux ingénieurs passèrent une soirée agréable thez le n Martin, qui était très hospitalier et dont la femme et les filles recev Avec une amabilité charmante.

Les relations sociales entre les gens du village.se réduisaient à de chose. Chacun vivait casané dan de visites. La présence d'étrangers d'être les hôtes de ceux qui voulai

in accueillie. En retour des prévenances dont ils étaient l’obje renseignaient ceux qui les recevaient s i Î à da ville. Et quoiqu’ils se contenta

dires sans grande importance, cependant un peu de l’atmosphère

des villes a de plus actif et de plus fiévreux que l'existence utile calme et moins secouée des habitants des campagnes.

Les filles du maire Martin étaient quelque fois allées à Ja ville si elles écoutaient :avec intérêt ce qu’en disaient les jeunes gens, e n'étaient cependant pas fascinées par les attraits des grandes cités.

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