V. Vie familiale
le nouveau-né est un garçon, elle ne doit pas davantage manger de la viande de chapon.
Pendant un mois moins trois jours, si le nouveau-né est un garçon, pendant un mois plein, si c’est une fille, elle s’abstient rigoureusement de tout travail aux champs ou à la montagne. Elle se contente de nourrir les cochons, de filer le chanvre, et de faire cuire le riz, quand il n’y a personne autre pour ce faire.
Il n’est pas reçu pour elle d’aller chez les voisins, mais par contre, aussitôt l’enfant né, tout le monde peut venir la visiter, sauf les femmes enceintes. La visite d’une femme enceinte ferait tarir le lait de la mère. Si par erreur, ou par absolue nécessité, une femme enceinte se présente cependant chez elle durant ce mois, elle doit donner à boire à la mère un bol d’eau fraîche, remède in faillible dans ce cas pour éviter le tarissement du lait.
Quand une femme a mis au monde son premier enfant, ses frères et sœurs doivent aller la visiter et lui porter:
2 mesures de riz non-décortiqué ;
1 mesure de fèves;
1/2 livre de graisse;
1 livre de sel;
20 œufs;
1 morceau de sucre (1 livre environ).
Et pour l’enfant:
1 robe;
1 bonnet;
1 ceinture servant à porter l’enfant.
Un mois écoulé après la naissance de ce premier enfant, également le père et la mère de la femme doivent une visite à leur fille, chez qui ils doivent demeurer pendant quatre jours. Ils apportent 2 mesures de vin et 4 livres de viande.
Un mois après la naissance a lieu, chez les Lo-lo p’o, une petite fête en l'honneur de l’enfant. C’est après cette fête que la mère pourra reprendre le cours de sa vie ordinaire. Comme je l’ai dit déjà, on attend un mois plein pour les filles, et vingt-sept jours seulement pour les garçons. La raison en est, paraît-il, que les filles, âgées, ne vont jamais au loin. Les garçons, au contraire
Vie psychique des Lo-los.
doivent parfois entreprendre des voyages. Si donc la mère sort trois jours avant le mois accompli, plus tard devenu grand, le fils, en voyage, ne s’attardera pas dehors et reviendra vite à la maison.
On profite de cette petite fête pour donner un nom à l’enfant. On invite quelques voisins et voisines. Un homme choisit le nom du garçon, une femme choisit celui de la fille. Celui ou celle qui choisit le nom, tenant l’enfant entre ses bras, fait la prostration à l’esprit du foyer, à qui l'on sacrifie une poule.
Si l’enfant pleure trop, on lui change son nom.
Pendant deux mois, le père couche dans un lit à part, la mère couchant avec l’enfant.
A quatre mois, on commence à donner à l’enfant du riz mâché par la mère. Si même auparavant le lait de la mère n’est pas abondant, on fait cuire du riz avec du sucre, dont on nourrit le nouveau-né.