VI. Des maladies et de la mort
dou. Là, a lieu le jugement. Celui qui sur la terre s’est bien conduit, est aussitôt dirigé au Ciel où il reste indéfiniment.
Les méchants, eux, restent au Mo-mi-dou , où, avec les démons (nè-zo), ils subissent le châtiment de leurs fautes.
Quelle est la nature de la récompense ou du châtiment futur? On l’ignore généralement.
Les sorciers plus instruits ne savent pas davantage quel est l’objet de la récompense des bons. Concernant les méchants qui restent au Mo-mi-dou , leur science est un peu plus étendue. Ainsi, disent-ils:
Aux voleurs, on écorche la peau.
Aux faux-procéduriers, on enlève les nerfs.
A ceux qui aident les hommes pervers à battre procès, on crève les yeux.
Ceux qui trompent sur la balance dans les ventes, sont pendus à une balance.
Ceux qui n’honorent pas leurs parents, sont frappés parle tonnerre.
Les mauvais maris, ceux qui abandonnent leur femme, sont sciés de la tête au cœur.
Aux mauvais médecins, on enlève les entrailles.
Les adultères portent une immense cangue avec leur complice.
Les avorteuses, sont englouties dans la glace.
Aux femmes qui gaspillent les vivres, on laboure le corps avec la meule qui sert à piler le riz.
Les brus gourmandes, qui, à la cuisine, mangent les bonnes choses au lieu d’en nourrir leurs parents, ont à boire de l’eau dans laquelle on a fait bouillir du cuivre.
Aux femmes voleuses de poules et de légumes, on enlève les entrailles.
Aux calomniatrices, on coupe la langue.
A celles qui ont lavé les langes de leurs enfants dans la source commune, on donne du sang à boire.
Ces supplices sont de tous les instants, se renouvelant sans cesse.
Les sorciers lo-lo p’o, ont, je crois, connu ces supplices par les Chinois. Il me semble, en effet, me rappeler avoir vu jadis une peinture chinoise, avec ces divers supplices représentés pour ces divers crimes.
ARTICLE VII
Vie sociale.
1 Vie intérieure. — 2. Organisation sociale. — 3. Des t' ou- s eu au Yun-nan. — 4. Organisation sociale chez les Lo-lo du Seu-tch’ouan. 5. Epilogue.