V. Vie familiale
cas, ou dans les chansons. Eh est une corruption du chinois eut 10 = deux.
Le 4e enfant (un garçon) est appelé Tcha siou , du chinois Tch’ang siou 11 .
Le 5e enfant (une fille) est appelé Neu sa, du chinois sari 12 = trois.
Le 6e enfant (une fille) est appelé Neu seu, du chinois seu 13 = quatre.
Le 7e enfant (une fille) est appelé Neu ouo, du lo-lo ngo ou ouo = cinq.
Le 8e enfant (une fille) est appelé Neu leu, du chinois lou 14 = six.
Le 9e enfant (un garçon) est appelé Tcha ui, du chinois TdTang uin 15.
La plus jeune des filles est souvent appelée Neu dè ou Neu lè qui veut dire «fille dernière», ou encore de son numéro d’ordre, précédé de la particule a: par exemple, A-lou, qui devient ainsi un terme doux. Le plus jeune des garçons est souvent appelé lui aussi Zo dè ou Zo lè qui veut dire «fils dernier», ou encore du terme doux A-po = «chéri».
Rares, chez les Lo-lo p’o, sont les individus qui n’ont pas un surnom, tant chez les hommes que chez les femmes. Nous avons ainsi, pour les garçons:
Nyi-sya — Habile à dérober les animaux pris aux filets.
Ta ts’o — Raccordeur de morceaux de sapin.
Li ts’o = Raccordeur de bottes de semis de riz.
Chè ts’o = Raccordeur de morceaux de serpent.
Vou bè = Petit corps — grosse tête.
Hè-k’a — Très maigre.
Mè-sè a-nè kè = Corbeau lui a bêché la pupille de l’œil.
Dji la-tè = Couvercle de marmite en cuivre.
Nyi vou-di — Tête de bœuf.
Li lou-peu = Li trompette-corne, etc.
Nous avons de même pour les femmes:
No pya — Nez plat.
Nyi pyo-sè = Cuisses de bœuf.
Vie psychique des Lo-los.
Cho-k’o dzeu-mo = Qui se donne beaucoup de peine.
A-pa tè = Qui pétrit du pain.
Ni-vè t’i — Sanglier solitaire.
E-lè-mo ma — Vieille bufflesse, etc.
J'ai allongé à dessein cette liste des surnoms lo-lo. J’ai été en effet fort étonné de lire chez M. Cordier (/. c. p. 82) ce qui suit: «M. Henry remarque que la grande autorité sur la religion de la Chine, De Groot, dit qu'il n’a trouvé aucune trace en Chine d’animaux étant adorés comme ancêtres de tribus, et il exprime des doutes sur l’existence d’aucun totémisme comme phénomène religieux dans l’Asie orientale. Il est donc intéressant d'apprendre que les surnoms lo-los signifient toujours le nom d’un arbre ou d’un animal, ou les deux, arbre et animal, et que ceux-ci sont considérés comme les ancêtres de la famille portant le nom».
Pour ce qui concerne les Lo-lo, De Groot pourrait bien avoir raison contre le Dr. Henry! Il est possible (j’en doute fort cependant) que le fait constaté par M. Henry soit vrai pour une tribu, mais il est absolument faux pour ce qui concerne les Lo-lo en général, tant au Yun-nan qu’au Seu-tch’ouan.
Je puis nier l’assertion du Dr. Henry, sans crainte d’être démenti, pour tous les Lo-lo que je connais. Non, certes, les surnoms lo-lo ne signifient pas toujours le nom d’un arbre ou d’un animal! Encore moins, arbre et animal, ne sont-ils pas considérés comme les ancêtres de la famille portant le nom!
ARTICLE YI.
Des maladies et de la mort.
1. Maladies. — 2. Rites funéraires. — 3. Lamentation d’une femme à la mort de son mari. — 4. Lamentation d’une fille à la mort de sa mère. —