V. Vie familiale
Mais alors si vous préférez, moi, pauvre entremetteur, Je vais faire venir une chaise vitrée!
Notre fille unique ne va même pas en chaise!
Mais alors votre fille unique va-t-elle à cheval?
Elle n’a que faire de ton cheval sans selle!
Sa sœur la portera !
Mais où faut-il la porter?
Que sa sœur la porte dans la cour de la famille Li. C’est vrai, le jour de livrer notre fille est arrivé!
Mais à qui la livrer?
e.: Tso-ko lo-yi kyo!
So djeu mou nè kyo.
Yo-p’o-zo lo kyo.
Yo-mo nè l o kyo.
Dieu du foyer livrer!
Trois prostrations faire livrer.
Beau-père livrer.
Belle-mère et livrer.
Livrez-la à l’esprit du foyer!
Quand elle lui aura fait trois prostrations, On la livrera à son beau-père,
On la livrera à sa belle-mère!
Quand on a bien chanté, le garçon s’en retourne chez lui, accompagné par un de ses parents.
L’entremetteur, lui, fait le salut au père et à la mère de la fille, les invitant à se rendre à la noce chez le garçon. Le père, la mère et tous les membres libres de la famille, se rendent en effet à l’invitation, chacun portant ses couvertures pour la nuit. La sœur aînée, ou à son défaut, une parente plus vieille, prend la jeune mariée sur son dos, et tout le monde se met en route, conduit par l’entremetteur *.
Avant d’arriver à la maison du garçon, on s’arrête sur la route. L’entremetteur seul se rend là-bas, annoncer l’arrivée de la fiancée et de ses parents, et demande quelques hommes de bonne volonté pour venir porter les couvertures des invités.
A Kou-ti, c’est la femme de l’entremetteur qui porte la jeune mariée.
ICO
Vie psychique des Lo-los.
Il revient bien vite avec les hommes de bonne volonté, là où il a laissé la fiancée. Il allume une torche, tandis que sa femme distribue du tabac, et l'on fume une pipe.
Et le cortège se remet en route après qu’on a bandé les yeux à la jeune fille. Celle-ci, en effet, ne doit pas voir sa belle-mère en entrant à sa nouvelle demeure, cela porterait malheur, et ce serait pour toute la vie des disputes continuelles entre elles. Si elle voyait son mari, ce serait plus mauvais signe encore, les deux époux ne s’aimeraient jamais et se battraient à mort.
La fille voilée, on remet à sa porteuse, ou 16, ou 36, ou 36, ou 66 sapèques, suivant la fortune de la famille du marié*.
La sœur aînée donc porte la mariée au milieu de la cour. Là, elle la dépose, et de suite la conduit devant la porte de la cuisine, où elle lui enlève son bandeau. A deux elles entrent à la cuisine et se prosternent devant l’image de l’esprit du foyer. Et elles restent à la cuisine, où d’autres compagnes viennent les rejoindre, c’est là qu’on leur servira à manger au moment du repas.
Pendant ce temps, l’entremetteur présente les parents de la fdle aux parents du garçon. Et le festin préparé, on se met à table.
Après le repas, on chante et surtout on danse. La fdle sort et danse comme tout le monde, ainsi que le garçon.
Voilà la règle. Est-elle fidèlement observée? Oui, dans les grandes lignes. Mais que la fille ne voie pas sa belle-mère, ni son mari, qu’elle reste à la cuisine, etc. tous ces petits détails ne sont guère observés, ce qui prouve l'origine chinoise de nombre de ces choses futiles.
La fdle reste chez son mari 2 ou 4 jours, sa sœur aînée lui tenant compagnie. Après ce laps de temps, le jeune ménage, en compagnie de la même sœur aînée, va passer quelques jours chez les parents de la fdle. Après 3 ou 4 jours, les deux jeunes mariés reviennent chez le garçon. On dit adieu à la vie de jeunes gens et on mène dès lors la vie sérieuse.
* Si la fille est grande, on ne la porte pas à dos, sinon à partir de ce moment.