V. Vie familiale
cette dernière à nouer des relations illicites (avec les Chinois) qu’elle conserve parfois sous le toit conjugal.»
Il n en reste pas moins vrai qu’après un mariage bien assorti, les mœurs sont très-pures dans la plupart des tribus lo-lo. Ainsi j’ai vécu huit ans chez les A-hi, et pendant tout ce temps, je n’ai vu qu’un cas d’adultère, sévèrement puni, du reste.
Si je m en rapporte aux textes officiels, la loi chinoise ne prohibe pas les mariages entre Chinois et Lo-lo. Cette prohibition n’existe au Yun-nan que pour les Chinois étrangers et les Pai-y 2. On peut lire en effet dans le livre du P. Houang*: «Ceux qui font le commerce avec les Barbares de 1 extérieur dans la province du Yun-nan, étant pour la plupart des étrangers venus des provinces du Kiang-si et de Hou-kouang, et les localités de Lou-kiang dans la préfecture de Yong-tch ang, et Mien-ning dans la préfecture de Choen-ning (Province de Yun-nan), étant les ports auxquels se rendent de toutes parts les trafiquants, il est sévèrement interdit à ces étrangers du Kiang-si et du Hou-kouang de contracter mariage avec les Barbares Pa-i 3, voisins des confins de la Province de Yun-nan et de la Birmanie.»
Malgré cette non-prohibition, très-rares sont les mariages mixtes entre Lo-lo et Chinois. La chose se voit parfois, mais alors le Chinois s est naturalisé Lo-lo, et habite dans le village lo-lo depuis sa plus tendre enfance.