SE
On ajoutait quel
fois un nom; quelquefois on en retranchait un autre, mais le rés:
était toujours favorable.
Magloire Sirois assistait à toutes les réunions. Il se prodig Sens compter, se couchant tard et se levant tôt, dépensant avec argent. Quoiqu'il fût d’une f,
extraordinaire, quand il montait le soir à son logement, situé au-de de l’épicerie, il était exténué. Il prenait une lampe et il allait regai dormir dans leur chambre, ses deux enfants, Jeanne, l'ainée, âgée Quatre ans, et le bébé, qui s'appelait Magloire comme son père et
petits lits blancs; son coeur gonflait d'orgueuil et d'affection en contemplant les deux ché
endormis, dont la lampe éclairait les charmantes fi chaleur du sommeil, Un apaisement se faisai bliait tous les tracas et toutes les luttes de 1 De la chambre des enfants il passait da sa femme. “Dors-tu, Marie ?” demandait-il ment, il recevait une réponse négative, car sa femme ne dormait gu tant qu'il n'était pas monté. Elle ne voulait pas le lui dire, de crai de le chagriner, mais l'ardeur avec laquelle il se jetait dans les fut politiques, négligeant ses affaires et oubliant quelque peu sa jet famille, la peinait beaucoup. Elle laimait et elle se savait aimée, m gré tout, et elle se taisait : mais elle souffrait de cet état de choses, « lui inspirait parfois de vagues frayeurs.
Beaulieu et ses partisans déployaient une activité extraordina et faisaient un travait de cabale très efficace, quoiqu'il ne fût p très apparent, et ce travail était d'autant plus dangereux. Ils organisaient en ce moment une assemblée à laquelle tous ce: qui votaient pour Beaulieu dans les élections provinciales avaient é spécialement convoqués. C'était plutôt une assemblée rouge qu’u: réunion d’électeurs municipaux qu’on préparait. Elle devait avc lieu chez Groulx, qui avait enlevé tous les meubles du rez-de-chaussé pour la circonstance, afin d’avoir plus de place. La convocation eut un plein succès et le nombre de ceux qui r pondirent à l'appel, le soir de l'assemblée, fut très considérable. Æ attendant que les discours commençassent, on causa, et une rumei sensationnelle se répandit bientôt dans la foule: “un des ingénieu: civils qui avaient proposé l'installation de la lumière’ électrique et Construction de l’aqueduc était dans 14 maison et allait prendre part l'assemblée.’
Comment était-il venu et qu'allait-il dire, voilà
à voix basse. Invarial
: qu'on se demar dait.
Beaulieu, Groulx et Adélard Legris descendirent en supérieur où ils s'étaient retirés.
Beaulieu, très sérieux et un Partie à jouer, prit la parole.
na de l'étag Des applaudissements éclatèrent.
peu énervé, car il avait une gross
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nous, monsieur Adélard Legris, l'un des deux ingénieurs civils qui
“Mes amis”, dit-il, “vous êtes peut-être étonnés de voir ici, avec
ont
fait au conseil des propa:itions qui ont été repoussées et contre lesquelles j'ai voté moi-:cms.
“Sa présence es cependant d'n heureux augure: et quand je suis certain que vous vous en ré-
Yous en aurai donné !+5 raisons, j:
jouirez avec moi,
vue, c'équelques
“Monsieur Legris. était étranger à ces menées contraires à l’intéêt public. C’est ün homme intelligent et c’est aussi un honnête omme ; nous avons donc fini Par nous entendre et par élaborer un
j gris va lui-même vous exposer et qui re municipali naires, Beaulieu fi
les luttes à Saint-Germain sa jeune les citoyens mée, mal- dollars que hoses, qui ordinaire > fût pas , ous ceux Mine fois au conseil municipal, is-ci pour de fielleux aient été gent d'assurance un véritable triomphe. Legris répondit avec em- € qu'une u’on lui demanda: Groulx ait avoir Connaissait pas de bornes.
chaussée, Ë Les auditeurs eux aussi Leur désir d’avoir ir Î accord avec l’allé- LL — En LP: et s'ils avaient été — | ent, ils étaient mainte- LR l'ardeur était certainement de bon augure igénieurs | jue et la & : :
x à Legris re part à > a P 3 “il n'y a plus rien deman- ! à Je suis certain que la moitié des É Martin vont venir à moi. Je suis certain e l'étage # Re — ; . : 1 dit Legri Érent — J£ n'aurais jamais cru à un reviremen pareil, dit Legris.
e grosse À
—Vous ne regrettez pas d’être venu, n'est-ce pas ? —Certainement que non.
—Vous aurez le contrat, la seule différence, c’est que vous devrez pas au maire Martin mais au maire Beaulieu.
—Vous allez être maire!
—Chut, dit Beaulieu, en souriant, n’en nous verrons ce qui arrivera.
—Je ne sais vraiment comment je pourrai m'acquitter à égard, monsieur Beaulieu.
ë — Alors, ça fait votre affaire.
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—Eh! bien, cela fait la mienne aussi, interrompit Beaulieu
Legris devait retourner le même soir et l'heure du train arrivait, “a de:ieure de Groulx n'était pas loin de la l’agent d'assurance et Je député y accompagnèrent Legris, à qui ils haïtèrent un bon voyage.
—Mes amitiés À monsieur Noël, dit Groulx.
—Et c’est entendu qué vous nous revenez l'été prochain, Beaulieu.
parlons pas mainte
—Au revoir, messieurs, dit Legris en Sautant sur le marche-
Le train démarra et ainsi finit le voyage de Legris à Saint-Gern
La nouvelle de ce voyage se répandit dans le village comme traînée de poudre, le lendemain. On ne parlait pas d'autre chos Martin et ses Partisans furent consternés.
Sirois ne parlait de rien moins que de “monter en ville”, et d’: voir les deux ingénieurs pour obtenir des explications. “Si j'en ra nais un”, disait-il, ‘ on verrait bien que Beaulieu à conté des blagu
—Mais s'ils ne veulent Pas se remettre avec nous, répondit Mai ton voyage fera rire de nous.
—S'ils ne veulent Pas venir, je leur ‘dirai ma façon de penser.
—À quoi cela nous avancera-t-il, répondit Martin, qui connais le tempéramment irascible de Sirois et qui craignait les écarts de trop fougueux partisan.
Quand Martin rentra chez lui, le midi, il anonça la nouvelle faisait l’objet des Commentaires de tout le village.
“Un des deux ingénieurs était ici, hier, dit-il.
—Vrai! s’exclamèrent les jeunes filles, lequel ?
Monsieur Martin ne savait pas au juste si c'était Noël ou Leg et il ne put donc répondre à cette question.
—Où est-il, demanda Louise ?
—1l est reparti. "=
—Déjà!...... qu'est-ce qu'il était venu faire ?
—C’est ça que je ne comprends pas. On dit qu’il est venu ass ter à une réunion d’un comité électoral de Beaulieu.
—Ça n’est pas possible, s’écria Mina, avec indignation. Il n’a rait pas fait cela.
—Je ne sais pas qui c’est, remarqua monsieur Martin. Je ne sa pas si c’est monsieur Noël ou monsieur Legris.
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de la gare : #
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ochain, dit 2
iarche-pied.
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”, et d'aller j'en rame-
—Je suis certain que ce n'est pas monsieur Noël, répéta Mina, avec obstination.
—{Comment le sais-tu, demanda Louise ?
—Je le connais, il est trop gentil pour faire quelque chose comme cela.
—Le fait est que ce n’est pas bien à l'égard de votre père, dit madame Martin. Ils jes avait invités ici et il les avait reçus comme s’ils avaient été de la famille.
—Îls m'ont joué un. beau tour, dit monsieur Martin, Je ne sais plus quoi faire.
—Mais s'ils sont avec monsieur Beaulieu, dit Stella, il faut que monsieur Beaulieu soit en leur faveur. Alors vous allez vous trouver tous ensemble,
î —Ce n’est malheureusement Pas Comme cela que ça va tourner. Beaulieu veut s'occuper de la chose, maintenant, pour s’en attribuer
tout le mérite. ;
—1l n’y aurait pas moyen que vous vous entendiez, papa, dit Mina ? —Non, malheureusement. Enfin. ..…., On va voir ce qu’il y a à faire.
É Monsieur Martin partit sur ces paroles, en laissant les membres de sa famille dans‘l’état d’excitation que l'on peut concevoir.
À “Et surtout, papa”, lui demanda Louise, comme :il s'en allait, 2 ‘n'oublie pas de t'informer si c’est monsieur Noël ou monsieur Legris.”
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dit Martin,
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