‹ Au Yun-nanChapitre 124 sur 204 · Rites funéraires · texte numérisé non relu

Rites funéraires

Les auteurs chinois nous apprennent qu’autrefois les Lo-lo avaient pour habitude d’incinérer leurs morts. Les Lo-lo p'o actuels n’ont pas connu l’incinération, qui, disent-ils, a disparu de leurs mœurs avec l'arrivée des Chinois dans leur pays. Non loin de Djo-kou-la cependant, on a découvert il y a quelques années, des outres renfermant les cendres des ancêtres incinérés.

A ma connaissance, cette coutume a disparu du reste de tout le Yun-nan. Mais elle existe encore chez les Lo-lo du Seu-tch’ouan, d'où le P. Martin m’écrit: «Ici l'usage de brûler les morts est général. Cependant on enterre parfois les riches qui le demandent, les pendus, les noyés, et surtout les petits enfants. La tête et les bras du défunt, alors que le corps n’est pas encore raidi, sont

ramenés entre les genoux, les jambes sont repliées sur les cuisses. Le cadavre, ainsi réduit en pelote, est assujetti par des cordes, et placé sur le bûcher funéraire. La combustion terminée, les cendres et les os sont recueillis dans un vase que l’on dépose en terre.»

Chez les Lo-lo p’o, les enfants n’ont pas de cercueil avant l’âge de 10 ou 11 ans. On les enveloppe dans de vieux habits, le tout ficelé dans une natte est porté à la montagne, le soir ou

le matin au point du jour, sans cérémonie aucune. Une petite fosse est creusée dans laquelle on dépose le petit mort. On place dessus une grande pierre plate, et la fosse est comblée avec de la terre.

Après l’âge de 1 1 ans, on prépare un cercueil pour le défunt, mais les funérailles seront plus ou moins solennelles, suivant l’âge du défunt et la fortune de la famille.

Dès qu’on croit sérieusement que quelqu’un va mourir, on

appelle quelques hommes de bonne volonté pour faire son cercueil,

le malade lui-même le demande ordinairement.

Page 1