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VII. Vie sociale

A cette époque le pays de Djo-kou-la était déjà sous la dépendance du Kao t ou-seu, résidant a Kou-ti. Le village payait

1 taël d’impôt par an au dit Kao .

«Or donc à cette époque (disent les Annales non-impi imées

du prétoire de Pin-tch’ouan tcheou), les montagnes de Djo-kou-la n’étaient habitées que par des Man-tse. Il en était de même du pays de T’ié-so 6, dépendant de Yao-ngan 7. Il n y avait pas de Chinois dans ces pays. Ces Man-tse descendaient continuellement dans les pays civilisés pour piller et tuer, ils avaient à leur tête un nommé Lo se-lous. Ils prirent même le parti de se révolter.»

Aussi, la l®re année de Ouan-li, à la 11e lune, Tscoii in- long à la tête d’une armée, fut envoyé contre eux au pays de T ié-so.

Lo se-iou fut pris et tué, et des autres Man-tse on en tua autant qu’on en put prendre. On ne laissa que 380 familles man-tse dans tout le pays, où à certains endroits on place des mandarins militaires chinois, avec le titre de chao kouan 10. A ceux-ci on

partagea des rizières et des champs.

C’est ainsi que les Chinois Tchang tchongu et Tchang si-uien 12 qui se trouvaient au service de Tseou in-long reçurent en partage

le pays de Lo-si tchai.

La tradition lo-lo concorde quelque peu avec le récit des

Annales du Pin-tch’ouan tcheou.

Quelques années avant Ouan-li, disent les Lo-lo, les gens de

Djo-kou-la, ayant besoin d’argent* avaient hypothéqué leur pays à un Lo-lo nommé Houi 18, de T’ié-so. Ils rachetèrent cette hypothèque la première année de Ouan-li. Ce nommé Houi de 1 ié-so, était un individu très-riche et très-déluré. Il avait pris dans le pays une telle importance qu’on ne l’appelait plus partout que Houi ouang-tse 14 = Houi, le roi.

Des Chinois étant venus faire le commerce à T’ié-so et, s’étant

permis de violer des femmes, furent quelque peu malmenés par les Indigènes, l’un d’eux fut même tué. Ils portèrent plainte au mandarin chinois de Pin-tch’ouan, qui appela les accusés à sa barre. Ceux-ci, sachant ce qui les attendait, refusèrent de comparaître. Le mandarin cria à la révolte, annonçant en haut heu qu un Lo-lo se

déclarait «roi» à T ié-so.

Vie psychique des Lo-los.

Un nommé Tseou iou kuin 15, originaire du Kiang-si, fut envoyé à la tête d’une armée pour réduire le pays.

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1 îe

A son approche, tous les Lolo se réfugièrent à la montagne, -so fut pillé par les soldats qui s’installèrent là comme chez eux. Le H oui ouang-tse avait pris la fuite.

Tseou ion kuin, ayant pu entrer en pourparlers avec quelques Lo-lo, décida ceux-ci à tuer le roi lo-lo. Us le rejoignirent à Santch a-ho, où, lui ayant lait fête et l’ayant enivré, ils le tuèrent. On pesa sa tête, elle pesait 36 livres! Cette tête fut déposée dans de la chaux, portée à Pé-ien-tsin et de là à Yun-nan-sen. Le Lo-lo qui avait tranché la tête à Houi , reçut un globule chinois.

Après un mois passé à I ié-so, le chef de l’expédition partageâtes lizièies a quelques-uns de ses soldats, et il déclara en haut lieu

tous les rebelles tués.

En s en retournant, il passa à Lo-si tchai, où deux de ses suivants, nommés Tchang, demandèrent à s’installer. Ce qui fut accordé.

L’armée partie, les Lo-lo revinrent chez eux. Mais ceux de T ié-so trouvèrent leurs rizières occupées par les soldats chinois, ceux

de Lo-si tchai durent consentir à devenir fermiers des nommés Tchang.

Plus tard, les Chinois voulurent construire un pont entre T’ié-so et Lo-si tchai. A cet effet, ils prièrent le kao t’ou-seu de leur donner des revenus pour 1 entretien du pont. Celui-ci leur permit de recueillir à cet usage 1 impôt de Djo-kou-la. Cet impôt, on s’en souvient, était de 1 taël par an. Les Chinois exigèrent du riz au lieu d’argent, et évidemment ils se firent grassement payer.

Par après, le t’ou-seu , ayant besoin d’argent, hypothéqua, par son seul dioit du plus fort, les rizières de Djo-kou-la à un Chinois nommé Tao, et cela pour la somme de 30 taëls. Du coup, les Lo-lo de Djo-kou-la devenaient fermiers de propriétaires qu’ils étaient.

Les Chinois ne pouvant plus percevoir l’impôt pour l’entretien du pont menacèrent d’accuser le t’ou-seu , qui les supplia de n’en rien faire, et leur donna 20 piculs de rente annuelle à recueillir dans la

plaine de kou-ti, où là aussi donc d’autres Lo-lo se trouvèrent du jour au lendemain fermiers, de propriétaires qu’ils étaient la veille.

D un taël cl impôt par an, payé précédemment par Djo-kou-la, on dut payer 22 piculs de riz au nommé Tao.

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